Andrew Lancaster : Responsabilités sans frontières

18/01/2022
Featured Story
Off

 

L'ancien président du Conseil d'I&C Suisse, Antoine Jaulmes, s'est entretenu avec Andrew Lancaster qui vient de mettre un terme à ses fonctions auprès du Conseil.  

 

Andrew Lancaster
Andrew Lancaster

Depuis 16 ans, les membres du Conseil d'Initiatives et Changement Suisse ont apprécié l'écoute et le soutien amical d'Andrew Lancaster. Les trois derniers présidents du Conseil d'I&C Suisse – et je pense pouvoir parler sans risque au nom de mon prédécesseur et de mon successeur – ont apprécié son aide efficace et sa disponibilité indéfectible.

Andrew est également le responsable du comité du Fonds Silvia Zuber, qui, au cours des dix dernières années, a subventionné la participation de nombreuses personnes originaires d’Asie et d’Afrique aux programmes de Caux et/ou leur participation aux programmes régionaux proposés par I&C.

Ce n’est là qu’un aperçu de sa collaboration de longue date auprès d’Initiatives et Changement. Donnons-lui la parole.

 

____________________________________________________________________________________________________________________________________________________________

 

Andrew, comment as-tu découvert Initiatives et Changement, et dis-nous comment a commencé cet engagement de toute une vie ?

Permets-moi d'avoir recours pour cela à quelques instantanés pour illustrer mes premières expériences avec Initiatives et Changement :

D'aussi loin que je me souvienne, mes parents ont toujours observé un temps calme tôt le matin.

Nous avions très souvent la visite de personnes du Réarmement moral (MRA/aujourd'hui Initiatives et Changement) qui parfois restaient même chez nous pour une longue période de temps. Ils nous parlaient de vies qui avaient radicalement changé

Lors d'une conférence du MRA en 1965, la pièce de Peter Howard, We Are Tomorrow, a été produite. J'y avais le seul rôle muet. La pièce a ensuite été jouée dans divers endroits du Victoria et de la Tasmanie.

J'ai alors ressenti un appel à reporter mes études de génie civil afin d’en devenir le régisseur. Cette décision, ainsi que des décisions similaires prises par d'autres personnes, ont permis à la pièce de rayonner dans le Queensland, puis en Nouvelle-Zélande.

En 1966, une grande conférence internationale de l'ARM s’est tenue à Canberra, au cours de laquelle une nouvelle comédie musicale, Sing Out Australia, a été jouée pour la première fois. Le lendemain de cette première, Rajmohan Gandhi nous a invité-e-s à l'accompagner en Inde durant six mois pour le soutenir, ses collègues et lui-même, dans leur effort de « construire une Inde forte, propre et unie ». L'audace de sa vision a retenu notre attention et quatre mois plus tard, un groupe intergénérationnel de 52 personnes, principalement des Australien-ne-s et des Néo-Zélandais-es, arrivait en Inde.

Un groupe de jeunes Indien-ne-s était en train de monter leur propre production, India Arise. Un certain nombre d'entre nous les ont rejoint-e-s lors de leur tournée en Inde. En l'espace d'un an, India Arise arrivait à Caux, avant d'être présentée dans plusieurs pays européens. C'est dans ce contexte que je me suis rendu à Caux pour la première fois.

À la fin de cet été passé à Caux, j'ai été invité au centre du MRA dans le nord-ouest de l'Angleterre afin de me remettre d'une hépatite contractée en Inde. J'y ai rejoint pour deux ans une petite communauté très active. Je me suis ensuite installé dans le centre de Londres pendant les quatre années qui ont suivi. C'est là que j'ai fait la connaissance de celle qui allait devenir mon épouse, Margaret.

Immédiatement après notre mariage, nous sommes allés passer huit mois au Canada afin de nous engager dans le travail continu de reconstruction de l'équipe du MRA sur place. En 1981, nous sommes retournés au Royaume-Uni pour 18 mois, cette fois avec nos deux fils aînés, en étant à nouveau basés à Tirley Garth. En dehors de ces séjours à l'étranger, nous avons vécu à Canberra, en Australie.

J'ai également co-édité avec John Bond le mensuel MRA/I&C World Bulletin à partir de 1991 et pour 12 ans.

 

Tu étais donc géographiquement très loin de Caux.....

Absolument. Notre maison à Canberra a été l'une des « antennes » des activités d'I&C en Australie. Entre autres choses, nous avons noué des amitiés avec des parlementaires fédéraux et des membres du corps diplomatique, et nous avons hébergé des collègues d'I&C venu-e-s d'autres régions d'Australie et de l'étranger. Nous avons également participé à la planification d'une série de conférences internationales I&C en Australie.

 

 

Andrew Lancatser Global ASsembly 2012 Caux
Andrew (troisième à partir de la gauche) à l'Assemblée mondiale à Caux, 2012

 

Quand as-tu commencé à travailler à Caux et qu’y faisais-tu exactement ?

En 1996, le Japonais Yukihisa Fujita a organisé à l’occasion du 50e anniversaire de Caux une conférence sur le thème de l'Agenda pour la réconciliation (AfR) . Un politicien japonais de haut rang a alors proposé d'organiser une table ronde politique à Caux faisant écho aux conférences de l’AfR. On m'a demandé de la coordonner, ce que j'ai fait pendant cinq ans. Les conférences de l'AfR sont ensuite devenues le Forum de Caux pour la sécurité humaine sous la direction de Mohamed Sahnoun.

En 2005, j'ai été invité à rejoindre le Conseil de la Fondation de Caux (maintenant I&C Suisse). En 2008-2009, Antoine, toi, et moi avons dirigé Caux Review. La mission du Fonds Silvia Zuber (FZS) est arrivée quelque temps après. Ayant connu Silvia, j'ai beaucoup apprécié la mise en œuvre de son legs visionnaire à la Fondation. En dix ans, nous avons accordé près de 650 subventions. L'une de nos plus grandes satisfactions a été de rencontrer à Caux un certain nombre de ces personnes - principalement des stagiaires et des boursiers et boursières de Caux - qui n'auraient pas connu Caux sans le soutien du Fonds Silvia Zuber.

 

Combien de temps passiez-vous à Caux pour pouvoir accomplir tout cela ?  

Entre 1996 et 2009, nous passions en moyenne chaque année trois semaines à Caux.

 

Quelles personnes ou quels événements t’ont le plus marqué ?

Il y en a eu tellement depuis cette première visite en 1967 ! J'ai été profondément frappé par la passion de William Nkomo et Philip Vundla, tous deux originaires d'Afrique du Sud. Didacienne Mukahabeshimana, également originaire d'Afrique, a témoigné de son expérience pendant le génocide rwandais.

Assaad Chaftari, un ancien commandant phalangiste originaire du Liban, a partagé son histoire aux côtés d'un musulman libanais.

Le récit de Kevin Rudd sur sa décision, en tant que premier ministre, de présenter des excuses publiques, au nom du gouvernement et du pays, aux indigènes d'Australie pour les politiques qui ont conduit aux générations volées, reste un moment inoubliable.

La liste complète est très longue, mais je ne peux omettre le récit émouvant de Philippe Mottu, en 1996, sur la façon dont il a acquis Caux et sur les raisons pour lesquelles il était convaincu que Caux était l’endroit idéal.

 

Merci Andrew d'avoir partagé ces souvenirs marquants.

Je te souhaite une bonne continuation en Australie auprès d’I&C et d’heureux moments à passer avec vos enfants et petits-enfants. Tu ne dois pas être mécontent que ta participation aux réunions en ligne à des heures indues touche à sa fin (à cause du décalage horaire de 10 heures entre l'Europe et l'Australie) !

Tous nos meilleurs vœux !

 

  • Photos: Initiatives de changement

 

Topics
Team Council
Event Categories
IofC Switzerland
Job Offer
Off

sur le même thème

Nick Foster

Nick Foster devient co-directeur général d' Initiatives & Changement Suisse

Nick Foster, jusqu'à présent directeur du Caux Forum, reprendra le rôle de codirecteur d'Initiatives et Changement Suisse (I&C Suisse) aux côtés de Stephanie Buri. Après avoir passé neuf ans à Initiat...

Paul Misraki

1948 - Paul Misraki: Bande-son pour une nouvelle Allemagne

L'Allemagne était en ruines. L'Europe était en ruines. Des millions de personnes avaient été tuées, des millions d'autres blessées et déplacées. Sans compter les ruines morales, à l'origine d'un profo...

Peter Petersen

1947 - Peter Petersen: « Toutes nos défenses se sont effondrées. »

«A cette époque, même un chien aurait refusé un morceau de pain de la main d'un Allemand», se souvient Peter Petersen, l'un des 150 Allemands que les Alliés ont autorisés à venir à Caux en 1947. Ils o...

Trudi Trüssel

1946 - Trudi Trüssel: « On ne peut pas construire un monde nouveau avec une seule classe sociale »

« Au plus profond de moi-même, je blâmais les riches et je les tenais pour responsables du malheur de tant de gens. Je ne pouvais accepter que quelques-uns puissent avoir tout ce qu'ils voulaient san...

Yara Zgheib

75 ans, 75 récits

« Mon histoire n'est pas spéciale, ni seulement la mienne. Elle appartient à ce centre de conférence qui a 75 ans et possède des centaines de milliers de trajets en train, de promenades, de discussion...

IofC In words FR square

Enquête: Comment pouvons-nous vous servir au mieux ?

Nous nous engageons à vous inspirer, à vous former et à vous mettre en réseau afin de vous soutenir dans votre parcours du changement personnel au changement global. Mais nous avons besoin de votre ai...

Dolce Riviera 2020 alp horns

Fête nationale suisse dans les jardins du Caux Palace

Habituellement, la fête nationale suisse du 1er août est l'occasion pour les participants du Caux Forum de découvrir certaines traditions suisses, dont la fondue au fromage. Cette année, le Caux Palac...

Annual Report 2019 De square

Découvrez le rapport annuel 2019

Notre rapport annuel 2019 est maintenant disponible ! Découvrez nos activités et revivez les moments forts du Caux Forum 2019....

Black lives matter slider

« Black Lives Matter ». Les histoires des personnes noires comptent. L'histoire de ce que nous faisons aujourd’hui compte.

Les histoires sont puissantes. Au sein d’I&C, le partage d’histoires a constitué un puissant outil pour initier le changement. Les histoires inspirent celles et ceux qui les écoutent et leur donnent l...

Quiet Time event 31 March after event crop

Un temps de silence - Un événement en direct sur Facebook

La crise COVID-19 et le verrouillage de nombreux pays du monde entier nous touchent tous. Afin d'aider les gens à se connecter et à s'encourager les uns les autres, nous avons organisé le mardi 31 mar...

Reconciliation, birds flying, wire fence

Discours de Christine Beerli dans le cadre de la conférence "versoehnt.ch" à Berne

La conférence "versoehnt.ch" a eu lieu à Berne le 6 février 2020. Christine Beerli, présidente d'Initiatives et Changement Suisse, a prononcé un discours lors de la cérémonie d'ouverture à l'Universit...

Caux_Palace_Sunset

Changement de direction pour Initiatives et Changement Suisse

La Fondation va bientôt chercher un/une nouveau/nouvelle secrétaire générale....

