Leadership éthique dans le business 2019

Découvrir la confiance numérique à Caux

18/07/2019
ELB 2019 cards

 

Le Caux Forum 2019 a commencé la semaine dernière avec la conférence Leadership éthique dans le business (ELB) qui a lieu en parallèle du Dialogue de Caux sur la terre et la sécurité. La conférence Leadership éthique dans le business a eu lieu du 27 au 30 juin, le thème central étant « Redéfinir la confiance à l’ère numérique ».

 

ELB 2019 trust

 

Jour 1

Amandeep Singh Gill, ambassadeur d’Inde et représentant permanent auprès de la Conférence du désarmement de Genève, a ouvert la conférence en faisant part des conclusions du groupe de haut niveau sur la coopération numérique, qu’il préside. Le rapport du groupe, L’ère de l’interdépendance numérique, souligne que les opportunités en matière de progrès humain à l’ère du numérique l’emportent au bout du compte sur les défis – si nous joignons nos forces dans un esprit coopératif et inclusif. Le rapport s’appuie sur des exemples de coopération réussie dans divers secteurs, disciplines et frontières pour aborder les défis à l’ère numérique, et émet des propositions pour aller de l’avant.

Le père Eric Salobir, fondateur et président d’Optic Technology, a emmené le groupe dans une aventure numérique afin d’explorer ce que la vie quotidienne pourrait devenir dans un monde de plus en plus dépendant de la technologie. Parmi les scénarios possibles, il a souligné les inconvénients d’une trop grande dépendance envers les téléphones, montres et autres dispositifs intelligents, ainsi qu’envers l’intelligence artificielle (IA). Il a encouragé les participant-e-s à faire confiance à la résilience de l’humanité.
 

ELB 2019 speaker

 

Jour 2

La discussion du panel du matin s’est centrée sur la question suivante : « La technologie améliorera-t-elle la confiance numérique? ». Vous pouvez regarder la séance entière sur notre page Facebook.

Anne-Catherine Melnotte, de Firmenich, la plus grande entreprise privée de parfums et de senteurs au monde, a souligné la nécessité de transparence quant à la nature des données collectées et à quelle fin.

Jowan Österlund, le directeur exécutif de Biohax International, a parlé des solutions issues de la technologie blockchain qui permettent aux individus de contrôler et, éventuellement, de monnayer leurs propres données.  

Sébastien Fabre, de SITA, le numéro un mondial de l’informatique et de la communication dans le secteur du transport aérien, a parlé de la nécessité d’avoir des systèmes permettant aux  individus de gérer leurs données et leurs options. Il a souligné que la régulation est en train d’évoluer et a cité l’exemple de San Francisco, où un décret local interdit l’utilisation de la technologie de la reconnaissance faciale par les départements municipaux, et leur exige d’obtenir une approbation avant de déployer n’importe quel autre type de technologie de surveillance.  

Susanne Emonet, vice-présidente du Groupe Kudelski, a parlé des risques encourus par les individus dans le monde numérique. Elle a souligné que tout peut être piraté, de l’aspirateur connecté à la maison au réseau électrique national. Son entreprise, basée en Suisse, est leader au niveau mondial en matière de sécurité numérique et de solutions convergentes en matière de médias. L’éducation et la compréhension sont essentielles pour consolider la confiance, a-t-elle déclaré, ainsi que pour améliorer les normes de cybersécurité. Les gens ne savent pas toujours où vont leurs données et où celles-ci sont collectées et stockées. Ils doivent être plus conscients de la façon dont ils sont exposés par les différents dispositifs qu’ils utilisent.

La discussion sur la technologie et la confiance (Tech & Trust Talk) de l’après-midi a été menée par Kaspar Kork, de l’Estonian Investment Agency, et Marylaure Blochart, du Geneva Institute for Wealth Management. Ils ont parlé de la culture numérique en Estonie et en Chine. Par exemple, le gouvernement chinois est en train de développer un « système de crédit social » destiné à standardiser l’évaluation de la réputation économique et sociale des citoyen-ne-s et des entreprises. Ce système utilise une technologie d’analyse de mégadonnées (big data), et peut être considéré comme une forme de surveillance de masse. Sa fiabilité n’est pas encore sûre à cent pour cent et un système national uniforme n’a pas encore été entièrement mis en place.
L’Estonie est connue pour sa société « cool et numérique », a déclaré Kaspar Kork. Des cartes d’identification électroniques sont utilisées dans divers services gouvernementaux. Les citoyen-ne-s font confiance au gouvernement et pensent que leurs données sont en sécurité  grâce à la décentralisation des données, la haute sécurité et la législation protectrice. Le système facilite l’enregistrement des entreprises et les transaction commerciales au niveau national et à l’étranger. Le système « d’e-residency » estonien permet aux individus d’utiliser ses services partout dans le monde (l’e-Residency est une identité et un statut numériques émis par le gouvernement qui donne accès aux services du gouvernement estonien aux personnes non résidentes). Toutes leurs données personnelles sont disponibles et peuvent être contrôlées par les individus. L’Estonie a été le premier pays à utiliser la technologie blockchain au niveau national.


