Caux IDG Forum 2026: Appel à contributions - ateliers et conversations aux chandelles
13 - 17 juillet 2026: "L'alchimie du pardon"
19/03/2026
Appel à candidatures pour les organisateur.ice.s et facilitateur.ice.s d'ateliers et de conversations aux chandelles !
Souhaitez-vous partager votre inspiration, vos idées et vos compétences avec les autres participant.e.s au Caux IDG Forum cet été, sur le thème « L'alchimie du pardon » ? Nous attendons votre candidature avec impatience ! Les candidatures seront acceptées jusqu'au 20 avril 2026.
____________________________________________________________________________________
Chers futurs organisateurs d’ateliers et de veillées aux chandelles,
Cette année, le Caux Forum sur les objectifs de développement intérieur explore le pardon à l’ère de la polarisation, en examinant comment cette capacité humaine peut contribuer à la compréhension, à la réconciliation et au renouveau des relations au sein des communautés et des sociétés. Le Forum invite les participant.e.s à réfléchir au pardon sous ses dimensions personnelles, relationnelles, collectives et écologiques, et à explorer comment il peut favoriser un dialogue et une coopération plus constructifs dans un monde divisé.
Nous vous invitons à créer des ateliers transformateurs et des conversations aux chandelles lors du Caux IDG Forum qui engagent les participant.e.s à explorer le pardon à travers de multiples modes de connaissance, notamment le dialogue, la réflexion, les pratiques artistiques, les approches incarnées et les perspectives interdisciplinaires.
Les ateliers peuvent explorer des thèmes tels que : le pardon de soi, la réconciliation dans les relations et les communautés, la guérison collective et la mémoire historique, ainsi que notre relation avec le monde naturel.
Nous recherchons des ateliers interactifs, captivants et expérientiels pour les jours 2, 3 et 4 du Forum, qui encouragent une participation significative, un apprentissage partagé et l’exploration de perspectives diverses sur le pardon.
Comprendre le pardon comme voie vers la régénération et l'appartenance
Cette série d'ateliers invite à des contributions explorant le pardon en tant que capacité humaine pouvant soutenir la réconciliation, le renouveau et le sentiment d'appartenance en période de division et de polarisation. Le pardon peut ouvrir des voies pour transformer la douleur en compréhension, reconstruire la confiance et renforcer la coopération au sein des communautés et entre les cultures.
Nous accueillons des ateliers qui abordent le pardon sous ses multiples dimensions, notamment :
- Le pardon de soi – explorer la compassion, l'apprentissage et la croissance personnelle.
- Le pardon dans les relations – pratiques et perspectives qui favorisent le dialogue, la réconciliation et le rétablissement de la confiance.
- Le pardon et le monde naturel – réfléchir à la responsabilité humaine envers la Terre et à notre interdépendance avec les systèmes vivants.
- Les dimensions collectives et historiques du pardon – aborder les blessures héritées, les traumatismes intergénérationnels, la révélation de la vérité, ainsi que les processus de réconciliation et de décolonisation.
Les contributeur.ice.s peuvent s’appuyer sur de multiples modes de connaissance, notamment la recherche universitaire, les traditions contemplatives, les pratiques communautaires, l’expression artistique et les approches incarnées ou expérientielles. Nous encourageons particulièrement les propositions qui mettent en dialogue diverses perspectives culturelles sur le pardon, en mettant en évidence la manière dont différentes traditions abordent la guérison, la restauration et la réconciliation.
Les ateliers pourront également explorer les liens entre le pardon et les thèmes du développement intérieur, de la transformation sociale et de la responsabilité écologique, en s’inspirant des travaux de l’International of Change, de la Inner Development Goals Foundation et du programme Nurturing the Fields of Change de l’Alef Trus.
À travers cet appel, le Forum cherche à créer un espace où la recherche, la pratique et l’expérience vécue se rencontrent, favorisant des échanges significatifs et de nouvelles perspectives sur le pardon en tant que ressource pour le renouveau personnel, relationnel et sociétal.
Les participant.e.s et les organisateur.ice.s et facilitateur.ice.s sont invité.e.s à contribuer à un dialogue qui honore la diversité des expériences tout en explorant des voies communes vers la confiance, l’appartenance et un avenir plus régénérateur.
Lignes directrices pour les ateliers
Jour 2 : Les dimensions du pardon
Objectif : Encourager la réflexion sur les dimensions personnelles et humaines du pardon.
Ce que nous recherchons :
- Réfléchir à la manière dont les individus comprennent le pardon.
- Discuter des défis et des questions courants liés au pardon.
- Réfléchir à la manière dont les valeurs personnelles façonnent les points de vue sur le pardon.
Jour 3 : Choix personnel et pardon
Objectif : Mettre en avant le pardon en tant que processus volontaire façonné par le choix personnel et les limites.
Ce que nous recherchons :
- Reconnaître le pardon comme un choix personnel.
- Discuter des limites, de la responsabilité et de l’obligation de rendre des comptes.
- Explorer différents points de vue sur les circonstances dans lesquelles le pardon peut ou non avoir lieu, et sur le pardon en tant que processus
Jour 4 : De « moi » à « nous » : le pardon dans les relations et la société
Objectif : Examiner le pardon dans des contextes relationnels, sociaux et collectifs.
Ce que nous recherchons :
- Explorer le rôle du pardon dans les relations et les communautés.
- Discuter d’exemples de réconciliation dans la vie sociale.
- Réfléchir à la manière dont le pardon peut aider à briser les cycles de vengeance, d’amertume et de conflit.
Format des ateliers et consignes de soumission
- Chaque atelier dure au total 3 heures (180 minutes), y compris une pause de 30 minutes entre les sessions.
- Nous encourageons les animateurs à combiner théorie et pratique et à concevoir des formats interactifs, participatifs et expérientiels (pas de cours magistraux) qui favorisent la réflexion, le dialogue et l’apprentissage partagé entre les participants.
Conversations aux chandelles - Directives
Le formulaire de candidature à l’atelier comporte une section dédiée aux personnes souhaitant animer une session de conversations aux chandelles.
Organisées au Caux Palace pendant le Caux IDG Forum, ces sessions sont conçues pour favoriser des échanges intimes et enrichissants dans un cadre calme et propice à la réflexion.
La soirée débutera par un récital de violon afin de créer une atmosphère paisible, suivi de discussions en petits groupes sur divers sujets et en plusieurs langues.
Détails de l'événement :
- Lieu : Caux Palace
- Date : 14 juillet 2025, 20h00–21h30
- Durée : 90 minutes (y compris le prélude musical, la formation des groupes et la session)
- Ambiance : Salles éclairées par des bougies électroniques pour créer une ambiance chaleureuse et intime
Programme :
- Prélude musical
- Tous les participant.e.s se rassemblent dans le hall principal pour un récital de violon.
- Ce moment d’ouverture vise à instaurer une atmosphère calme et propice à la réflexion.
- Formation des groupes de discussion
- Après le prélude, les organisateur.ice.s et facilitateur.ice.s présentent brièvement leurs sessions.