Digital Day

I&C se joint à la troisième Journée suisse du digital

En collaboration avec Digital Switzerland et les autres partenaires, l’équipe d’I&C Suisse animera une session interactive à Genève dans le cadre de la Journée suisse du digital. A travers l'exemple d...

Geneva goes Lucerne 2

"Genève s’invite à Lucerne !" avec Christine Beerli

Quelle est aujourd’hui la place de Genève, ville internationale s’il en est ? Quels sont les défis auxquels elle doit faire face ? Quelle incidence l’engagement multilatéral et les réseaux interurbain...


Autres événements

Construire la paix grâce à une meilleure gouvernance de la terre en Afrique de l'Ouest

Semaine de la Paix de Genève 2021

08/12/2021
Featured Story
Off
Semaine de la Paix de Genève 2021

 

Dans le cadre du partenariat qui les lie, la Fondation Initiatives & Changement Suisse (I&C) et le Département fédéral suisse des affaires étrangères (Division Paix et droits de l’homme) ont organisé un webinaire sur le thème « Construire la paix grâce à une meilleure gouvernance de la terre en Afrique de l'Ouest ».

Tenu le 4 novembre 2021 dans le cadre de la Semaine de la paix de Genève 2021, il faisait suite à ceux du 21 juillet 2021 sur « Susciter des solutions politiques et communautaires pour la gouvernance de la terre en Afrique de l’Ouest et du centre : une voie vers la paix et la prospérité » (synthèse, vidéo), du 10 juillet 2020 sur « La terre et la sécurité en Afrique au Sud du Sahara » (synthèse, vidéo) et du 2 décembre 2020 sur « La gouvernance de la terre au Sahel » (synthèse, vidéo).

Le point de départ en était le suivant : la dégradation environnementale constitue une menace majeure pour la paix et la sécurité en Afrique subsaharienne, où plus de 80% de la population dépend de l'agriculture pluviale et du pastoralisme, et où la subsistance économique rurale a longtemps été inextricablement liée aux rites et cultures locales. La disponibilité de terres fertiles, d'eau et de pâturages est menacée par le changement climatique et l’exploitation des sous-sols, au moment où les modes de vie modernes et traditionnels ne cessent de se confronter. Le foncier, l'accès restreint à certaines aires protégées, les migrations, les conflits armés, l'extrémisme violent interagissent avec, pour conséquence, l’agrandissement d’espaces non gouvernés dans lesquels profitent de s’installer, dans beaucoup d’endroits, des groupes extrémistes.

Il est donc indispensable de mieux comprendre comment ces défis contribuent à la montée de la violence et de suivre et soutenir les initiatives qui contribuent à la prévenir régression. Tous les conflits, d’origine environnementale ou autre, peuvent faire l’objet de dialogues, car toutes les parties concernées dépendent en fin de compte d’un environnement naturel, social et politique apaisé, pour prospérer. La confiance et les objectifs partagés de gouvernance des ressources naturelles, qu'il s'agisse de communautés locales (toutes les composantes de la société), d'agents gouvernementaux ou de décideurs, sont donc indispensables pour faire face à un avenir incertain.

En guise d’introduction, Carol MOTTET, conseillère principale au DFAE suisse et responsable du programme « Prévention de l’extrémisme violent », posa le constat que trop souvent les autorités en charge de la sécurité et ceux qui traitent des multiples questions en lien avec la terre ne partagent pas les mêmes préoccupations, et plaida pour un soutien robuste aux chercheurs et aux acteurs qui ont une vision globale des enjeux de la violence, et qui travaillent à des solutions concrètes. Elle proposa que l’accent soit mis sur les alternatives aux logiques purement sécuritaires et sur le besoin d’une gouvernance partagée de ressources naturelles qui ne sont pas infinies.

Olivia lazad
Olivia Lazard

Dès l’ouverture du panel, la modératrice, Olivia LAZARD (France), chercheuse invitée à  Carnegie Europe et directrice de Peace in Design Consulting Ltd, souligna le lien entre environnement et sécurité, entre chaînes de dégradation des terres et importance d’une gouvernance responsable et globale, entre urgence de travailler en amont sur tous les terrains et celle d’anticiper les changements climatiques. Elle rappela combien la marginalisation des populations dans les décisions qui les concernent était source de conflits, en particulier dans la restauration des terres quand les populations les plus concernées, très souvent les femmes, ne participent pas aux décisions. Pour accélérer les moteurs du changement, elle préconise de donner le pouvoir aux acteurs locaux, de tenir compte des nouvelles analyses écosystémiques (liens à faire entre régions qui se côtoient, comme le bassin du fleuve Congo et le Sahel), et de bien comprendre comment s’organise une gouvernance inclusive dans la régénération des sols.

 

_______________________________________________________________________________________________________________

 

Trois questions aux panélistes

  1. Quels défis rencontrez-vous dans votre domaine de travail ?
  2. Qu’est-ce qui aiderait à rendre le changement positif plus efficace, à la fois en termes de restauration de l’environnement et de prévention des conflits ?
  3. Quelles réponses faites-vous, ou ceux que vous connaissez, pour relever ces défis ? Et à quel niveau ?

 

_______________________________________________________________________________________________________________

 

Safouratou MOUSSA KANEC’est Safouratou MOUSSA KANE (Niger), Secrétaire à la promotion de l'antenne du Niger du Réseau des organisations d’éleveurs et pasteurs, qui ouvrit les feux. Elle montra combien il était important de respecter l’équilibre entre élevage et agriculture sur les terres qui sont partagées et qui représentent des ressources vitales pour l’ensemble de la population. Une gouvernance ne tenant pas compte du partage des espaces et des ressources, des textes de lois non-appliqués, le manque d’information sur ces lois, mènent à des conflits qui peuvent dégénérer, comme on le voit actuellement dans de nombreuses zones du Sahel. Par ailleurs, elle permit de comprendre que la pratique de la régénération des terres dégradées permet d’unir agriculteurs et éleveurs dans une complémentarité que l’Etat ne soutient, hélas, pas toujours, souvent pour des raisons politiques. D’où l’intérêt de mobiliser les personnes concernées, dont les propriétaires de fermes, pour la gestion, en amont, de conflits potentiels. Elle donna l’exemple de la plantation des « acajous sénégalais » comme mobilisateur du vivre-ensemble. Autre préoccupation urgente : la discrimination que subissent les femmes dans l’accès aux terres et dans la pratique des héritages alors qu’elles sont les actrices principales de leur renouvellement. Il est important de laisser les femmes s’exprimer et de trouver des voies pour contourner la tradition qui, souvent, ne permet pas aux femmes de parler devant les hommes.

 

Alexis KABORELe professeur Alexis KABORE, enseignant-chercheur au Département de sociologie de  l’Université Pr. Joseph Ki-Zerbo (Burkina Faso), montra comment les terres forestières, qui comptent des milliers de km2 en région sub-saharienne, et dont une partie importante est protégée pour sa faune, créent une dynamique de violence par la gouvernance opaque qui les concernent. Le plus souvent chasse gardée de l‘Etat, elles sont interdites aux populations autochtones qui ne peuvent bénéficier de ses bienfaits (économiques tout autant que politiques, sociaux et spirituels) et qui sont devenues des zones exploitées par les extrémistes violents. M. Kaboré souhaite que l’ensemble des questions concernant les aires protégées soient repensées à l’aune des questions environnementales, climatiques et sécuritaires et de replacer les populations originelles au cœur de la décision et au cœur des terres auxquelles elles doivent accéder à nouveau.

 

Ibrahim YAHAYA IBRAHIM Il revint enfin à Ibrahim YAHAYA IBRAHIM (Niger), analyste-consultant senior Sahel à International Crisis Group - ICG, Dakar et co-fondateur du Sahel Research Group de montrer que, si chaque conflit possède ses propres dynamiques, certaines constantes se retrouvent au Sahel : crises pastorales, sécheresses, compétition autour des ressources naturelles (mal gérées par les Etats) et, plus important encore, incapacité des autorités à proposer des réponses efficaces aux crises et à donner aux acteurs locaux, dont les femmes, la possibilité d’intervenir. Par ailleurs, les modes de règlement des conflits généralement utilisés ne correspondent plus aux besoins des personnes concernées, en particulier à ceux des femmes, des jeunes et des personnes migrantes. De plus, les différents systèmes fonciers, qui entrent en conflit de manière croissante, échappent à une régulation efficace de l’Etat : le droit positif et le droit coutumier s’affrontent à un point qui appelle une refonte urgente de la gestion du foncier et qui exige que les communautés directement concernées soient activement impliquées dans ce travail.

 

_______________________________________________________________________________________________________________

 

Travaux en groupes encadrés par quatre jeunes facilitateurs

  • Désiré TUYISHEMEZE, psychologue et membre des Artisans de Paix, Burundi
  • Marienne MAKOUDEM TENE, Coordinatrice nationale et membre du Comité international des Cercles de paix des femmes, Cameroun
  • Saidou KABRE, Burkina Faso
  • Stephane Junior DEWANG DIYO, Cameroun

La rencontre se poursuivi sous forme de travail en groupe articulé autour de quatre questions, qui donnèrent lieu à de vives discussions pour la cinquantaine de personnes issus des quatre coins du monde qui saisirent cette occasion de réfléchir à ce qu’elles-mêmes considéraient comme des priorités et ce qu’ils pouvaient amener :

  1. Comment améliorer le rôle des femmes dans le processus de restauration et de gouvernance des terres ?
  2. Comment optimiser la restauration des terres avec un accent sur les zones arides et semi-arides ?
  3. Comment responsabiliser les acteurs locaux dans la gouvernance de la terre ?
  4. Comment gérer les aires protégées pour les biens et la paix des communautés ?

L’implication collective des leaders communautaires, de la société civile, des comités de gestion existants ou à créer, des femmes et des jeunes, des « étrangers », des responsables de l’application des droits fonciers et de l’Etat central furent réclamés à grand cri.

C’est le manque d’engagement de chacun, là où il se trouve, qui est la principale cause du désarroi que vivent les populations du Sahel.

 

_______________________________________________________________________________________________________________

 

Le chacun pour soi n’est plus possible

La gouvernance des terres sera juste, inclusive et ne produira pas de violence :

  • quand une vision commune réunira communautés locales, comités de gestion de la terre, structures régionales et nationales et bailleurs de fonds privés ou publics,
  • quand les décisions et les responsabilités seront prises au niveau adéquat et de manière inclusive,
  • quand l’information circulera de manière fluide (appel à plus de fora, de réunions d’échanges d’expériences, de webinaires)
  • quand les communautés directement concernées seront les principales bénéficiaires de leurs terres et
  • quand les femmes et les jeunes seront pleinement intégrés à ces décisions et qu’ils auront le choix de prendre des responsabilités.

De plus, il fut clairement affirmé qu’aucune paix ni prévention de la violence n’était dorénavant envisageable sans l’intégration des enjeux environnementaux et sans l’écoute des expertises locales dont les populations sont les meilleures dépositaires.