La bibliothèque humaine qui s’est tenue le soir a donné aux participant-e-s l’opportunité d’écouter des histoires personnelles partagées en détail. Brian Iselin a fait un compte-rendu passionnant sur les violations des droits de l’homme révélées par son organisation slavefreetrade dans le domaine de la consommation éthique. Suat Topsu, le président de SATT IDF Innov, a expliqué comment il a co-inventé la LIFI, une technologie sans fil révolutionnaire qui utilise des sources de lumière LED au lieu de micro-ondes pour transmettre les données.

 

ELB 2019

 

Jour 3

La plénière du matin a commencé avec la question suivante : « La transformation numérique permettra-t-elle d’humaniser le travail ? »

Le panel comprenait Peace Kuteesa, d’Ouganda, fondatrice de  Zimba Women. Elle a parlé de ce qu’elle a appris à travers le coaching et le travail avec des femmes qui ont créé leur propre entreprise (Zimba signifie construire.) Elle a parlé de l’autonomisation, des peurs qui empêchent les femmes de faire de leur mieux et des éléments culturels qui peuvent souvent ralentir les femmes (par exemple, les foyers où l’homme domine et où les femmes doivent demander la permission pour utiliser un ordinateur ou ne sont pas censées s’exprimer).

Pour Bram Jonker, de Deloitte (Pays-Bas), l’automatisation permet aux individus de se libérer pour travailler plus sur le côté humain des choses. Il a fait référence à Future of the Professions, de Richard et Daniel Susskind, qui prédit le déclin des professions d’aujourd’hui et fait une description des individus et des systèmes qui vont les remplacer. Selon lui, les robots vont encore plus travailler « en partenariat » avec les humains à l’avenir, parallèlement à l’automatisation des tâches manuelles répétitives. L’Intelligence artificielle (AI) rendra possibles des choses que nous ne pouvons pas faire.

La séance de l’après-midi, dont le thème était : « Les nouvelles professions apportent de nouvelles opportunités et responsabilités », comprenait l’intervention de Morgan Gray, responsable de l’écoute et des informations numériques au niveau international pour Corteva Agriscience (la division agricole de DowDuPont). Son rôle consiste à trouver, à suivre et à analyser des conversations sur les réseaux sociaux dans le but d’introduire les vues du public dans l’entreprise. Elle travaille avec des outils numériques et l’IA[MGC1]  pour surveiller les conversations en ligne, analyser les données et identifier les thèmes clés pour son entreprise.

Carolyn Moncel est responsable de la communication au Centre de politique de sécurité de Genève (GCSP), une fondation internationale visant à promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité. Elle a déclaré que son rôle était surtout un rôle « d’amplification numérique », travaillant avec diverses équipes pour aligner des contenus (vidéo, web, réseaux sociaux, etc.) dans leurs canaux de communication.  Elle a mis les individus au défi d’aller vers l’inconnu et de voir où cela les mène. Les femmes sont souvent effrayées par le secteur de l’informatique car elles croient que cela exige un haut niveau de compétences numériques. Elle a vivement encouragé jeunes et moins jeunes à rester ouverts et à continuer à apprendre, convaincue qu’il y aura du travail pour ceux et celles qui mettent leurs compétences à jour. 

Vous pouvez regarder ici une interview en ligne de Carolyn Moncel et de Morgan Gray par Rainer Gude, d’I&C Suisse.

 

ELB 2019

 

Jour 4

La conférence ELB s’est conclue par une promenade en silence et « en pleine conscience » vers un point de rencontre tranquille avec des vues panoramiques sur le Lac Léman. Au cours de la montée, les participant-e-s ont été invité-e-s à réfléchir sur ce qu’ils avaient appris  à la conférence, à la fois d’un point de vue professionnel et en termes d’objectifs, de valeurs, de changement et de choix personnels. Les participant-e-s ont également été encouragé-e-s à définir de nouvelles étapes et de futurs engagements, s’inspirant de la séance quotidienne de l’Incubateur de confiance, menée par Tom Marshall, de Deloitte (Pays-Bas), qui a aidé les participant-e-s à proposer des idées et des outils, et à réfléchir sur leurs objectifs et leurs valeurs.

Trois projets clés seront mis en œuvre l’année prochaine. Des équipes ont été établies et des premières étapes définies.

1. La création d’une plateforme où les participant-e-s peuvent rester connecté-e-s, partager des projets, discuter des questions qui les préoccupent et rédiger une newsletter numérique.

2. Une conférence bimensuelle pour partager connaissances et compétences et pour encourager un état d’esprit favorable à un apprentissage continu.

3. Une invitation mensuelle ouverte pour aborder les thèmes suggérés par l’équipe de la plateforme.

Vous pouvez voir ici une courte vidéo sur les points forts de la conférence Leadership éthique dans le business 2019, découvrir les photos de l’événement et revivre certains des moments en regardant nos interviews et nos reportages sur notre page facebook.

 

 

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What 2019 participants said

La conférence le Leadership éthique dans le business m’a fourni la mentalité, le savoir, et les connexions qui contribuent à assurer l’humanité profite de notre transformation numérique
Tom Marshall, Ambassadeur communautaire pour l’innovation, Deloitte (Pays-Bas)

 

Caux est un lieu qui vous rend humble, vous fournissant un espace sûr où l’on peut expérimenter avec de différents thèmes et s’épanouir en des réflexions audacieuses, tout en restant fidèle à vous-même 
Michelle Rickenbach, management de projets informatiques et relations écosystémiques à Panter AG

 

Par James Macsay

 

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