- Les participant.s choisissent ensuite le groupe de discussion auquel ils souhaitent se joindre.
- La taille des groupes est limitée afin de préserver une ambiance intime et engageante.
- Sessions de conversation
- Une fois que les participant.e.s ont choisi un groupe, ils et elles y restent pendant toute la session.
- Cela encourage un choix réfléchi tant du sujet que des organisateur.ice.s et facilitateur.ice.s.
- Chaque participant.e porte une bougie lorsqu'il rejoint son groupe.
- Les salles sont faiblement éclairées par des bougies électroniques afin de renforcer le sentiment de proximité et de réflexion.
Groupes de discussion :
Chaque groupe est guidé par un.e organisateur.ice/facilitateur.ice. désigné.e, chargé de faciliter le dialogue et d'assurer le bon déroulement et la gestion du temps.
Comment postuler?
- Remplissez le formulaire de candidature avant le 20 avril 2026. Veuillez vous assurer que tous les documents sont complets avant de les envoyer.
- Si vous avez des questions ou besoin de conseils pour élaborer votre atelier, n'hésitez pas à nous contacter par E-MAIL.
Merci de prendre part à ce voyage transformateur. Ensemble, nous développerons les capacités intérieures nécessaires au changement mondial.
Nous attendons avec impatience vos propositions d'ateliers innovants !
Le comité d'organisation du Caux IDG Forum 2026
POSTULEZ DÈS MAINTENANT
Le don, cette force discrète qui fait vivre Caux
Un blog par Ignacio Packer, directeur exécutif, Caux Initiatives et Changement
17/03/2026
Dans un monde qui vacille, ce qui fait tenir les lieux de rencontre et d’espérance est souvent invisible. À Caux, cette force discrète a un nom : le don. Dans ce blog, Ignacio Packer, Directeur exécutif de la Fondation Caux Initiatives et Changement, propose une réflexion sur l’importance du lien humain, des lieux d’inspiration comme le Caux Palace, et sur ce qui leur permet, dans la durée, de continuer à porter leur mission.
__________________________________________________________________________________________
Lausanne, 15 mars 2026
Ce matin, j’écris ces lignes en regardant le Léman. L’eau est calme, presque immobile, et le soleil joue avec la surface du lac qui scintille doucement. Il y a dans cette lumière quelque chose de paisible.
Le dimanche a souvent cette qualité particulière pour moi : un moment où je ralentis, où je prends du recul, où je laisse les choses décanter. Ce matin, j’ai participé au rendez-vous des membres de Reso, la communauté créée par le philosophe et écrivain Fabrice Midal. Depuis de nombreuses années, il explore la méditation, l’attention et la manière de vivre avec plus de présence dans un monde souvent agité. Je fais partie depuis peu de cette communauté, et ces rencontres ouvrent souvent des espaces de réflexion inattendus.
Ce matin, l’une des questions portait sur le don. Et cette question m’a rejoint dans un moment particulier.
Les nouvelles du monde continuent d’arriver. La situation du Liban dont me parlait hier mon amie Roweida depuis Beyrouth. L’échange avec une amie iranienne qui me racontait la réalité de son pays d’origine. Des guerres qui s’étendent ou s’enlisent. Des sociétés fragilisées. Des peuples déplacés. Parfois, j’ai le sentiment que les tensions dépassent notre capacité collective à les contenir.
Face à cela, une tentation existe : celle du cynisme. Ou celle de l’habitude. Comme si, peu à peu, nous risquions de nous accoutumer à l’impensable.
Je reste profondément convaincu que nous ne pouvons pas nous résoudre à cela. Nous pouvons choisir autre chose : rester curieux.ses, attentif.ve.s, ouvert.e.s. Continuer à chercher, à comprendre, à relier. Rester engagé.e.s, capables d’espérance. Avancer avec ce que j’aime appeler depuis plus de vingt-cinq ans « un équilibre en avant » : un mouvement qui nous pousse à rester connectés à nous-mêmes, aux autres et au monde, même lorsque celui-ci vacille.
Au Caux Palace, notre centre pour le dialogue et la construction de la confiance, les réseaux sociaux encouragent en ce moment les inscriptions aux Forums de cet été. Peut-être est-ce pour cela que je pense aussi à toute l’équipe qui prépare ces rencontres avec une énergie considérable et souvent un temps non compté.
Je pense aussi à cette semaine qui s’est annoncée, avec la rencontre « Penser l’art pour guérir les blessures », organisée à Genève dans le cadre des Rencontres Arts et Paix de Caux. Elle a réunit le réalisateur et artiste libanais Michel Abou Khalil et la médecin, écrivaine et galeriste Barbara Polla, dans une conversation animée par la journaliste Luisa Ballin.
Autant de voix qui explorent comment l’art peut ouvrir des chemins de guérison face aux blessures du monde. Autant de moments où l’on essaie, modestement mais résolument, d’ouvrir des espaces de dialogue et d’écoute.
C’est aussi ce qui m’a donné envie de reprendre un blog que je laissais depuis quelque temps en chantier, autour d’une question simple mais essentielle : la compréhension du don.
Car à Caux, plus j’observe ce qui se vit depuis 80 ans, plus je réalise que le don n’est pas seulement un geste ponctuel. Il est l’un des éléments les plus profonds de ce qui rend possible ce que nous essayons de construire ensemble.
Le don n’est pas seulement un geste ponctuel. Il est l’un des éléments les plus profonds de ce qui rend possible ce que nous essayons de construire ensemble.
Quand on regarde les Caux Forums, on voit les programmes, les intervenants, les ateliers, les arrivées et les départs, les affiches et les longues listes de tâches. Mais sous tout cela, il y a quelque chose de plus discret et peut-être de plus essentiel : le don. Et cela me faisait penser à cette intuition de Fabrice Midal entendue ce matin : « Le don n’est pas d’abord une obligation morale, ni un effort héroïque. Il naît quand on se sent touché, concerné, relié. Il devient alors une manière d’habiter le monde. »
À Caux, cette idée prend des formes très concrètes.
Il y a d’abord le don de la parole.
Des intervenantes et des intervenants qui acceptent de venir, parfois de loin, pour offrir bien plus qu’une expertise : une expérience, une conviction forgée dans l’épreuve, une part de leur propre chemin. Dans un monde saturé de commentaires, une parole juste et habitée est déjà un cadeau fait à la communauté.
Il y a aussi le don du temps.
À Caux, le travail ne se compte pas seulement en heures : il vient du cœur. Nos nombreux.ses bénévoles donnent généreusement de leur temps, de leur énergie et de leur attention, contribuant à faire de chaque événement un véritable succès. Leur engagement est discret mais essentiel, et nous en sommes profondément reconnaissant.e.s.
Et je sais que je ne suis pas le seul à le ressentir. Ici, tant de personnes offrent bien plus que leur présence : de la patience, du soin, et une attention authentique aux autres. Je me souviens de ma collègue qui me disait après un été riche en événements et en émotions : « Je sais pourquoi je le fais.