Ce qui donna aussi lieu à un double appel à l’inclusivité :

  • Toutes les personnes concernées par un conflit, jeunes, femmes, responsables communautaires et coutumiers, aux côtés des responsables publics, locaux ou centraux, doivent être intégrées aux dynamiques décisionnelles. C’est la seule chance de succès.
  • Et les personnes extérieures, « les étrangers », ont un rôle à jouer dans la prévention et la gestion des conflits, y compris dans les conflits éminemment locaux liés à la terre, car « nul n’est prophète chez soi ». Un urgent besoin de facilitation ou de méthodologie de la médiation, venant du pays ou de l’étranger, se fait sentir un peu partout.

Pour conclure, Alan CHANNER (UK), d’Initiatives & Changement Suisse, qui anime depuis une dizaine d’années le Dialogue de Caux sur l’Environnement et la Sécurité, souligna que ce webinaire était une étape dans un processus qui s’est fait ensemble avec tous ceux qui progressivement le rejoignent et qui se poursuivra. « A nous d’agir maintenant. Utilisons cette technologie numérique pour consolider nos liens et poursuivre le dialogue ».

 

_______________________________________________________________________________________________________________

 

Mise en perspective

Les organisateurs du webinaire rappelèrent aussi l’importance de la Genève Internationale comme centre de décision et le noyau d’une communauté de pratique qui travaille depuis plusieurs années sur ces enjeux d’environnement, de climat, de conflit et de paix (ECCP – Geneva Dialogue on Environment, climate, conflict, and peace).

L’inscription de cette thématique au programme de la Semaine de la Paix de Genève 2021 s’inscrit aussi dans cet effort, qui compte aussi l'élaboration d'un Livre blanc sur la consolidation de la paix environnementale et la 2ème Conférence internationale sur la consolidation environnementale de la paix, qui se tiendra à Genève en février 2022.

C’est donc l’ensemble de ces travaux, y compris les résultats du présent webinaire, qui contribueront ainsi à livrer un message fort et convaincant sur l'avenir du domaine au Forum Stockholm+50 en juin 2022.

 

_______________________________________________________________________________________________________________

 

Quelques recommandations fortes

* Toujours inclure l’aspect environnement dans la programmation pour la paix.

* Il est temps de sortir les communautés du rôle subalterne de « gestion des terres » pour leur donner le plein droit de participer à la « gouvernance partagée » de leurs terres et des enjeux conflictuels qui y sont liés.

* Le besoin de dialogue et de facilitation est fort pour aider à sortir des impasses et des violences dans lesquelles les erreurs de gouvernance des terres ont parfois conduit des régions entières ou des communautés.

* Il faut mettre en place des comités de gestion participatifs des forêts et des aires protégées et redonner aux populations d’origine leur accès, pour ne pas alimenter des frustrations qui peuvent dégénérer en dérives violentes.

* Il y a un besoin pour tous les acteurs impliqués, localement ou centralement, de bien prendre conscience de toutes les autres parties prenantes; de leurs intérêts, de leurs besoins. Chacun doit prendre conscience des besoins et intérêts de l’autre. Fondamentalement, il faut répondre à la question de « Comment restaurer le respect de chacun pour répondre à la voix de chacun » - il ne s’agit pas seulement de restaurer des terres, mais souvent la relation humaine et la gouvernance publique !

* La médiation (écouter, entendre et dialoguer) peut jouer un rôle important dans cette prise de conscience des intérêts et besoins de l’autre par chacun, bien cerner et identifier les différents acteurs ainsi que leurs intérêts et besoins.

* La promotion du dialogue communautaire ainsi que le partage des connaissances sur le régime foncier et pastoral sont à renforcer. Le partage des connaissances est plus qu’important étant donné que beaucoup de ces connaissances ne sont pas écrites.

* Valoriser les expériences de restauration des terres menées par les femmes, à travers lesquelles elles promeuvent en même temps le dialogue communautaire et le dialogue avec les jeunes en manque de perspectives, alliant ainsi effectivement les enjeux de la terre et de la paix.

* Renforcer les espaces d’échanges tels que ce webinaire, qui réunit des acteurs de terrain, des chercheurs et des responsables politiques, pour échanger régulièrement sur les résultats et les défis et mieux optimiser la gouvernance ainsi que la mise en œuvre des actions proposées.

 

Télécharger le rapport en pdf

 

Event Categories
Geneva Peace Week
Job Offer
Off

sur le même thème

Summer Academy 2020 Geneva fountain lake, credit: Leela Channer

La consolidation de la paix environnementale doit définir notre époque

En 2020, la Semaine pour la paix de Genève avait pour thème : « Rétablir la confiance après une perturbation : comment remettre la coopération internationale sur pied ? ». Dans le cadre de cet événeme...

Geneva Peace Week T4C square teaser

Ecouter courageusement: surmonter notre propre inconfort

L'écoute est à la fois un exercice difficile et un outil puissant dont les effets sur la personne qui la pratique ne sont pas négligeables. Le 5 novembre dernier, Initiatives et Changement Suisse a a...

Geneva Peace Week Human Library 2019

Semaine de la paix 2019 de Genève : Promouvoir la confiance à Genève et en Europe

Genève regorge d'organisations qui œuvrent pour la paix, les droits de l'homme et le bien-être, mais elles se réunissent rarement. Chaque année, la Semaine de la paix cherche à briser les cloisonnemen...

Geneva Peace Week logo

Geneva Peace Week: Human Library

Beyond Prevention: 5 Alternative Ways to Peace - Geneva Peace Week 2018 - When: 7 Nov, 2017 - 12.30 - 14.00 - Where: UNOG Library...

Geneva News: IofC International becomes Observer to IOM Council

Actus Genève : I&C International reçoit le statut d’observateur auprès du Conseil de l’OIM

Le 5 décembre 2016, I&C International a reçu le statut d’observateur auprès du Conseil de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), en même temps que 17 autres ONG. Rainer Gude, Chargé ...

Jens J. Wilhelmsen

Une boîte à outils pour la paix

La consolidation de la paix est souvent perçue comme un processus sophistiqué de résolution des conflits par la société et de renforcement des institutions, comme une série d’actions complexes nécessi...


Le Programme des jeunes ambassadeurs et ambassadrices passe à un format en ligne

29/11/2021
Featured Story
Off

 

Le Programme des jeunes ambassadeurs et ambassadrices (YAP) est passé cet été pour la première fois à un format en ligne, après six années de croissance et de développement continus et une pause en 2020 pour réfléchir et s'adapter aux nouvelles réalités de la pandémie.

Ce nouveau format a mis au défi l'équipe organisatrice et sa longue et riche expérience. Comment rester fidèles à nos objectifs ? Comment faire vivre à nos participant-e-s une expérience proche de celle des rencontres en personne dans le magnifique cadre du Caux Palace ? Comment construire une communauté, une confiance et un espace sûr sur différentes plateformes en ligne ? Comment permettre aux jeunes de se connecter, de partager, d'apprendre, d'être inspiré-e-s et d’avoir confiance en leurs compétences nouvellement acquises ? La créativité, la flexibilité et un travail d'équipe étroit ont apporté toutes les réponses nécessaires.

J'ai acquis des outils utiles pour explorer / comprendre / réfléchir à mes propres attitudes et actions. 

L’édition 2021 du s'est déroulée du 9 juillet au 29 août et se composait de sessions en ligne, de plateformes communautaires, d’outils de collaboration et de groupes de communication. Plus de 40 participant-e-s, issu-e-s d'une grande diversité de pays et de cultures, ont pris part à l’événement.  Elles et ils voulaient toutes et tous découvrir comment jouer un rôle actif dans la transformation de la société.  

 

YAP 2021
Extrait d'une des sessions

 

Le programme a exploré la relation dynamique entre le changement personnel et le changement global, créé un espace pour l'échange d'expériences et la réflexion, et encouragé une action ciblée. Les animatrices et animateurs ont réussi à adapter leur méthodologie pour travailler en ligne. Les participant-e-s ont même trouvé le moyen de célébrer virtuellement leurs cultures et leur diversité ! 

C'était très motivant pour moi de voir tant de jeunes engage-e-s à travers le monde entier. 

Lorsqu'on a demandé aux participant-e-s ce qu'ils et elles avaient retiré de ce programme, voici leurs réponses : compétences en matière de résolution de conflits, pensée critique, écoute active, empathie et compréhension, écoute ciblée, outils techniques pour partager et visualiser des opinions, compétences en matière de leadership, perspectives diverses sur des questions mondiales et nationales essentielles, respect de la diversité, acceptation de points de vue différents, connaissance et appréciation de cultures différentes. 

 

Soirée culturelle

 

Le 26 novembre, les participant-e-s de cette édition ont eu l'occasion de rencontrer d’ancien-ne-s participant-e-s au YAP lors de deux séances de réseautage. Plusieurs personnes ont témoigné de leurs préoccupations sociales actuelles, ainsi que des projets et organisations dont ils et elles font partie.

YAP 2021 a été une merveilleuse opportunité de croissance pour toutes les personnes impliquées, y compris l'équipe, qui se sent maintenant encore plus confiante pour organiser les futures éditions du YAP, en ligne comme en présentiel.

J'ai l'impression que mon quotient émotionnel et ma compréhension du comportement individuel et collectif ont augmenté après avoir participé aux sessions. 

Le programme de cette année était le fruit d'un partenariat entre Initiatives et Changement Suisse, Initiatives et Changement Royaume-Uni, Initiatives et Changement Pays-Bas, Initiatives et Changement Danemark, le Centre for Social Transformation Romania, les fondations Foundations for Freedom Ukraine ainsi qu’Initiative Mittel- und Osteuropa e.V. Il a été possible grâce au généreux soutien de Movetia, partenaire du programme depuis 2018. 

 

YAP team
L'équipe de YAP 2021

 

Ce que d'autres participant-e-s ont dit

 

« Un programme formidable qui vaut le détour. Du temps bien investi. Des sujets intéressants. D'excellents intervenant-e-s. Une organisation parfaite. »

_______________________________

« Une expérience qui change la vie et élargit nos horizons. »

_______________________________

« Une excellente occasion de développer votre intelligence émotionnelle. »

_______________________________

« Une plateforme mondiale permettant aux futur-e-s professionnel-le-s de se connecter et de partager leur expertise. »

_______________________________

« Réfléchi, collaboratif, stimulant et profond. La diversité de cultures et les perspectives présentées étaient précieuses. »

_______________________________

« Un voyage dans l’apprentissage, porteur de fruits et sûr. Un espace d'apprentissage innovant. »

_______________________________

« Une auto-introspection utile et la création de liens. »

_______________________________

« Plus de programmes comme celui-ci. C'est ce dont le monde a besoin. Je souhaite le transposer à  notre communauté. »

 

 

 

Job Offer
Off

sur le même thème

Patrick Magee 600x600

« Là où commence le deuil - Construire des ponts après la bombe de Brighton » : Un enteretien avec Patrick Magee

Le deuxième épisode de la série « Stories for Changemakers » s’inscrivant dans le programme Des outils pour les acteurs et actrices du changement s’est tenu le 25 août dernier, avec une interview de P...

Books for changemakers

Books for Changemakers

Un club de lecture bimensuel en anglais pour vous ressourcer avec d'autres acteurs et actrices du changement. Plongez dans des ressources et des idées importantes et inspirantes, connectez-vous avec d...