Il y a aussi le don financier, sans lequel beaucoup de choses resteraient de belles intentions. Faire un don à Caux ne se limite pas à la restauration d’un bâtiment historique, même si ces travaux - comme ceux concernant le mur de soutènement - sont essentiels pour préserver le Caux Palace.
Chaque contribution aide à maintenir ce lieu vivant, dédié au dialogue, à la confiance et à la paix, et à garantir qu’il continue d’accueillir des visiteur.euse.s, d’organiser des événements porteurs de sens et d’inspirer les générations futures.
En plus, notre Fonds de solidarité permet à des personnes qui n’en auraient autrement pas les moyens de participer : des jeunes engagé.e.s, des voix venues de contextes fragiles, des acteurs et actrices de terrain qui ont beaucoup à apporter mais peu de ressources pour voyager. Offrir un soutien financier, c’est donc bien plus qu’un geste matériel : c’est donner une possibilité, une place à table, une chance de rencontre.
Au fond, le Caux Forum repose sur une véritable chaîne de générosité. Les uns donnent leur parole, d’autres leur temps, et d’autres encore leurs moyens pour que cette aventure reste ouverte et vivante. Ici, le don ne se réduit pas à un geste ponctuel : il devient un moyen de faire vivre une communauté reliée par la curiosité, l’engagement et le désir de construire un monde plus juste.
À Caux, le don devient une manière de faire vivre une communauté de personnes reliées entre elles.
Depuis plus de 80 ans, la Fondation de Caux essaie de créer ce type d’espace : un lieu où les blessures peuvent être reconnues, où des ponts peuvent se reconstruire, où des personnes très différentes peuvent se rencontrer autrement.
Rien de cela n’existe sans générosité. Alors à celles et ceux qui donnent déjà — de leur présence, de leur écoute, de leur travail, de leur confiance ou de leurs ressources — j’ai simplement envie de dire: merci. Et à celles et ceux qui se demandent s’ils pourraient, eux aussi, prendre part à cette aventure, la réponse est: oui.
Le don prend mille formes. Du temps. Une compétence. Un réseau ouvert. Une idée. Un encouragement.
Le don prend mille formes. Du temps. Une compétence. Un réseau ouvert. Une idée. Un encouragement.
À Caux, nous savons depuis longtemps qu’un lieu comme celui-ci ne vit pas d’abord de ses murs. Il vit de ce que des femmes et des hommes choisissent d’y apporter — et de ce qu’ils et elles emportent ensuite avec eux et elles.
Dans un monde qui se fracture, qu’est-ce qui permet encore de créer des espaces de rencontre et d’espérance ? À Caux, la réponse tient souvent dans une force discrète mais essentielle : le don.
Une écoute.
Une présence.
Un peu de temps donné.
Et parfois simplement ce geste discret qui rappelle à quelqu’un, quelque part dans le monde : tu n’es pas seul.e.
Vous souhaitez soutenir notre engagement ?
____________________________________________________________________________________________________________
Ignacio Packer est directeur exécutif de la Fondation Caux Initiatives of Change, une fondation caritative suisse engagée dans la promotion de la confiance, du leadership éthique, du mode de vie durable et de la sécurité humaine. Fort de plus de 30 ans d’expérience dans l’humanitaire et le développement, il a travaillé à la Banque européenne pour l’Amérique latine puis à KPMG, avant de devenir un dirigeant reconnu d’ONG et d’alliances internationales depuis plus de 25 ans. Expert en droits humains et en questions sociales, il s’est notamment engagé dans la défense des cadres de protection des migrants et des réfugiés, en particulier des enfants et des jeunes.
Khulan Berger
Khulan Berger est une leader axée sur l'impact et une penseuse systémique qui travaille à la croisée du climat, de la culture et de l'innovation. Originaire de Mongolie, formée à Singapour et basée en Suisse, elle a mené des initiatives, établi des partenariats et conseillé des organisations œuvrant pour la durabilité et le changement systémique. Elle poursuit actuellement un Executive DBA (doctorat) à la SSBM de Genève, où elle intègre son expertise en ingénierie et en affaires pour contribuer à un changement transformateur vers un avenir juste, résilient et régénérateur.
L'imagination et l'art au service de la paix
Un blog de l'artiste visuelle Maruee Pahuja (Inde)
09/03/2026
Maruee Pahuja (Inde) travaille à la croisée des arts, des sciences et des relations humaines. Praticienne en soins oculaires, artiste visuelle, consultante en arts expressifs et facilitatrice, elle explore comment la créativité peut enrichir nos perspectives et favoriser l'empathie, la santé et le chemin vers la paix.
Au sein de la Fondation Caux Initiatives et Changement, elle dirige des travaux artistiques avec de jeunes leaders dans le cadre de l'initiative jeunesse Leadership créatif et siège au comité consultatif et directeur des Rencontres Arts et Paix de Caux.
Maruee est intervenue lors de nombreux événements internationaux, notamment le Kofi Annan Peace Address 2024, la Journée internationale de la conscience 2025 et la cérémonie de clôture de la Semaine de la paix de Genève 2024. Elle a animé des ateliers explorant l'imagination, le mouvement et l'expression créative comme outils puissants pour l'empathie, l'espoir et la résilience.
________________________________________________________________________________________
Je porte un regard critique sur l'époque dans laquelle nous vivons, en particulier en tant qu'artiste, et je partage profondément l'avis d'Adrienne Maree Brown, qui écrit dans Emergent Strategy : « Peut-être suis-je coupable de trop parler en visionnaire, alors je me concentre sur un seul objectif : créer des visions communes et renforcer notre capacité à construire l’avenir ensemble. »
Grâce aux arts et à leur rôle dans la construction de la paix, j’ai pu m’ancrer dans cette intersection que je parcours intentionnellement depuis des années. La préparation des Caux Arts and Peace Encounters l'année dernière et de l'atelier de la Semaine de la paix de Genève 2025 a été à la fois une joie et une prise de conscience.
Ce qui peut sembler ne nécessiter que quelques semaines de préparation est en fait le fruit d'années de travail invisible : recherche, pratique, essais et erreurs... et confiance dans les arts et dans l'humanité, même dans des écosystèmes politiques difficiles.
Le rôle des arts dans la consolidation de la paix
Dans notre domaine, le burnout, le désespoir et l'épuisement émotionnel sont monnaie courante. Mon amie Debra Roberts m'a dit un jour : « Fais confiance à ta créativité, c'est vraiment la meilleure assurance dans la vie. L'acte créatif est ce qui nous maintient vivant et en bonne santé. » Si nous voulons continuer à œuvrer en tant qu'acteurs et actrices du changement, leaders et artisan.ne.s de la paix, nous devons également cultiver l'espoir et la capacité d'être en vie et en bonne santé.
Comme le dit le pionnier de la construction de la paix John Paul Lederach, la consolidation de la paix elle-même est un acte créatif. Cela nous renvoie à l'idée de salutogenèse, c'est-à-dire l'origine de la santé. Il ne s'agit pas de guérir la maladie après qu'elle se soit déclarée, mais de se concentrer sur les conditions qui favorisent la santé et la résilience.
Nous traversons des crises multiples. Le sentiment d'accablement, la fatigue et l'anxiété sont inévitables. De nombreux.ses jeunes leaders avec lesquels j'ai travaillé ont exprimé ces difficultés. Il est donc de notre responsabilité, en tant qu'êtres créatifs, de développer et de maintenir notre imagination dans de telles circonstances. Les arts offrent l'un des moyens les plus essentiels pour cultiver cette capacité.
Si nous voulons continuer à œuvrer en tant qu'acteurs et actrices du changement, leaders et artisan.ne.s de la paix, nous devons également cultiver l'espoir et la capacité d'être en vie et en bonne santé.
Un exemple concret : le leadership créatif et les jeunes
En tant que membre de l'équipe jeunesse Leadership créatif de Caux Initiatives et Changement, j'ai commencé à introduire la créativité et les arts expressifs dans des conférences et des événements en ligne destinés aux jeunes du monde entier. Depuis lors, nous avons organisé cinq conférences en ligne, allant de l'exploration de l'incertitude à l'imagination de nouvelles possibilités, en passant par la réinvention des démocraties et la création de contre-récits.
Grâce à des méthodes artistiques telles que l'écriture créative, l'expression visuelle, le mouvement, la musique, la photographie, les arts inspirés de la nature, la pleine conscience et le dialogue créatif, les participant.e.s apprennent à explorer d'autres façons de connaître : imaginatives, intuitives, incarnées.
Cette année, nous allons organiser « Reimaginer la/les démocratie(s) », la deuxième édition de notre programme interne destiné aux jeunes leaders au Caux Palace, et nous continuerons à intégrer ces approches créatives et ces pratiques d'apprentissage et de dialogue.
Il s'agit de moyens incarnés de créer un changement qui se répercute vers l'extérieur. Les participant.e.s créent ensuite des ateliers artistiques dans leurs communautés, leurs écoles et leurs organisations en utilisant des méthodes créatives pour favoriser le dialogue, l'empathie et la guérison. Beaucoup considèrent ces sessions artistiques comme les ateliers les plus marquants auxquels ils et elles ont participé, et certain.e. demandent des conseils pour concevoir des interventions artistiques destinées aux jeunes dans leurs organisations respectives.
L'art comme processus, et non comme produit
Il est important de faire la distinction entre l'art en tant que produit ou compétence et l'art en tant que processus de construction communautaire, d'expression et de guérison. Beaucoup de gens confondent l'art-thérapie, la thérapie par les arts expressifs, l'art comme thérapie et d'autres approches artistiques, mais chacune de ces disciplines a une philosophie et une méthodologie qui lui sont propres.
Dans ma propre pratique, ces dimensions se recoupent également de différentes manières :
En tant qu'oculiste, je redonne la vue et la présence à des personnes qui ont perdu un œil à la suite d'un traumatisme, d'une guerre ou d'une maladie. Ce travail technique et artistique redonne dignité, espoir et engagement social.
En tant qu'artiste visuelle, je crée des installations multisensorielles qui élargissent l'empathie perceptive, en explorant les thèmes de la visibilité, de l'identité, de l'inclusion et de la perception. L'objectif n'est pas de générer un produit fini, mais de susciter la réflexion et la compréhension relationnelle.
En tant qu'animatrice en arts expressifs, je guide les participant.e.s à travers des processus créatifs qui favorisent la transformation relationnelle, le dialogue et la résilience communautaire. Le but n'est pas de créer une œuvre d'art raffinée, mais de créer un espace où le sens peut émerger et où l'empathie et l'imagination peuvent s'enraciner et se développer.
Plusieurs idées ont émergé de ce travail :
- De la compréhension à la création de sens : l'expression et l'incarnation d'abord, la réflexion ensuite.
- Agir → Faire une pause → Réfléchir → Comprendre : une approche cyclique non linéaire.
- Peu de compétences, une grande sensibilité : briser les barrières liées à la performance et exploiter la capacité créative inhérente.
Les arts peuvent également être perturbateurs, remettre en question les récits dominants, élargir les perspectives et remettre en question les « vérités » supposées. Dans un monde qui réduit les gens à des rôles ou à des datas, les arts réhumanisent, créant des possibilités que peu osent imaginer.
Comme l'écrit Maria Popova : « Les rares personnes qui refusent de confondre les limites du permis avec l'horizon du possible construiront une table entièrement nouvelle, peuplant la surface vierge de celle-ci d'options que d'autres n'ont pas osé imaginer. Ce sont les visionnaires, [les artistes], les seules personnes qui aient jamais changé ce monde. »
Le but n'est pas de créer une œuvre d'art raffinée, mais de créer un espace où le sens peut émerger et où l'empathie et l'imagination peuvent s'enraciner et se développer
La durabilité dans la consolidation de la paix
La durabilité dans les forums sur la consolidation de la paix ne consiste pas simplement à maintenir des programmes. Il s'agit de nourrir les capacités de régénération : l'imagination, la curiosité, la confiance relationnelle et la pensée créative.
Les pratiques artistiques peuvent aider à entretenir l'espoir, même dans un contexte de crise complexe.
La poésie et la politique ont toutes deux leur place dans la consolidation de la paix.
Bien sûr, des défis subsistent : ressources limitées, risque d'engagement superficiel dans les arts et difficulté à mesurer des impacts subtils tels que la confiance relationnelle ou la résilience intérieure. Pourtant, ces micro-pratiques incarnent les principes d'une stratégie émergente : des actions modestes, adaptatives et relationnelles qui façonnent progressivement la vision du monde de demain.
En fin de compte, la question n'est peut-être pas de savoir si la paix peut exister, mais comment créer les conditions pour qu'elle puisse être imaginée à nouveau.
La question n'est peut-être pas de savoir si la paix peut exister, mais comment créer les conditions pour qu'elle puisse être imaginée à nouveau.
Réflexions finales
Alors que nous préparons la prochaine édition des Rencontres Arts et Paix de Caux (10-13 mai 2026), je me retrouve avec plus de questions que de réponses, mais aussi avec une profonde conviction:
- Une pensée, une idée peut changer le cours de l'histoire.
- Les systèmes de croyances sont vivants, ils ne sont pas figés et peuvent être réécrits.
- Les arts sont des forces discrètes et patientes qui nous rappellent notre humanité commune.
- La maîtrise ne consiste pas à tout savoir, mais à rester ouvert à ce que nous ne savons pas encore.
Les arts nous invitent à cultiver profondément notre curiosité, à élargir notre conscience et à entretenir l'espoir, outils essentiels pour construire la paix dans le monde d'aujourd'hui.
____________________________________________________________________________________________
Rencontres Arts et Paix de Caux 2026 : prochaines étapes
Dans un monde où la paix et la compréhension interculturelle sont confrontées à des défis croissants, il n'a jamais été aussi urgent de créer des espaces de dialogue, d'empathie et de connexion. Les arts sont des outils puissants pour naviguer dans des émotions complexes, favoriser la guérison, combler les divisions et renforcer la compréhension.