Geneva Peace Week T4C square teaser

Ecouter courageusement: surmonter notre propre inconfort

L'écoute est à la fois un exercice difficile et un outil puissant dont les effets sur la personne qui la pratique ne sont pas négligeables. Le 5 novembre dernier, Initiatives et Changement Suisse a a...

Mohammed Abu-Nimer

Mohammed Abu-Nimer: Le dialogue ou comment créer une paix durable

Mohammed Abu-Nimer enseigne la paix internationale et la résolution des conflits à la School of International Service de l'American University de Washington. Il est également conseiller principal aupr...

Sabica Pardesi

Devenir un-e artisan-e de paix 2020

« Je suis vraiment reconnaissante envers la personne qui m'a fait découvrir le programme d’Initiatives et Changement « Devenir un-e artisan-e de paix » ! Ce programme a changé ma vie à bien des égards...

SCreenshot keywords T4C 2020

Des outils pour les acteurs et actrices du changement - Façonner l'avenir ensemble par le dialogue

Pouvez-vous vraiment écouter ? Et si nous avions tous et toutes le pouvoir de rendre nos communautés plus cohésives et plus inclusives en commençant à nous écouter véritablement les un-e-s les autres ...

Sezan Eyrich

«[Les frontières] sont en fait assez fragiles. Elles n’existent qu’à travers l'idée que nous ne savons pas nous connecter à nous-mêmes et aux autres »

En 2018, Sezan Eyrich passe un semestre à Varsovie pour étudier les sciences politiques. Elle s’intéresse alors aux possibilités de discuter de questions politiques dans un espace bienveillant. C’est ...

YAP 2019 congratulations

Un vent d'air frais souffle sur les Jeunes Ambassadeurs et Ambassadrices

Cette année, le Programme des Jeunes Ambassadeurs et Ambassadrices (YAP) a réuni à Caux 39 jeunes. Pendant quatre jours, ces jeunes ont suivi une formation intensive pour apprendre à initier le change...

Armenian-Kurdish-Turkish Dialogue 2019

Il faut plus de courage pour aimer que pour haïr

Le Dialogue arméno-kurdo-turc a eu lieu en 2019 à l’occasion de la conférence « Des outils pour les acteurs et actrices du changement ». Cette conférence a réuni des personnes d'origine arménienne, ku...

Jens Wilhelmsen

Jens Wilhelmsen : Les valeurs d’I&C, un outil pratique pour le changement

Après s’être battu contre l’occupation allemande dans son pays, la Norvège, Jens Wilhelmsen a travaillé avec Initiatives et Changement (I&C) en Allemagne et au Japon. Tout au long de ses 70 ans de tra...

LPM 2019

Guérir l’aliénation des jeunes musulman-e-s européen-ne-s Devenir artisan de paix 2019

Comment guérir l’aliénation ressentie par tant de jeunes musulman-e-s ? Selon l’Imam Ajmal Masroor, l’aliénation de ces jeunes découle principalement du conflit intérieur généré par le sentiment d’êtr...

Marc Isserles

Le récit d’histoires : un outil précieux pour la guérison et la réconciliation

Le spectacle solo poignant de Marc Isserles, Nous devons sauver les enfants, devient particulièrement réel lorsque l’on découvre que ses grands-parents, des réfugiés juifs, ont trouvé refuge au Caux P...

Tools for Changemakers 2019

Reconstruire la confiance en Europe

La première édition de la conférence « Des outils pour les acteurs et actrices du changement » s’est déroulée du 14 au 18 juillet 2019 au Caux Forum. Elle s’est appuyée sur les conclusions de la confé...

YAP

Pour relancer une Europe inachevée 2018 - Temps forts

Les temps forts de Pour relancer une Europe inachevée 2018 en vidéo...


Refaire le monde : Des expériences du Mexique, de l'Allemagne et de la Colombie

12/11/2021
Featured Story
Off

 

La huitième édition des CPLP Talks met à l’honneur le courage dont font preuve les ancien-ne-s du Programme de Caux pour la paix et le leadership face aux défis auxquels le monde est confronté. Des ancient-ne-s participant-e-s originaires du Mexique, de Colombie et d'Allemagne nous décrivent les initiatives qu'ils et elles ont prises.

 

Donner vie à une vision

 

Diana Carolina Silva

Diana Carolina Silva a participé au Programme de Caux pour la paix et le leadership (CPLP) en 2018. Elle fait partie du groupe des ancien-ne-s du CPLP en Colombie. Voici son témoignage :

Trois ans après mon séjour à Caux pour le CPLP, je souhaite partager de quelle manière cette expérience a confirmé ma vocation à travailler auprès de communautés et d’organisations et comment elle a transformé ma façon d’agir. 

Le CPLP a été pour moi une expérience unique d'échange culturel. Il m'a permis d'entendre des histoires de vie différentes et d'interagir avec des personnes venues d'autres coins du monde. Les journées au Caux Palace m’ont offert la possibilité de vivre ce que signifient l'interdépendance et la responsabilité pour construire un monde meilleur.

Grâce à Caux, je peux désormais exercer un style de leadership différent, basé sur la reconnaissance des autres, dans une perspective horizontale, et en accompagnant le renforcement d'organisations sociales dans une quinzaine de pays d'Amérique latine et des Caraïbes.

 

Diana Carolina Silva Project Colombia

 

Mon travail repose sur une vision de la construction collective et une approche intersectionnelle, qui s'intéresse à chacun et chacune des hommes et femmes leaders, organisations et groupes de population qui font partie du processus. A travers ce travail, je cherche de nouvelles voies pour insuffler transformation et impact.

Je me concentre sur les processus visant à faire naître le dialogue, l'échange d'expériences et l'identification de bonnes pratiques autour de thèmes tels que le renforcement de la démocratie, la lutte contre la corruption, les droits de la personne et la protection des plus vulnérables.

L'expérience de Caux m’a donné un nouvel élan et orienté ma pratique professionnelle vers le travail avec de nouvelles organisations sociales au-delà des frontières de la Colombie, en Amérique latine et dans les Caraïbes. En tant que coordinatrice de la Participation de la société civile au Sommet des Amériques (PASCA) et au Réseau latino-américain et caribéen pour la démocratie (REDLAD), ce que j'ai appris à Caux et, surtout les sourires, les chants et les longues discussions de cette expérience inoubliable m’accompagnent chaque jour.

 

Diana Carolina Silva Project Colombia

 

_____________________________________________________________________________________

 

Faire de nouveaux pas

 

Sebastian Hasse

Sebastian Hasse a croisé le chemin d’I&C grâce à différentes rencontres qui l'ont motivé à se former à la médiation et à rejoindre le Programme de Caux pour la paix et leadership en 2019. Il vit maintenant à Paris. 

I&C est une communauté de personnes engagées, de cultures et de régions différentes, qui s'est développée au fil des décennies. Cette communauté n'est pas exempte de tensions. Mais la confiance, la compréhension et le souci de l'autre prennent toujours le dessus.

Je me suis fixé pour tâche de renforcer encore cette cohésion interne, car je suis convaincu que les défis auxquels l'humanité est confrontée ne peuvent être relevés que sur la base de communautés fortes et saines, composées de personnes engagées et désintéressées ayant une solide estime d'elles-mêmes.

Inspiré par mes expériences à Caux et dans le cadre du CPLP, j'ai décidé de contribuer à la préservation de la communauté I&C de deux manières.

Tout d'abord, j'ai quitté mon pays natal, l'Allemagne, afin de découvrir d'autres communautés locales d’I&C dans le monde et de travailler avec elles sur leurs projets respectifs. Je vis maintenant en France, à Paris, où j'ai été chaleureusement accueilli. J'espère pouvoir me faire un aperçu du programme de renforcement de la confiance ici et apprendre le français, ce qui me permettra d'améliorer plus facilement mes réseaux et mes communications au sein du réseau international d'I&C.

Deuxièmement, j’ai rejoint l'équipe organisatrice du Hub I&C, dont l'objectif principal est de renforcer la cohésion interne. Ce qui est particulier pour moi dans le travail au sein de cette équipe, ce sont les liens personnels que j'établis avec des personnes toutes très différentes à travers le monde.

 

_____________________________________________________________________________________

 

Au service des autres

 

Odette SolísOdette Solis est mexicaine. Elle a participé au Programme de Caux pour la paix et le leadership (CPLP) en 2018. Elle nous livre son experience: 

Je suis graphiste, passionnée par la responsabilité sociale. L'expérience du CPLP a été pour moi un cadeau arrivé juste au bon moment. Je venais d’obtenir mon diplôme universitaire et essayais d’appliquer ce que j’avais appris.

J'ai commencé ma carrière en tant que directrice d'une association à but non lucratif appelée Soñar Despierto, puis, en 2019, je suis devenue cheffe de projet chez Endor, une agence de publicité et de design. En 2020, j'ai participé en tant que designer à Ensamble Artesano, un projet de la Fundación Haciendas del Mundo Maya où nous avons relancé l'activité économique de plus de 2 700 artisan-e-s à travers le Mexique.

Les expériences personnelles, celles vécues dans le cadre universitaire ou professionnel au Chili, en Espagne, en Suisse et au Costa Rica ont fait de moi la personne que je suis aujourd'hui et m'ont ouvert les yeux sur le fait que le monde a besoin d’hommes et de femmes leaders animé-e-s par la volonté d’avoir un impact positif.

La responsabilité sociale et le service aux autres ont constitué une part importante de mon expérience au CPLP. Cela m'a aidé à confirmer que je voulais mettre ma profession au service des autres. J'ai rencontré des personnes merveilleuses, porteuses de projets incroyables, et qui ont été une source d'inspiration dans ma vie.

Depuis, j'ai créé le compte Grax Vida sur Instagram. Pendant les confinements liés à la COVID-19 en 2020, j'ai activé une campagne appelée Help from Home, qui a pu procurer des boîtes remplies de dons à plus de 5 000 familles yucatèques.

 

Odette Solis CPLP Talks

 

Actuellement, je suis cheffe de projet pour la Fondation Palace au Yucatán. Je suis responsable du Refettorio Mérida, une soupe populaire qui cherche à nourrir non seulement les corps mais aussi les âmes des personnes vivant dans des situations de vulnérabilité. Nous gérons également la Casa de Vida Independiente, une résidence pour les jeunes femmes qui ne disposent pas de réseaux de soutien familial ou de ressources financières.

Je serai toujours reconnaissante de cette chance que j’ai eue de faire partie de l’aventure aussi extraordinaire qu’est le CPLP et je m'engage à essayer de transmettre toutes les belles choses que j’y ai puisées. 

 

 

 

 

Job Offer
Off

sur le même thème

CPLP Talks 8 Tema

Refaire le monde : Des expériences de l'Eswatini et de la Colombie

La huitième édition des CPLP Talks fait la part belle au courage dont font preuve les ancien-ne-s du Programme de Caux pour la paix et le leadership (CPLP) afin de relever les défis auxquels le monde ...

Zeindab Dilati

Un voyage et non une destination

Un an après l'explosion dévastatrice de Beyrouth, nous rencontrons Zeinab Dilati (également connue sous le nom de Zee) qui a participé au Programme de Caux pour la paix et le leadership en 2017, 20...