Participez à ce moment transformateur lors des Rencontres Arts et Paix de Caux 2026 (du 10 au 13 mai 2026), où des artistes, des artisan.ne.s de la paix et des acteurs et actrices du changement exploreront comment la créativité peut susciter des changements significatifs dans les communautés et dans le monde.
INSCRIVEZ-VOUS DÈS MAINTENANT
Lorsque les survivant.e.s de l'accident nucléaire alertent, le monde doit les écouter
Un blog d'Ignacio Packer, Directeur Exécutif Caux Initiatives et Changement
06/03/2026Chaque année, le 1er mars, les Îles Marshall célèbrent la Journée de commémoration des victimes nucléaires, en hommage aux personnes touchées par le programme d'essais nucléaires mené entre 1946 et 1958. Cette année, la Mission permanente de la République des Îles Marshall, en collaboration avec la Fondation Caux Initiatives de Changement et le Conseil œcuménique des Églises, a organisé une commémoration le 6 mars 2026 à la Maison de la Paix à Genève.
Marquant le 72e anniversaire de l'essai nucléaire Castle Bravo, l'arme nucléaire la plus puissante jamais déclenchée par les États-Unis, l'événement a mis en lumière les conséquences durables sur les populations, l'environnement et les générations futures des 67 essais nucléaires menés aux Îles Marshall. Sous le thème « Añin Jitbon Mar » (Appel spirituel de nos îles), la commémoration a appelé à la solidarité mondiale pour faire face à l'héritage des essais nucléaires et poursuivre la justice nucléaire.
À l'issue de l'événement, Ignacio Packer, directeur exécutif de la Fondation Caux Initiatives of Change, partage ses réflexions sur le puissant avertissement lancé par les survivant.e.s des essais nucléaires et sur ce que cela signifie pour le monde d'aujourd'hui :
____________________________________________________________________________________________________________
Aujourd'hui, je me suis surpris à écouter plus qu'à parler.
C'était la Journée de commémoration des victimes nucléaires, lors de la commémoration à Genève le 6 mars. La salle n'était pas remplie de discours politiques, mais de voix porteuses de mémoire — la mémoire des essais nucléaires aux Îles Marshall et des générations qui vivent encore avec leurs conséquences.
Il y a des moments à Genève, la capitale internationale, où l'on se rend compte que la diplomatie et l'humanité se croisent d'une manière très personnelle. Pour moi, ce fut l'un de ces moments.
Entre 1946 et 1958, soixante-sept armes nucléaires ont été déclenchées aux Îles Marshall. Pour beaucoup d'entre nous, ces chiffres appartiennent aux livres d'histoire. Pour le peuple marshallais, ils font partie des histoires familiales — des maladies, des terres auxquelles ils ne pourront jamais retourner et d'une relation avec l'océan et la terre qui a été profondément perturbée.
Aujourd'hui, nous avons écouté ces voix. Et elles ne parlaient pas seulement du passé.
Elles mettaient le monde en garde.
Il y a des moments (...) où l'on se rend compte que la diplomatie et l'humanité se rejoignent d'une manière très personnelle.
Je suis né en 1962, au plus fort des tensions autour du mur de Berlin et de la crise des missiles cubains, alors que la guerre froide avait conduit l'humanité au bord d'une catastrophe nucléaire. Pour ma génération, la menace nucléaire faisait partie du bruit de fond de notre enfance, quelque chose que nous espérions voir disparaître progressivement avec la fin de la guerre froide.
Pendant un certain temps, cela a semblé être le cas.
Pourtant, des évaluations récentes de l'ONU et d'instituts de recherche de premier plan avertissent que le monde pourrait entrer dans la période la plus dangereuse depuis des décennies en matière nucléaire. Les conflits s'intensifient, les cadres de contrôle des armements s'affaiblissent et les arsenaux nucléaires continuent de s'étendre.
Au cours de la seule semaine dernière, les guerres se sont considérablement intensifiées. Les tensions mondiales continuent de monter. Le langage des armes nucléaires est revenu dans le discours international.
En écoutant les survivant.e.s aujourd'hui, je ne pouvais m'empêcher de penser au monde dont hériteront les jeunes générations et les générations futures. Je suis le père de trois merveilleux jeunes adultes, aujourd'hui âgés de 27 à 32 ans. Comme beaucoup de parents, j'espère qu'ils et elles vivront dans un monde où les leçons du passé auront été apprises et non oubliées.
Mais l'espoir seul ne suffit pas.
Ce qui m'a le plus frappé lors de la commémoration d'aujourd'hui, c'est la dignité avec laquelle les survivant.e.s se sont exprimé.e.s. Il n'y avait aucune colère dans leurs paroles. Au contraire, il y avait de la détermination, un rappel discret que les armes nucléaires ne sont pas des outils géopolitiques abstraits. Ce sont des instruments capables d'infliger d'immenses souffrances aux êtres humains et à des écosystèmes entiers.
Les survivant.e.s comprennent cette réalité mieux que quiconque. Et lorsque les survivant.e.s s'expriment, l'humanité est invitée non seulement à se souvenir, mais aussi à apprendre.
Lorsque les survivant.e.s s'expriment, l'humanité est invitée non seulement à se souvenir, mais aussi à apprendre.
Je suis également conscient que j'écris ces mots depuis une région privilégiée du monde, où la paix et la stabilité sont souvent considérées comme acquises. Pourtant, au fil des ans, en tant qu'humanitaire, j'ai eu le privilège de rencontrer des personnes venues des quatre coins du monde, des communautés confrontées à des conflits, à des déplacements, à l'injustice, et qui font preuve d'une résilience extraordinaire.
Ces rencontres changent votre vision du monde. Elles vous rappellent que notre planète est profondément interdépendante. La souffrance d'une région n'est jamais vraiment isolée du reste de l'humanité.
Aujourd'hui, alors qu'une guerre dévastatrice se déroule au Moyen-Orient et que les tensions géopolitiques s'intensifient ailleurs, l'avertissement lancé par les survivant.e.s des bombes atomiques semble douloureusement pertinent. Leur message n'est pas idéologique. Il est profondément humain.
Souvenez-vous de ce qui s'est passé. Comprenez les conséquences. Choisissez une autre voie.
À la Fondation Caux Initiatives et Changement, nous croyons que la paix commence par le courage d'écouter, surtout lorsque les récits que nous entendons remettent en question notre confort.
L'été dernier, à Caux, au-dessus de Montreux, dans l'historique Caux Palace, nous avons organisé une exposition de dessins réalisés par des enfants des communautés du Pacifique touchées par les essais nucléaires. Plus de 800 personnes sont venues voir l'exposition. Beaucoup ont découvert l'histoire des Îles Marshall pour la première fois.
Les enfants expriment souvent la vérité avec une clarté remarquable. Leurs dessins parlaient de perte, mais aussi d'espoir. Ils et elles nous ont rappelé que la mémoire peut devenir une force de responsabilité.
Nous croyons que la paix commence par le courage d'écouter, surtout lorsque les récits que nous entendons remettent en question notre confort.
Cette année, la Fondation de Caux célèbre les 80 ans à Caux en tant que lieu dédié à l'instauration de la confiance et à la réconciliation. Au cours de ces huit décennies, des personnes du monde entier s'y sont réunies pour affronter des histoires difficiles et rétablir la confiance malgré les divisions.
Les voix que nous avons entendues aujourd'hui s'inscrivent dans cette même démarche. Ce ne sont pas des voix d'accusation. Ce sont des voix d'avertissement — et d'espoir.
Dans un monde où les guerres continuent d'éclater et où la méfiance entre les nations grandit, les témoignages des survivant.e.s des bombes atomiques nous rappellent quelque chose d'essentiel : la paix n'est pas simplement l'absence de guerre. Elle est le résultat des choix que nous faisons, individuellement et collectivement.
Le choix d'écouter. Le choix de se souvenir. Le choix d'agir de manière responsable envers les générations futures.
La paix n'est pas simplement l'absence de guerre. Elle est le résultat des choix que nous faisons, individuellement et collectivement.
En tant que père, humanitaire et simple citoyen de cette planète fragile, je ne peux entendre ces voix sans me poser une question simple : dans un monde où les guerres se multiplient, où les risques nucléaires augmentent et où la méfiance entre les nations s'accentue, que devons-nous faire chacun.e d'entre nous pour protéger l'avenir de nos enfants ?
Les survivant.e.s des Îles Marshall nous demandent de réfléchir honnêtement à cette question. Leur appel ne s'adresse pas uniquement aux gouvernements.
Il s'adresse à nous tous et toutes.
Lire le discours d'Ignacio Packer du 6 mars 2026
Les voix des survivant.e.s ne nous invitent pas seulement à réfléchir à l'avenir que nous sommes en train de façonner. Elles nous rappellent également que la démocratie, la paix et la sécurité humaine exigent du courage, du dialogue et de la responsabilité. Cet été, le Caux Forum pour la démocratie (du 22 au 26 juin) réunira des personnes du monde entier à Caux pour explorer les thèmes de l'espoir, de la guérison et de la sécurité humaine.
Participez à la conversation — pour en savoir plus et vous inscrire dès maintenant.
____________________________________________________________________________________________________________
Ignacio Packer est directeur exécutif de la Fondation Caux Initiatives of Change, une fondation caritative suisse qui s'engage à promouvoir la confiance, le leadership éthique, les modes de vie durables et la sécurité humaine. Fort de plus de 30 ans d'expérience dans le domaine humanitaire et du développement, il a travaillé à la Banque européenne pour l'Amérique latine, puis chez KPMG, avant de devenir un leader reconnu des ONG et des alliances internationales pendant plus de 25 ans. Expert en droits humains et en questions sociales, il s'est particulièrement impliqué dans la défense des cadres de protection des migrant.e.s et des réfugié.e.s, en particulier des enfants et des jeunes.
Diriger juste : là où commence la justice sociale
Un blog d’Ignacio Packer, directeur exécutif de Caux Initiatives of Change
17/02/2026
Diriger aujourd’hui, c’est naviguer dans un monde d’incertitudes, de transformations rapides et d’attentes humaines croissantes. Entre performance économique et responsabilité sociale, de nombreux·ses dirigeant.e.s ressentent une tension nouvelle, souvent silencieuse mais bien réelle. À l’occasion de la Journée internationale de la justice sociale, et dans le prolongement d’échanges récents à Caux avec des responsables d’entreprises, Ignacio Packer, directeur exécutif de la Fondation de Caux, propose ici une réflexion sur ce que signifie diriger avec justesse à notre époque. Une invitation à prendre du recul sur le rôle du leadership dans un monde en mutation.
Le 13 février, au Caux Palace, nous avons parlé avec des dirigeant.e.s d’entreprises d’un paradoxe devenu presque banal : leurs entreprises tiennent encore… mais leurs équipes fatiguent.
Au début, personne n’a parlé d’IA.
On a plutôt parlé de réunions de direction difficiles. De collaborateurs et collaboratrices compétent.e.s qui ne partent pas, mais qui ne proposent plus. De décisions économiquement justes, mais qui laissent un malaise diffus.
Et à un moment, un dirigeant a résumé ce que beaucoup pensaient : « Je dois transformer mon entreprise, mais je ne veux pas devenir celui qui abîme les personnes. »
Cette phrase, pour moi, est au cœur de la Journée mondiale de la justice sociale que nous célébrons le 20 février. Aujourd’hui, la justice sociale ne se joue plus seulement dans les lois ou la redistribution. Elle se joue dans les décisions quotidiennes de milliers de dirigeant.e.s. Elle se joue dans des choix très concrets : réorganiser, automatiser, réduire un poste, demander un effort supplémentaire… ou attendre.
Aujourd’hui, la justice sociale se joue dans les décisions quotidiennes des dirigeant.e.s.
Une nouvelle responsabilité silencieuse
Aujourd’hui, beaucoup de dirigeant.e.s vivent la même tension. D’un côté : coûts, pénurie de compétences, instabilité du marché, IA. De l’autre : fatigue humaine, perte de sens, engagement fragile. Les assurances suisses le confirment : l’épuisement est devenu une cause majeure d’absence longue durée.
Mais les dirigeant.e.s n’ont pas le luxe d’attendre.
Car quelque-chose est en train de changer profondément. L’entreprise n’est plus seulement confrontée à une crise économique ; elle se trouve au croisement de transformations technologiques, sociales, écologiques et humaines. Dans ce contexte, diriger ne consiste plus seulement à optimiser une organisation. Il s’agit de tenir un cap dans l’incertitude sans perdre les personnes en chemin.
C'est moins l’IA qui change le travail… que les dirigeant.e.s
On parle beaucoup de ce que l’IA va remplacer. Mais la vraie question devient : qui portera la responsabilité humaine des décisions optimisées par des machines ? L’IA analysera mieux. Elle décidera souvent plus vite et plus juste économiquement. Mais une question restera humaine :
Cette décision est-t-elle juste pour les personnes concernées ?
Le rôle des dirigeant.e.s bascule alors de gestionnaire de performance à architecte de trajectoires humaines.
Diriger ne consiste plus seulement à optimiser une organisation. Il s’agit de tenir un cap dans l’incertitude sans perdre les personnes en chemin.
Ignacio Packer
Ce que nous avons compris à Caux
Après plusieurs échanges avec des dirigeant.e.s, une évidence est apparue : le problème n’est pas d’abord technique. Il est intérieur.
Beaucoup savent quoi faire, mais hésitent sur comment le faire sans briser la confiance. Ce qui manque n’est pas un outil. C’est un espace pour penser lucidement. Un espace où l’on peut sortir de l'urgence pour redevenir pleinement responsable.
Une expérience, pas une formation
C’est pour cela que nous avons conçu l’immersion avec Chemin 28 à Caux, du 28 au 30 octobre 2026, pour nous pencher sur la question comment diriger avec humanité à l'ère de l'intelligence artificielle.