Valentina CPLP Talks 6

« Comment parler de paix ? »

« Comment parler de paix dans ce qui ressemble au pays le plus inégalitaire d'Amérique latine ? Comment générer un développement social et durable dans un pays où la guerre interne fait rage depuis pl...

Manuela Garay 2021

« J'ai le sentiment de contribuer à un monde meilleur. »

Manuela Garay du Canada a participé au Programme de Caux pour la paix et le leadership en 2017 et réfléchit à l'impact que sa participation a eu sur elle et sur sa perspective de la vie et des autres ...

We love from Packages

We Love From: Avoir un effet positif sur la vie de quelqu'un d'autre

« Je n'aurais jamais pensé qu'avec une simple feuille de papier, un crayon et un peu de temps, on pouvait vraiment avoir un effet positif sur la vie de quelqu'un d'autre. » - Georgina Flores et Lorena...

Une question me hantait : « Suis-je en sécurité ? »

« J'aimerais que notre monde dispose de plus d'espaces sûrs pour les femmes et les hommes, afin de travailler ensemble à la construction de communautés au sein desquelles chacun-e puisse se sentir en ...

Men, Paula Mariane 2019.jpg

Une discussion entre hommes autour des thématiques de la dynamique des genres et de la sécurité

Comment pouvons-nous tous contribuer à créer un sentiment de sécurité pour tous au sein de nos communautés ? L'équipe de CPLP Talks a organisé un espace de dialogue où elle a demandé aux hommes leur ...

CPLP Tino

Etre bien dans ma peau

« C’est désormais une autre image que je vois de moi dans le miroir, Je me sens de plus en plus à l'aise dans ma peau. » - Tinotenda Dean Nyota est originaire de Gweru, au Zimbabwe et participe en 201...

CPLP Charlotte Rémié

Le meilleur de deux cultures

« J’avais de la chance de pouvoir prendre le meilleur de ces deux cultures. » - Charlotte Rémié a découvert Initiatives et Changement pour la première fois en 2012 grâce à ses parents. C’est pourtant...

CL Maria Romero Project Colombia hut

A vous de trouver votre propre style de leadership

« J'ai réalisé que je pouvais m’engager et agir pour un monde meilleur. » - C’est lors de sa participation au Caux Interns Programme (aujourd'hui connu comme Programme de Caux pour la paix et le leade...

Abeda Nasrat CPLP

«Afghanistan m'a donné des racines et le Danemark des ailes»

Abeda Nasrat est âgée de deux ans lorsqu’elle arrive au Danemark en tant que réfugiée afghane. Actuellement, elle étudie le droit à l'université de Copenhague et travaille comme étudiante assistante à...

Sebastian Hasse CPLP

Culture, origines et liberté

"La rencontre de personnes ayant des racines culturelles différentes des miennes m'a questionné et m'a submergé à maintes reprises. Mais ce sont précisément ces rencontres qui m'ont permis de grandir ...

Harshani Bathwadana Sri Lanka

Avoir le courage d'apporter de l'espoir

Originaire du Sri Lanka, Harshani Bathwadana raconte comment elle a trouvé le courage d'apporter de l'espoir à des milliers de jeunes filles en contribuant à leur éducation....

Redempta CPLP Talks 1

Libérer les filles pour qu'elles puissent étudier

«Il y a un acte de compassion qui continue à avoir une influence immense sur mon existence.» -Originaire de Nakuru au Kenya, Redempta Muibu raconte comment sa participation en 2015 au programme de Cau...


Refaire le monde : Des expériences de l'Eswatini et de la Colombie

Caux Peace and Leadership Talks 8

11/11/2021
Featured Story
Off
Caux Peace and Leadership Talks 8

 

La huitième édition des CPLP Talks fait la part belle au courage dont font preuve les ancien-ne-s du Programme de Caux pour la paix et le leadership (CPLP) afin de relever les défis auxquels le monde est confronté. Voici quelques-unes des initiatives prises par des ancien-ne-s participant-e-s originaires d'Eswatini et de Colombie. 

 

Se tenir debout et faire entendre sa voix

 

Tema portrait

Temantungwa Ndlangamandla, est originaire du Royaume d'Eswatini. En 2017, elle participe au CPLP. Elle vit actuellement à Taïwan et nous livre son témoignage :

Le 29 juin, je me suis réveillée en apprenant que mon pays brûlait. Le Royaume d'Eswatini, un pays pourtant connu pour sa stabilité et l'absence de conflit ouvert, était tout à coup sur le point de sombrer dans le chaos. 

Pour la première fois de notre histoire, nous avons assisté à des meurtres et des mutilations brutales de civil-e-s non armé-e-s. Les fusillades ont eu lieu durant toute la journée et toute la nuit. Au petit matin, le pays tout entier était maculé de rouge. Eswatini saignait. La terreur et les traumatismes envahissaient les maisons.

Je me suis demandé : « Quelle est la prochaine étape pour le royaume d'Eswatini ? Oublions-nous les personnes tuées et blessées ? Espérons-nous simplement que si nous ne faisons rien et prions, l'histoire ne retiendra jamais cette tragédie ? ». Puis je me suis demandé : « Que dois-je faire ensuite ? Est-ce que je suis témoin de cette situation et je prie pour qu'elle disparaisse ? Ou est-ce que je me lève et m'exprime pour essayer d'amplifier la voix des personnes touchées ? »

Les temps de réflexion personnelle que j’ai appris à prendre grâce au CPLP, m'ont aidée à voir clairement où était ma mission et où je pouvais être le plus utile.

Que dois-je faire ensuite ? Est-ce que je suis témoin de cette situation et je prie pour qu'elle disparaisse ? Ou est-ce que je me lève et m'exprime?

Aussi difficile et long que soit le voyage, la justice transformatrice est une aspiration qui mérite d'être poursuivie. Un groupe d'hommes et de femmes originaires d’Emaswati s'est donc créé à Taïwan et une équipe, que j’ai l’honneur de présider, s’est mise en place. Notre mission est de soutenir et d'amplifier les voix des Swazis dans leur marche vers la qualité de vie et le changement durable. 

Nous avons fait des dons à des organisations sur le terrain et nous nous sommes associé-e-s à des travailleurs sociaux et à des travailleuses sociales pour venir en aide aux enfants blessés par des balles perdues. Nous nous sommes associé-e-s à des écrivain-e-s et poètes swazi-e-s pour partager leurs expériences vécues en Eswatini. Nous nous sommes également associé-e-s à des artistes pour que l'art devienne une forme de plaidoyer. Cela nous a permis de mieux comprendre les complexités du travail sur le terrain. Nous avons également commencé à nous associer à des organisations à Taïwan afin de sensibiliser le public à la situation de l’Eswatini.

Comment donc pouvons-nous contribuer à refaire le monde ? Commençons par prendre le temps de réfléchir et de dénoncer les injustices qui se produisent autour de nous. Nous devons nous tenir aux côtés des populations d'Afghanistan, du Zimbabwe, du Congo et de tous ces autres pays où les droits humains sont bafoués. Caux m'a inspirée. J’ose mobiliser mes forces un monde dans lequel la paix est possible, où chacun peut vivre en sécurité.

 

_____________________________________________________________________________________

 

Rompre l'isolement

 

Colombian Youth poster CPLP Talks 8

Les ancien-ne-s participant-e-s du Programme de Caux pour la paix et le leadership (CPLP) en Colombie décrivent dans ces termes la réponse qu’ils et elles ont apportée aux troubles qui ont éclaté dans leur pays en avril dernier en réaction aux divisions économiques et politiques, et aggravées par la pandémie : 

La Colombie est l'un des pays les plus inégalitaires au monde. Nous avons vécu plus de 50 ans de conflit armé.

En avril dernier, des manifestations ont éclaté dénonçant les réformes fiscales, avec pour protagonistes les jeunes des classes inférieures. En réponse, l'État a fait un usage excessif de la force et les violations des droits humains se sont multipliées.

Les ancien-ne-s participant-e-s au CPLP en Colombie se sont réuni-e-s pour créer un espace de dialogue, le Youth Beyond Borders Forum, où nous avons pu entendre le message des jeunes des écoles publiques de Bogota. Nous voulions créer un espace sûr, afin que ces jeunes ne se sentent pas isolé-e-s. 

Le Forum a eu lieu en mai. Il a offert aux jeunes l'occasion de rencontrer deux ancien-ne-s du CPLP, Antoine Chelala (Liban) et Lorena Mier y Terán (Mexique), qui ont tous deux présenté des actions initiées pour insuffler des changements dans leurs pays respectifs. Ismar Villavicencio, qui fait partie de l'équipe de soutien aux échanges internationaux d'I&C en Amérique latine, nous a rejoints depuis l'Uruguay. 

Le Forum nous a permis de nous connecter de manière nouvelle aux émotions générées par la situation en Colombie et a également mis les jeunes en contact avec la communauté de soutien qu’est Caux.

Les jeunes Colombien-ne-s recevront bientôt des lettres pleines d’empathie et de soutien, action orchestrée par We Love From, une initiative menée par des ancien-ne-s du CPLP/Creative Leadership du Mexique.

Our intention was to create a safe meeting place so that young people would not feel isolated.

 

Job Offer
Off

sur le même thème

CPLP Talks 8 square article 2

Refaire le monde : Des expériences du Mexique, de l'Allemagne et de la Colombie

Découvrez les initiatives inspirantes des ancien-ne-s participant-e-s du Programme de Caux pour la paix et le leadership, originaires du Mexique, de la Colombie et d'Allemagne....

Zeindab Dilati

Un voyage et non une destination

Un an après l'explosion dévastatrice de Beyrouth, nous rencontrons Zeinab Dilati (également connue sous le nom de Zee) qui a participé au Programme de Caux pour la paix et le leadership en 2017, 20...

Valentina CPLP Talks 6

« Comment parler de paix ? »

« Comment parler de paix dans ce qui ressemble au pays le plus inégalitaire d'Amérique latine ? Comment générer un développement social et durable dans un pays où la guerre interne fait rage depuis pl...

Manuela Garay 2021

« J'ai le sentiment de contribuer à un monde meilleur. »

Manuela Garay du Canada a participé au Programme de Caux pour la paix et le leadership en 2017 et réfléchit à l'impact que sa participation a eu sur elle et sur sa perspective de la vie et des autres ...

We love from Packages

We Love From: Avoir un effet positif sur la vie de quelqu'un d'autre

« Je n'aurais jamais pensé qu'avec une simple feuille de papier, un crayon et un peu de temps, on pouvait vraiment avoir un effet positif sur la vie de quelqu'un d'autre. » - Georgina Flores et Lorena...

Une question me hantait : « Suis-je en sécurité ? »

« J'aimerais que notre monde dispose de plus d'espaces sûrs pour les femmes et les hommes, afin de travailler ensemble à la construction de communautés au sein desquelles chacun-e puisse se sentir en ...

Men, Paula Mariane 2019.jpg

Une discussion entre hommes autour des thématiques de la dynamique des genres et de la sécurité

Comment pouvons-nous tous contribuer à créer un sentiment de sécurité pour tous au sein de nos communautés ? L'équipe de CPLP Talks a organisé un espace de dialogue où elle a demandé aux hommes leur ...

CPLP Tino

Etre bien dans ma peau

« C’est désormais une autre image que je vois de moi dans le miroir, Je me sens de plus en plus à l'aise dans ma peau. » - Tinotenda Dean Nyota est originaire de Gweru, au Zimbabwe et participe en 201...