Ce choix s’inscrit dans une longue tradition : depuis 1946, le Caux Palace est un lieu international de dialogue et de réflexion sur l’éthique, la responsabilité et le rôle des décideurs. Des Principes pour l’entreprise, lancés dès 1994 par la Table ronde de Caux, aux programmes actuels sur le leadership éthique et l’économie centrée sur la personne, cette démarche accompagne depuis des décennies celles et ceux qui voient dans l’humain la clé d’une performance durable.
Il ne s’agira pas d’apprendre l’IA, mais d’apprendre à décider quand tout change. Un temps pour retrouver une boussole intérieure, comprendre ce qui doit évoluer et ce qui doit être protégé, articuler performance et dignité, et transformer sans trahir.
Les dirigeant.e.s ne viendront pas y chercher des recettes. Ils et elles y viendront pour retrouver une posture. Parce qu’au fond, la compétitivité durable repose aujourd’hui sur une qualité rare : la capacité à faire évoluer une organisation sans créer d’injustice.
Justice sociale, concrètement
La justice sociale n’est plus un concept abstrait. Elle se joue quand un.e dirigeant.e annonce un changement sans humilier, automatise sans abandonner, réduit sans détruire, explique sans manipuler…
Dans un monde marqué par des crises multiples et par l’IA, l’entreprise devrait être un lieu de stabilité sociale. Et chaque décision managériale devient une décision de société.
À Caux, nous cherchons à permettre aux dirigeant.e.s d’expérimenter :
- la sécurité d’un espace de confiance,
- la clarté d’une réflexion profonde,
- l'espoir que donne le fait d'avoir un cap clair
- et la capacité d’agir concrètement.
Alors quelque chose peut changer.
Il ne s’agit pas d’être plus gentils, mais d’être plus justes. Car c’est cette exigence intérieure qui permet de transformer l’entreprise sans sacrifier ni sa performance, ni les personnes.
Une conviction
Nous entrons dans une époque où les machines optimiseront les décisions. Mais la cohésion sociale dépendra de celles et ceux qui leur donneront un sens. Diriger demain ne sera pas d’abord une compétence technique ; ce sera une responsabilité humaine.
Et peut-être, finalement, une responsabilité profondément sociale.
Notre événement "Diriger avec humanité à l'ère de l'intelligence artificielle" vous intéresse ? Plongez dans le cadre naturel grandiose du Caux Palace et explorez avec nous comment accompagner les transitions technologiques de manière pleinement consciente, démocratique, respectueuse du vivant.
Il ne s’agit pas d’être plus gentils, mais d’être plus justes. Car c’est cette exigence intérieure qui permet de transformer l’entreprise sans sacrifier ni sa performance, ni les personnes.
Ignacio Packer
____________________________________________________________________________________________________________
Ignacio Packer est directeur exécutif de la Fondation Caux Initiatives of Change, une fondation caritative suisse engagée dans la promotion de la confiance, du leadership éthique, du mode de vie durable et de la sécurité humaine. Fort de plus de 30 ans d’expérience dans l’humanitaire et le développement, il a travaillé à la Banque européenne pour l’Amérique latine puis à KPMG, avant de devenir un dirigeant reconnu d’ONG et d’alliances internationales depuis plus de 25 ans. Expert en droits humains et en questions sociales, il s’est notamment engagé dans la défense des cadres de protection des migrants et des réfugiés, en particulier des enfants et des jeunes.
Photos: Olivia Chollet & Christophe Koninckx
Offre d'emploi : Directeur.trice exécutif.ve pour la Fondation de Caux
Caux Palace, Vaud
16/02/2026
Et si vous mettiez votre leadership au service d’une vision de confiance et de réconciliation, au cœur d’un lieu emblématique de dialogue international ? Dans la perspective du départ à la retraite de l'actuel Directeur exécutif, nous recherchons notre futur·e Directeur·rice exécutif·ve.
À propos de la Fondation de Caux
La Fondation de Caux est une fondation privée suisse d'utilité publique qui œuvre pour un monde plus pacifique, juste et durable en favorisant la confiance au-delà des divisions. Depuis 1946, elle accueille au Caux Palace, lieu historique surplombant Montreux et le lac Léman, des personnes de cultures, d’origines et de convictions diverses. Convaincue que la transformation personnelle est le point de départ du changement sociétal, la Fondation offre un espace de dialogue, de réflexion et de collaboration — une approche qu’elle appelle « l’hospitalité pour le changement ».
Membre du réseau international Initiatives et Changement, la Fondation de Caux contribue activement à la Genève internationale en promouvant la confiance, le leadership éthique et la coopération créative.
Votre rôle
Le·la Directeur·trice exécutif·ve (DE) assure le plus haut niveau de leadership stratégique et opérationnel, garantissant la pertinence, l’impact et la résilience financière à long terme de la Fondation et de ses actifs, notamment le Caux Palace et son domaine. En collaboration étroite avec le Conseil et la Présidence, il·elle conduit la mise en œuvre d’une stratégie robuste et durable, alliant excellence de mission et rigueur financière.
Le·la DE est un·e leader inspirant·e, capable de guider la Fondation dans sa prochaine phase de croissance, de diversification et de renouvellement, notamment à travers le projet Héritage 2040.
CE QUI EST ATTENDU DE VOUS
Mission et leadership stratégique
- Préserver et faire progresser la mission et les valeurs de la Fondation, en veillant à la cohérence et à la qualité de ses activités.
- Définir une vision stratégique pour positionner le Caux Palace comme centre international d’hospitalité, de dialogue et d’innovation.
- Accompagner le Conseil dans l’anticipation des opportunités et risques à long terme, et promouvoir une gouvernance transparente et fondée sur l’impact.
Gestion du domaine et de l’hospitalité
- Superviser la gestion du domaine de Caux (Caux Palace, Villa Maria, chapelle, parcs et forêts) en garantissant excellence et durabilité.
- Mettre en œuvre un modèle d’hospitalité aligné sur la mission et financièrement viable.
- Assurer la conformité légale, réglementaire et patrimoniale de l’ensemble des activités.
Leadership financier
- Piloter la stratégie et la gestion financières pour garantir la durabilité à long terme de la Fondation.
- Développer des approches de financement innovantes (partenariats, fonds de dotation, financements à impact).
- Mettre en œuvre des cadres financiers pluriannuels alignés sur le projet Heritage 2040.
Levée de fonds et mobilisation des ressources
- Élaborer et conduire une stratégie de levée de fonds couvrant donateurs, fondations, partenariats et revenus liés à l’hospitalité.
- Développer la fonction interne de fundraising et piloter le reporting d’impact.
- Mener les campagnes de financement du projet Heritage 2040 et créer de nouvelles sources de revenus alignées sur la mission.
Engagement et représentation des parties prenantes
- Représenter la Fondation auprès des autorités, institutions, investisseurs et partenaires internationaux.
- Agir comme ambassadeur de Caux et renforcer sa visibilité en Suisse et à l’international.
- Construire des alliances stratégiques au sein du mouvement Initiatives et Changement et au-delà.
Leadership organisationnel et managérial
- Diriger et inspirer une équipe de direction pluridisciplinaire.
- Promouvoir une culture d’excellence, de responsabilité et de service.