CPLP Charlotte Rémié

Le meilleur de deux cultures

« J’avais de la chance de pouvoir prendre le meilleur de ces deux cultures. » - Charlotte Rémié a découvert Initiatives et Changement pour la première fois en 2012 grâce à ses parents. C’est pourtant...

CL Maria Romero Project Colombia hut

A vous de trouver votre propre style de leadership

« J'ai réalisé que je pouvais m’engager et agir pour un monde meilleur. » - C’est lors de sa participation au Caux Interns Programme (aujourd'hui connu comme Programme de Caux pour la paix et le leade...

Abeda Nasrat CPLP

«Afghanistan m'a donné des racines et le Danemark des ailes»

Abeda Nasrat est âgée de deux ans lorsqu’elle arrive au Danemark en tant que réfugiée afghane. Actuellement, elle étudie le droit à l'université de Copenhague et travaille comme étudiante assistante à...

Sebastian Hasse CPLP

Culture, origines et liberté

"La rencontre de personnes ayant des racines culturelles différentes des miennes m'a questionné et m'a submergé à maintes reprises. Mais ce sont précisément ces rencontres qui m'ont permis de grandir ...

Harshani Bathwadana Sri Lanka

Avoir le courage d'apporter de l'espoir

Originaire du Sri Lanka, Harshani Bathwadana raconte comment elle a trouvé le courage d'apporter de l'espoir à des milliers de jeunes filles en contribuant à leur éducation....

Redempta CPLP Talks 1

Libérer les filles pour qu'elles puissent étudier

«Il y a un acte de compassion qui continue à avoir une influence immense sur mon existence.» -Originaire de Nakuru au Kenya, Redempta Muibu raconte comment sa participation en 2015 au programme de Cau...


2003 : Burundi - Dix ans de dialogue politique

Par Frédéric Chavanne

05/11/2021
Featured Story
Off
Par Frédéric Chavanne

 

Entre 2003 et 2013, Caux a été le théâtre de sept dialogues politiques entre des dirigeants burundais profondément divisés. Ils ont réuni des représentants de partis politiques et de mouvements rebelles armés, d'anciens présidents de la République, des chefs religieux et des militants de la société civile. Ces rencontres étaient confidentielles et discrètes, souvent en dehors de la grande saison estivale des conférences.

Michel Kipoke
Michel Kipoké

L'objectif de ces rencontres était de libérer le Burundi de la guerre civile - et d'y parvenir en préparant les esprits, en rassemblant les gens. Il s'agissait d'inciter les gens à examiner leurs motivations et leurs attitudes, à guérir les blessures du passé, à se libérer de leurs peurs et à montrer leur propre vulnérabilité. Les animateurs ne proposaient pas de solutions ni même de dialogue, mais cherchaient plutôt, avec les protagonistes, ce qu'il fallait faire pour apporter des solutions durables.

Bonaventure Nkeshimana
Bonaventure Nkeshimana

Ces tables rondes et séminaires ont été l'aboutissement d'un long processus qui a débuté en 2000. Leurs architectes étaient Thomas Ntambu et Michel Kipoké de la République démocratique du Congo et Bonaventure Nkeshimana du Burundi. Patiemment et méthodiquement, ils ont rencontré en tête-à-tête des personnes issues des différents bords de l'échiquier politique et ont établi des relations de confiance.

Thomas Ntambu
Thomas Ntambu

Thomas Ntambu était un ancien officier militaire - qui avait fait partie d'un groupe politico-militaire visant à renverser la dictature de Mobutu - un avocat, et maintenant un expert en consolidation de la paix. Après sa rencontre avec Initiatives et Changement (IofC), il dit des rebelles : « Nous avions dans nos rangs les mêmes problèmes que ceux que nous dénoncions : rêves de pouvoir, villas, voitures de luxe, femmes ». Il a compris que sans un changement de comportement, toute révolution serait décevante. Il a trouvé l'espoir que les gens peuvent changer.

Michel Kipoké, avocat, était très sollicité par les grands médias pour ses talents de débatteur. Il dit que c'est au sein d'IofC qu'il a appris à écouter. « Le plus important n'est pas ce que nous avons à dire à nos partenaires, mais ce qu'ils ont à nous dire », a-t-il déclaré. « Avec l'écoute, la bienveillance et l'humilité face à ses propres limites, un nouvel état d'esprit s'installe. » Il aimait à dire : « Caux ne résout pas les problèmes, mais crée l'atmosphère qui permet de les résoudre ». Le plus important n'est pas ce que nous avons à dire à nos partenaires, mais ce qu'ils ont à nous dire.

Le plus important n'est pas ce que nous avons à dire à nos partenaires, mais ce qu'ils ont à nous dire.

Bonaventure Nkeshimana, ancien maire d'un quartier hutu de Bujumbura, la capitale du Burundi, était l'homme de contact avec toutes les parties prenantes.

Aldo Ajello, représentant de l'Union européenne pour la région des Grands Lacs, est venu rencontrer les délégués burundais lors de la première table ronde en mars 2003. A la fin, il a parlé du « miracle de Caux ». Dans son rapport, il affirme que « le colloque organisé par IofC a manifestement réussi à briser la glace entre les belligérants burundais ».

 

Seminar Burundi 2012
Participants à la première table ronde de Caux, mars 2003 (de gauche à droite) : le vice-président du mouvement rebelle Palipehutu-FNL, un officier de l'armée, Thomas Ntambu, un ministre du gouvernement burundais, Michel Kipoké et devant un représentant du mouvement rebelle CNDD-FDD et le président du parti politique Frodebu.

 

Au printemps 2003, deux leaders du mouvement rebelle armé CNDD-FDD ont déclaré que leur présence à la table ronde de Caux avait été décisive pour leur permettre de sortir du conflit armé et de réintégrer le processus politique.

Caux ne résout pas les problèmes, mais crée l'atmosphère qui permet de les résoudre.

En juin 2003, une autre table ronde a été organisée pour poursuivre le dialogue entre le gouvernement burundais et le Palipehutu-FNL, le mouvement rebelle le plus radical encore actif sur le terrain (voir photo du haut, avec les représentants du gouvernement et de l'armée à gauche et la délégation du mouvement rebelle à droite, avec des bonnets rouges devant eux).

Il a ensuite fallu plus de trois ans de soutien aux dirigeants du Palipehutu-FNL pour les aider à sortir de leur logique de guerre. En septembre 2006, ils ont signé un accord de cessez-le-feu.

 

Round Table Burundi 22 April 2007
Participant-e-s à la table ronde de Caux, avril 2007, avec le représentant du gouvernement burundais (troisième à partir de la droite) et à sa droite l'ancien président du Burundi, Syvestre Ntibantuganya.

 

Dans son rapport d'octobre 2012 sur la situation au Burundi, le célèbre International Crisis Group notait que la table ronde de Caux cette année-là avait permis de poser « les bases d'un dialogue entre l'opposition et le parti au pouvoir ».

Le Département fédéral des affaires étrangères suisse a assuré la majeure partie du financement de ce travail d'accompagnement et des tables rondes.

 

En savoir plus sur le processus de consolidation de la paix

 

Seminar Burundi 2012
Table ronde, Caux 2012

 

_________________________________________________________________________________________________________________________________

 

Cette histoire fait partie de notre série « 75 ans de récits » qui célèbre le 75ème anniversaire de l'I&C Suisse avec une histoire pour chaque année, de 1946 à 2021. Chaque histoire raconte comment une personne a trouvé l'inspiration et une nouvelle direction à Caux. Si vous souhaitez raconter votre histoire ou celle d'une personne que vous connaissez, merci d’envoyer vos idées par e-mail à John Bond ou Yara Zhgeib. Si vous souhaitez savoir plus sur les premières années d'Initiatives et Changement et sur le centre de conférence de Caux, cliquez ici et visitez la plateforme For A New World.

 

 

Event Categories
75 stories 75th anniversary
Job Offer
Off

sur le même thème

This is us square 8.png

75 Years of Stories: Meet the team!

When we launched the 75 Years of Stories series in February 2021 about 75 years of encounters at the Initiatives of Change conference centre in Caux, we had no idea what an adventure we had embarked o...

Caux in snow 2021 credit Cindy Bühler

2021: Initiatives of Change Switzerland – Opening Caux’s doors to a new chapter

As our series of 75 stories for 75 years of the Initiatives of Change conference centre in Caux draws to an end, the President of Initiatives of Change Switzerland, Christine Beerli, and its two Co-Di...

Aad Burger

2020: Aad Burger – Struck by a virus

In 2020, the Caux Forum went online in response to the pandemic. Its organizers found that this made Caux accessible to people all over the world who could not have taken part in normal circumstances....

Marc Isserles 2017

2019: Marc Isserles – ‘We must save the children’

During World War II, the Caux Palace (later the Initiatives of Change conference centre in Switerland) provided a refuge for Jews fleeing the Shoah. Over the years, some of them – or their descendants...

Wael Broubaker climate actionist

2018: Wael Boubaker – ‘Climate change should be top top top priority’

When Tunisian economics graduate Wael Boubaker joined the Caux Peace and Leadership Programme (CPLP) in 2018, he expected a conference which would look good on his CV, and some beautiful scenery. Inst...

Tanaka Mhunduru CPLP

2017: Tanaka Mhunduru – A home for the world

Tanaka Mhunduru from Zimbabwe is one of the organizers of the Caux Peace and Leadership Programme (CPLP), a one-month programme for young people from around the world. He first took part in 2017....

Diana Damsa Winter Gathering 2016

2016: Diana Damsa – ‘It made me feel I counted’

The Winter Gathering of 2016 was a special experience for Diana Damsa – not just because she experienced Caux in winter, but also because, for the first time in eight years, she had no responsibilitie...

Philippe and Liseth Lasserre

2015: Lisbeth Lasserre – ‘The richness in art’

Lisbeth Lasserre came from Winterthur, where her grandparents, Hedy and Arthur Hahnloser, had built up a private collection of art at their home, Villa Flora. Amongst their artist friends were Bonnard...

Catherine Guisan

2014: Catherine Guisan – Europe’s Unfinished Business

Catherine Guisan is Visiting Associate Professor at the University of Minnesota, USA. She has written two books on the ethical foundations of European integration. In 2014 she spoke at Caux’s first se...

Tom Duncan

2013: Tom Duncan – Restoring a healthy planet

2013 saw the first full-length Caux Dialogues on Land and Security (CDLS). These events, which took place at the Caux Conference and Seminar Centre, focus on the links between sustainable land managem...

Merel Rumping

2012: Merel Rumping – Going out on a limb

When Merel Rumping from the Netherlands first visited Caux in 2012, she had a goal in mind – ‘to explore how I could contribute to a more just world through my professional activities’....

Lucette Schneider

2011: Lucette Schneider – Choices which make the magic of Caux

For many years, Lucette Schneider from Switzerland organized the team which gathered in the early mornings to wash, peel and chop vegetables for the kitchens of the Caux conference centre. ...

Mohan Bhagwandas 2003

2010: Mohan Bhagwandas – Addressing the crisis of integrity

Mohan Bhagwandas is all too aware of his carbon footprint. In the 13 years from 2006 to 2019, he flew 17 times from his home city of Melbourne, Australia, to Switzerland to take part in the Caux confe...

Rajmohan Gandhi 2011 Caux Forum Human Security

2009: Rajmohan Gandhi – Bridges between India and Pakistan

25 distinguished Indians and Pakistanis came to Caux in 2009 with the aim of building bridges between their countries. The man who initiated the gathering was Rajmohan Gandhi, a grandson of Mahatma Ga...

Iman Ajmal Masroor

2008: Learning to be a Peacemaker – ‘An eye-opener to the world’

2008 saw the launch of an unusual course on Islam’s approach to peacemaking for young Muslims and non-Muslims, devised by Imam Ajmal Masroor from the UK. The course’s coordinator, Peter Riddell, descr...


2002: Erika Utzinger - 200 mètres d'histoire

29/10/2021
Featured Story
Off

 

Les archives du Centre de conférences et de séminaires de Caux, désormais détenues par le canton of Vaud, sont une source inépuisable d'informations précieuses. L'archiviste suisse Eliane Stallybrass décrit le travail de préservation de l'histoire de Caux pour l'avenir, qui a commencé par la détermination d'une femme.

Erica Utzinger and her husband Beni working in the archives
Erika and her husband Beni working in the archives

Erika Utzinger (photo du haut dans le pull-over vert clair) ne faisait pas beaucoup de bruit. Elle n'a probablement jamais pris la parole depuis l'estrade du Caux Palace, mais son travail a mis le Centre de conférences et de séminaires de Caux sur la carte pour les générations à venir.

En tant que collaboratrice à plein temps du Réarmement moral (aujourd'hui Initiatives et Changement/I&C), elle a effectué des travaux de secrétariat pour plusieurs personnes (des hommes !) pendant de nombreuses années. Quand elle a vu tous les documents et papiers qu'ils manipulaient elle fut convaincue qu'il ne fallait pas les laisser perdre.

En 1961, elle a commencé à rassembler tous les documents écrits sur lesquels elle pouvait mettre la main : lettres, rapports, journaux...

Elle a trouvé un endroit dans le couloir du troisième étage, à côté des bureaux, pour stocker ces documents. Serge Borel, de Suisse, l'a aidée en construisant des étagères et un système de dossiers suspendus, qu'elle a étiquetés. Elle a commencé à ranger chaque papier au bon endroit, par année, par sujet, par personne. C'est un travail énorme. Elle a suivi un cours sur la gestion des archives. Patiemment, année après année, elle a rassemblé tout ce qui traînait, créant ainsi un fonds extraordinaire de matériel très international.

Elle ne faisait pas beaucoup de bruit. Mais son travail a mis le Centre de conférences et de séminaires de Caux sur la carte pour les générations à venir.

Archives Eliane Cyril Brian
Eliane Stallybrass, Cyril Michaud (en milieu) et Brian Thirlaway (à droite) dans les archives

 

Ce n'était pas toujours facile pour elle. Les gens ne comprenaient pas pourquoi elle faisait cela. Il semblait plus important de s'occuper du présent que du passé. Mais lorsqu'ils avaient besoin d'un document, beaucoup se rendaient aux archives et se servaient, au grand désespoir d'Erika.

Micheline Tripet,
Micheline Tripet

En 1997, j'ai quitté mon travail à plein temps avec IofC et j'ai cherché un emploi. C'était difficile. Mais l'archiviste de la ville de Genève, Micheline Tripet, qui avait travaillé avec le Réarmement moral à ses débuts à Caux, m'a aidée à trouver un emploi consistant à trier des papiers pour une famille genevoise bien connue.

Au début, je n'étais pas très enthousiaste. Les archives étaient de vieux papiers entreposés dans un endroit étouffant ! Mais j'ai découvert combien cela pouvait être fascinant. Un des pionniers d'IofC en Suisse, Daniel Mottu, m'a également demandé de m'occuper de ses papiers.

Je me suis donc intéressée aux archives de Caux et j'ai visité l'endroit où Erika travaillait si assidûment. Elle espérait que je prenne sa relève. J'ai dû la décevoir. Puis Micheline nous a suggéré de donner nos archives aux Archives cantonales vaudoises (ACV). Nous ne savions pas du tout que c'était possible.

Au début, je n'étais pas très enthousiaste. Les archives étaient de vieux papiers entreposés dans un endroit étouffant ! Mais j'ai découvert combien cela pouvait être fascinant.

Nous avons donc invité le directeur des ACV, Gilbert Coutaz, à Caux. Il a regardé les mètres de dossiers suspendus et a dit qu'il prendrait le lot. Erika et moi avons donc passé deux ans à indexer tous les documents selon les règles de l'ACV et avons finalement donné les 160 premiers mètres linéaires aux Archives vaudoises en 2002.

 

Moving the Caux archives
Déménagement d'une partie des archives de Caux à Lausanne

 

Un bel événement a eu lieu en présence des autorités locales et Erika a été dûment remerciée. Gilbert Coutaz a déclaré : "Le Réarmement moral revient en terre vaudoise". Cornelio Sommaruga, alors président de la Fondation suisse d'Initiatives et Changement, avait soutenu le projet et l'a salué comme une preuve de la volonté d'ouverture et de transparence d'IofC.

Nous avons maintenant atteint les 200 mètres, et ce n'est pas fini. Lorsque Gilbert Coutaz a découvert que nous avions des films, des enregistrements de réunions, les paroles et la musique de 548 chansons, et bien d'autres choses encore, il nous a encouragés à tout donner. Maintenant, je m'occupe des photos, ce qui est parfois un casse-tête, car beaucoup d'entre elles ne comportent aucun détail sur leur auteur, leur date de prise de vue et les noms des personnes photographiées !

 

Archives Cyril Thesis 2021
Cyril Michaud soutient sa thèse de doctorat, 2021

 

Mais nous voyons déjà les fruits de ce travail. Plusieurs étudiants ont fait des recherches sur le Réarmement moral dans les Archives vaudoises. Le dernier en date est Cyril Michaud, qui vient de terminer sa thèse de doctorat sur " Le Réarmement moral sur le sol suisse. De 1932 à 1969". Il s'agit de la première de deux thèses financées par le Fonds fédéral suisse pour la recherche scientifique. La seconde, d'Audrey Bonvin, couvre la période à partir de 1970 et sera présentée dans quelques semaines.

Initiatives et Changement et le Centre de conférences et de séminaires de Caux entrent véritablement dans l'histoire.

 

Archives article 28 February 2002 in "24 heures"
Article de presse sur le don des archives dans 24 heures, 28 février 2002 : « Donation d'intérêt mondial »

 

_________________________________________________________________________________________________________________________________

 

Cette histoire fait partie de notre série « 75 ans de récits » qui célèbre le 75ème anniversaire de l'I&C Suisse avec une histoire pour chaque année, de 1946 à 2021. Chaque histoire raconte comment une personne a trouvé l'inspiration et une nouvelle direction à Caux. Si vous souhaitez raconter votre histoire ou celle d'une personne que vous connaissez, merci d’envoyer vos idées par e-mail à John Bond ou Yara Zhgeib. Si vous souhaitez savoir plus sur les premières années d'Initiatives et Changement et sur le centre de conférence de Caux, cliquez ici et visitez la plateforme For A New World.

 

  • Photos: Initiatives et Changement et Eliane Stallybrass
  • Article journal: 24 heures (28 février 2002)

 

Event Categories
75 stories 75th anniversary
Job Offer
Off

sur le même thème

This is us square 8.png

75 Years of Stories: Meet the team!

When we launched the 75 Years of Stories series in February 2021 about 75 years of encounters at the Initiatives of Change conference centre in Caux, we had no idea what an adventure we had embarked o...

Caux in snow 2021 credit Cindy Bühler

2021: Initiatives of Change Switzerland – Opening Caux’s doors to a new chapter

As our series of 75 stories for 75 years of the Initiatives of Change conference centre in Caux draws to an end, the President of Initiatives of Change Switzerland, Christine Beerli, and its two Co-Di...

Aad Burger

2020: Aad Burger – Struck by a virus

In 2020, the Caux Forum went online in response to the pandemic. Its organizers found that this made Caux accessible to people all over the world who could not have taken part in normal circumstances....

Marc Isserles 2017

2019: Marc Isserles – ‘We must save the children’

During World War II, the Caux Palace (later the Initiatives of Change conference centre in Switerland) provided a refuge for Jews fleeing the Shoah. Over the years, some of them – or their descendants...

Wael Broubaker climate actionist

2018: Wael Boubaker – ‘Climate change should be top top top priority’

When Tunisian economics graduate Wael Boubaker joined the Caux Peace and Leadership Programme (CPLP) in 2018, he expected a conference which would look good on his CV, and some beautiful scenery. Inst...

Tanaka Mhunduru CPLP

2017: Tanaka Mhunduru – A home for the world

Tanaka Mhunduru from Zimbabwe is one of the organizers of the Caux Peace and Leadership Programme (CPLP), a one-month programme for young people from around the world. He first took part in 2017....

Diana Damsa Winter Gathering 2016

2016: Diana Damsa – ‘It made me feel I counted’

The Winter Gathering of 2016 was a special experience for Diana Damsa – not just because she experienced Caux in winter, but also because, for the first time in eight years, she had no responsibilitie...

Philippe and Liseth Lasserre

2015: Lisbeth Lasserre – ‘The richness in art’

Lisbeth Lasserre came from Winterthur, where her grandparents, Hedy and Arthur Hahnloser, had built up a private collection of art at their home, Villa Flora. Amongst their artist friends were Bonnard...

Catherine Guisan

2014: Catherine Guisan – Europe’s Unfinished Business

Catherine Guisan is Visiting Associate Professor at the University of Minnesota, USA. She has written two books on the ethical foundations of European integration. In 2014 she spoke at Caux’s first se...

Tom Duncan

2013: Tom Duncan – Restoring a healthy planet

2013 saw the first full-length Caux Dialogues on Land and Security (CDLS). These events, which took place at the Caux Conference and Seminar Centre, focus on the links between sustainable land managem...

Merel Rumping

2012: Merel Rumping – Going out on a limb

When Merel Rumping from the Netherlands first visited Caux in 2012, she had a goal in mind – ‘to explore how I could contribute to a more just world through my professional activities’....

Lucette Schneider

2011: Lucette Schneider – Choices which make the magic of Caux

For many years, Lucette Schneider from Switzerland organized the team which gathered in the early mornings to wash, peel and chop vegetables for the kitchens of the Caux conference centre. ...

Mohan Bhagwandas 2003

2010: Mohan Bhagwandas – Addressing the crisis of integrity

Mohan Bhagwandas is all too aware of his carbon footprint. In the 13 years from 2006 to 2019, he flew 17 times from his home city of Melbourne, Australia, to Switzerland to take part in the Caux confe...

Rajmohan Gandhi 2011 Caux Forum Human Security

2009: Rajmohan Gandhi – Bridges between India and Pakistan

25 distinguished Indians and Pakistanis came to Caux in 2009 with the aim of building bridges between their countries. The man who initiated the gathering was Rajmohan Gandhi, a grandson of Mahatma Ga...