- Renforcer les compétences, le développement des talents et la planification de la relève pour assurer la pérennité institutionnelle.
CE QUE VOUS OFFREZ
- Engagement profond envers la mission sociale et le leadership éthique, avec la capacité d’incarner les valeurs de la Fondation.
- Expérience confirmée de direction (min.3 ans en direction générale) à un niveau stratégique dans un environnement complexe et multi-acteurs.
- Réussite avérée dans la transformation financière : croissance des revenus, restructuration ou financement de projets d’investissement.
- Solide expérience en levée de fonds et développement de partenariats, avec des résultats tangibles auprès de grands donateurs, entreprises ou institutions.
- Excellente connaissance du contexte socio-économique et philanthropique suisse.
- Maîtrise du français (oral et écrit), excellent niveau d’anglais professionnel et bonne compréhension de l’allemand.
Atouts supplémentaires
- Connaissance du cadre légal et financier suisse applicable aux fondations, à l’hospitalité et au patrimoine.
- Expérience des partenariats public-privé, de l’investissement à impact social ou de projets de valorisation patrimoniale.
- Sensibilité aux enjeux de durabilité liés à la gestion hôtelière et foncière.
- Très bonne compréhension des écosystèmes de donateurs en Suisse et dans la Genève internationale.
NOUS OFFRONS
Un rôle de direction stratégique et visible au sein d’une organisation internationale guidée par des valeurs fortes. L’opportunité de piloter la transformation de l’un des sites patrimoniaux les plus emblématiques de Suisse. Un environnement inspirant, alliant mission d’intérêt public, hospitalité d’excellence et innovation.
- Lieu : Caux Palace (avec présence à Genève selon les besoins)
- Prise de fonction souhaitée : 1er novembre 2026 (au plus tard 1er décembre 2026) afin de garantir un passage de relais avec l’actuel DE.
COMMENT POSTULER ?
Merci d’envoyer votre dossier complet d’ici au dimanche 22 mars 2026 par EMAIL , avec la mention « DG CAUX » dans l’objet du message.
Le dossier comprendra :
- un CV détaillant vos réalisations, formation et qualifications
- vos certificats de travail; une lettre de motivation répondant aux exigences du poste et vos conditions actuelles (salaire, délai de préavis).
Les candidatures seront examinées au fil de leur réception. Nous nous réservons le droit de clôturer la procédure avant la date indiquée si nous estimons avoir identifié des candidatures correspondant pleinement aux attentes du poste. Il est donc vivement recommandé de postuler dès publication de l’annonce.
Égalité des sexes et inclusion : passer de l'engagement à la pratique
10/02/2026« L'inclusion ne se fait pas par hasard. Nos champion.ne.s de la responsabilité en matière d'égalité des sexes veillent à ce qu'elle se fasse de manière intentionnelle. »
Par ces mots, Ignacio Packer, directeur exécutif de Caux Initiatives et Changement, réaffirme son engagement personnel et celui de son organisation en faveur de l'égalité des sexes. En tant que champion international de l'égalité des sexes, Ignacio s'engage non seulement en son nom propre, mais aussi au nom de la Fondation de Caux, en veillant à ce que l'égalité des sexes soit intégrée dans la manière dont la Fondation planifie, facilite et évalue son travail.
De l'intention à une mise en œuvre plus approfondie
En 2026, cet engagement passe résolument des premières étapes à une pratique plus approfondie à l'échelle de l'organisation.
Grâce à des champion.ne.s de la responsabilité formé.e.s en matière d'égalité des sexes et à un cadre de facilitation inclusif, chaque Caux Forum et tous les événements organisés par la Fondation de Caux intégreront des objectifs concrets en matière d'égalité des sexes, des normes de facilitation inclusives, ainsi qu'une réflexion et des rapports structurés.
L'égalité des sexes ne devrait pas être un ajout, mais un élément central de la culture organisationnelle et de la responsabilité partagée.
Ignacio Packer, directeur exécutif de Caux Initiatives et Changement
S'appuyer sur des bases solides
Ces engagements pour 2026 s'appuient sur les progrès importants réalisés en 2025 et s'articulent autour de deux engagements organisationnels fondamentaux.
Engagement 1 : des champion.ne.s de la responsabilité en matière d'égalité des sexes dans chaque forum et chaque rencontre
En 2026, les champion.ne.s de la responsabilité en matière d'égalité des sexes au sein de nos équipes organisatrices d'événements joueront un rôle central dans l'intégration de l'égalité des sexes dans la conception et la mise en œuvre des programmes.
Ces champion.ne.s :
- recevront une formation ciblée sur la conception, l'animation et le reporting de programmes sensibles au genre
- veilleront à ce que chaque événement comprenne au moins un objectif concret en matière d'égalité des sexes
- soumettront un bref rapport de réflexion sur l'inclusion des genres après chaque Caux Forum ou événement général, qui sera directement intégré aux évaluations d'impact organisationnel
Ce modèle de leadership collectif transfère la responsabilité d'un point focal unique à une responsabilité partagée par l'équipe, favorisant ainsi une transformation organisationnelle plus profonde et plus durable.
Engagement 2 : un cadre de facilitation inclusif en matière de genre
Parallèlement, Caux Initiatives et Changement continuera à mettre en œuvre un cadre de facilitation inclusif en matière de genre dans tous les événements majeurs organisés ou co-organisés au Caux Palace et ailleurs en Suisse.
En 2026, ce cadre garantira :
- Une représentation au moins paritaire entre les hommes et les femmes parmi les modérateur.ice.s et les facilitateur.ice.s
- Des directives claires pour un langage inclusif
- Une boucle de rétroaction structurée sur les expériences des participant.e.s en matière de sécurité, de participation et de représentation des genres
Ce cadre garantit que l'inclusion est visible, mesurable et appliquée de manière cohérente, renforçant ainsi l'expérience des participant.e.s et la responsabilité organisationnelle.
Une responsabilité partagée pour l'inclusion
À la Fondation de Caux, nous considérons l'égalité des sexes non pas comme une initiative secondaire, mais comme un mode de travail fondamental et un moteur pratique pour un impact significatif.
Chaque étape compte. Grâce à notre direction exécutive, à nos champion.ne.s de la responsabilité en matière de genre et à nos normes à l'échelle de l'organisation, nous nous engageons à faire de l'égalité des sexes une valeur et une norme communes qui façonnent la manière dont nous nous réunissons, dirigeons et favorisons une plus grande inclusion, ensemble !
En savoir plus sur nos activités et événements 2026
Sayali Powale
Sayali Powale est une professionnelle du marketing et de la création qui compte plus de neuf ans d'expérience internationale dans les domaines de la publicité, de l'image de marque et des projets numériques. Elle a travaillé avec des agences et des marques internationales, dirigeant des équipes multidisciplinaires et gérant des campagnes sur des plateformes numériques, imprimées et expérientielles.





















































