Iman Ajmal Masroor

2008: Learning to be a Peacemaker – ‘An eye-opener to the world’

2008 saw the launch of an unusual course on Islam’s approach to peacemaking for young Muslims and non-Muslims, devised by Imam Ajmal Masroor from the UK. The course’s coordinator, Peter Riddell, descr...


2001 : Cornelio Sommaruga - « Grüss Gott »

26/10/2021
Featured Story
Off

 

Au début du siècle, Cornelio Sommaruga a été président de la Fondation de Caux, puis d'IofC International. Andrew Stallybrass a travaillé à ses côtés à Genève. Il écrit :

J'ai rencontré Cornelio Sommaruga pour la première fois lors d'un dîner privé. Il était alors à la tête du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et revenait tout juste de Cuba, où il avait rencontré Fidel Castro, au milieu de la nuit, juste avant de partir.

 

Sommaruga in Somalia while President of the ICRC credit ICRC Pierre Boussel
Avec des enfants en Somalie alors qu'il était président du CICR

 

En 1999, après avoir quitté la Croix-Rouge, il est devenu président de la Fondation de Caux. Il a joué un rôle important dans le changement de nom de Réarmement moral en Initiatives et changement (IofC) en 2001 et dans la création en 2002 d'IofC International, dont il est devenu le premier président.

Son engagement en faveur d'IofC et des conférences de Caux, en particulier celles relatives à la sécurité humaine, a conduit beaucoup de personnes dans les milieux internationaux à réévaluer ce mouvement difficile à classer. Plusieurs fois à Genève, j'ai entendu des gens dire : « Si Cornelio est impliqué, il faut que je reconsidère les choses ».

Si Cornelio est impliqué, il faut que je reconsidère les choses.

Nous travaillions ensemble dans le bureau d'IofC Genève, près des Nations unies, avec vue sur son ancien lieu de travail, le siège du CICR. Un matin, alors que nous échangions les civilités d'usage, je l'ai informé que j'étais un peu secoué - on venait de diagnostiquer un cancer du sein chez ma femme. Le lendemain, elle a reçu de sa part une carte écrite à la main, et il a gagné ma profonde gratitude et mon affection.

 

Image
Avec Amina Dikedi (à gauche) et Mgr Fortunatus Nwachuku à Caux, 2006

 

Sommaruga est un homme grand, large et imposant, qui salue tout le monde en disant « Grüss Gott ». Il explique que cette salutation, typique de l'Autriche, de la Bavière et de la Suisse orientale, invoque la troisième présence dans chaque rencontre. « Nous ne sommes pas seuls dans ce monde », dit-il. Il a des amis sur tous les continents. Il connaît le monde - et le monde le connaît !

Nous ne sommes pas seuls dans ce monde.

Les racines de Sommaruga se trouvent dans le Tessin, le canton italophone de la Suisse. Il est né en 1932, premier des six enfants d'une famille de diplomates suisses en poste à Rome. Il estime que ses deux plus fortes influences formatrices ont été la foi chrétienne de ses parents et le mouvement scout. Son premier engagement humanitaire a été d'aider bénévolement les infirmes lors des pèlerinages à Lourdes.

 

Cornelio Sommaruga  at UN
Lors d'une réunion de haut niveau à l'ONU à Genève (troisième à partir de la gauche), 2015 

 

Il a possédé la double nationalité suisse et italienne jusqu'à l'âge de 20 ans. Son père l'envoie alors dans une école privée pour qu'il ne soit pas obligé de rejoindre le mouvement de jeunesse fasciste de l'Italie de Mussolini. Pendant deux ans, durant la guerre, son père reste à Rome, tandis que le reste de la famille vit à Lugano, de l'autre côté de la frontière suisse. Pendant cette période, ses deux parents aident des Juifs à échapper aux persécutions - son père remplissant les lits d'enfants à Rome avec des fugitifs, et sa mère aidant les réfugiés à s'installer en Suisse. Ces expériences lui ont donné une « attention particulière » pour l'Holocauste et le peuple juif.

Aujourd'hui, à l'aube de ses 90 ans, il s'efforce de se remettre du Covid long. Les murs de sa chambre dans sa maison de convalescence affichent les photos de ses six enfants et 16 petits-enfants, qui se réunissent une fois par an à la Pentecôte, remplissant la plus grande partie d'un petit hôtel.

 

Sahnoun and Sommaruga
Avec son ami et successeur au poste de président international d'IofC, Mohammed Sahnoun.

 

M. Sommaruga reste président honoraire de l'association internationale d'IofC. Il parle du « merveilleux réseau international de personnes motivées », mais voit la nécessité d'une plus grande transparence entre les groupes nationaux.

Il a introduit le thème de la « mondialisation de la responsabilité pour la sécurité humaine » aux conférences de Caux. Il s'inquiète du fait que le monde accorde trop peu d'attention aux causes profondes de la violence : « Les vastes disparités économiques et sociales entre les États et à l'intérieur de ceux-ci ; les transferts légaux et illégaux d'armes, en particulier d'armes légères ». La société civile doit tenter de contrecarrer ces forces, estime-t-il.

 

Cornelio Sommaruga and Christine Beerli at Caux
En discussion avec Christine Beerli, Présidente d'Initiatives et Changement Suisse, à Caux.

 

« Elle doit adopter une approche multilatérale, interculturelle et inter-religieuse », souligne-t-il. Mais, répète-t-il, « nous ne sommes jamais seuls. La puissance qui nous a donné le libre arbitre peut inspirer les personnes de bonne volonté à œuvrer pour un avenir meilleur. Il y a plus de gens que vous ne le pensez, inspirés par Dieu ou par leur conscience, qui œuvrent pour une paix véritable et durable ». Mme Sommaruga est convaincue que chacun de nous a « la responsabilité éthique d'œuvrer à la réconciliation par le pardon et la justice », en commençant par soi-même.

L'image que j'ai de Sommaruga est celle d'un homme qui sert des glaces au buffet des desserts dans la salle à manger de Caux, et qui rit. Il est important de servir mais aussi d'être vu en train de servir !

 

La puissance qui nous a donné le libre arbitre peut inspirer les personnes de bonne volonté à œuvrer pour un avenir meilleur.

 

Cornelio Sommaruga, Mohamed Sahnoun, Kofi Annan in Caux
Avec Kofi Annan et Mohamed Sahnoun à Caux, 2013

________________________________________________________________________________________________________________________________

 

Cette histoire fait partie de notre série « 75 ans de récits » qui célèbre le 75ème anniversaire de l'I&C Suisse avec une histoire pour chaque année, de 1946 à 2021. Chaque histoire raconte comment une personne a trouvé l'inspiration et une nouvelle direction à Caux. Si vous souhaitez raconter votre histoire ou celle d'une personne que vous connaissez, merci d’envoyer vos idées par e-mail à John Bond ou Yara Zhgeib. Si vous souhaitez savoir plus sur les premières années d'Initiatives et Changement et sur le centre de conférence de Caux, cliquez ici et visitez la plateforme For A New World.

 

  • Photo Somalie : CICR / Pierre Boussel
  • Photo 2006 : Isabelle Mermindo
  • Toutes les autres photos : Initiatives et Changement
  • Relecture: Claire Fiaux-Martin

 

Event Categories
75 stories 75th anniversary
Job Offer
Off

sur le même thème

This is us square 8.png

75 Years of Stories: Meet the team!

When we launched the 75 Years of Stories series in February 2021 about 75 years of encounters at the Initiatives of Change conference centre in Caux, we had no idea what an adventure we had embarked o...

Caux in snow 2021 credit Cindy Bühler

2021: Initiatives of Change Switzerland – Opening Caux’s doors to a new chapter

As our series of 75 stories for 75 years of the Initiatives of Change conference centre in Caux draws to an end, the President of Initiatives of Change Switzerland, Christine Beerli, and its two Co-Di...

Aad Burger

2020: Aad Burger – Struck by a virus

In 2020, the Caux Forum went online in response to the pandemic. Its organizers found that this made Caux accessible to people all over the world who could not have taken part in normal circumstances....

Marc Isserles 2017

2019: Marc Isserles – ‘We must save the children’

During World War II, the Caux Palace (later the Initiatives of Change conference centre in Switerland) provided a refuge for Jews fleeing the Shoah. Over the years, some of them – or their descendants...

Wael Broubaker climate actionist

2018: Wael Boubaker – ‘Climate change should be top top top priority’

When Tunisian economics graduate Wael Boubaker joined the Caux Peace and Leadership Programme (CPLP) in 2018, he expected a conference which would look good on his CV, and some beautiful scenery. Inst...

Tanaka Mhunduru CPLP

2017: Tanaka Mhunduru – A home for the world

Tanaka Mhunduru from Zimbabwe is one of the organizers of the Caux Peace and Leadership Programme (CPLP), a one-month programme for young people from around the world. He first took part in 2017....

Diana Damsa Winter Gathering 2016

2016: Diana Damsa – ‘It made me feel I counted’

The Winter Gathering of 2016 was a special experience for Diana Damsa – not just because she experienced Caux in winter, but also because, for the first time in eight years, she had no responsibilitie...

Philippe and Liseth Lasserre

2015: Lisbeth Lasserre – ‘The richness in art’

Lisbeth Lasserre came from Winterthur, where her grandparents, Hedy and Arthur Hahnloser, had built up a private collection of art at their home, Villa Flora. Amongst their artist friends were Bonnard...

Catherine Guisan

2014: Catherine Guisan – Europe’s Unfinished Business

Catherine Guisan is Visiting Associate Professor at the University of Minnesota, USA. She has written two books on the ethical foundations of European integration. In 2014 she spoke at Caux’s first se...

Tom Duncan

2013: Tom Duncan – Restoring a healthy planet

2013 saw the first full-length Caux Dialogues on Land and Security (CDLS). These events, which took place at the Caux Conference and Seminar Centre, focus on the links between sustainable land managem...

Merel Rumping

2012: Merel Rumping – Going out on a limb

When Merel Rumping from the Netherlands first visited Caux in 2012, she had a goal in mind – ‘to explore how I could contribute to a more just world through my professional activities’....

Lucette Schneider

2011: Lucette Schneider – Choices which make the magic of Caux

For many years, Lucette Schneider from Switzerland organized the team which gathered in the early mornings to wash, peel and chop vegetables for the kitchens of the Caux conference centre. ...

Mohan Bhagwandas 2003

2010: Mohan Bhagwandas – Addressing the crisis of integrity

Mohan Bhagwandas is all too aware of his carbon footprint. In the 13 years from 2006 to 2019, he flew 17 times from his home city of Melbourne, Australia, to Switzerland to take part in the Caux confe...

Rajmohan Gandhi 2011 Caux Forum Human Security

2009: Rajmohan Gandhi – Bridges between India and Pakistan

25 distinguished Indians and Pakistanis came to Caux in 2009 with the aim of building bridges between their countries. The man who initiated the gathering was Rajmohan Gandhi, a grandson of Mahatma Ga...

Iman Ajmal Masroor

2008: Learning to be a Peacemaker – ‘An eye-opener to the world’

2008 saw the launch of an unusual course on Islam’s approach to peacemaking for young Muslims and non-Muslims, devised by Imam Ajmal Masroor from the UK. The course’s coordinator, Peter Riddell, descr...


Subscribe to