Olivier Anselmo nommé directeur exécutif de la Fondation de Caux

11/09/2026
Featured Story
Off

 

La Fondation de Caux a le plaisir d’annoncer la nomination d’Olivier Anselmo au poste de directeur exécutif à compter du 15 octobre 2026. Fort d’une solide expérience de direction et de gestion dans les secteurs humanitaire et international, Olivier Anselmo accompagnera la Fondation dans la poursuite de sa mission en faveur du dialogue, de la confiance et d’un leadership éthique. Olivier Anselmo rejoint Caux ce lundi pour une période de transition d’un mois aux côtés de l’actuel directeur exécutif Ignacio Packer, qui prendra sa retraite en octobre.

Olivier Anselmo est un professionnel expérimenté du secteur humanitaire, doté d’une solide expérience de direction et de gestion. Avant de rejoindre la Fondation de Caux, il occupait le poste de directeur exécutif adjoint de la Fondation Switzerland for UNHCR, partenaire national en Suisse de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés. Il avait rejoint l’organisation lors de sa création en 2020 en tant que directeur des opérations et des finances, avant d’être nommé directeur exécutif adjoint en janvier 2024.

Auparavant, Olivier Anselmo a passé neuf ans au Comité international de la Croix-Rouge (CICR), tant sur le terrain en Afghanistan, en Haïti, au Niger, au Sénégal et au Soudan, qu’au siège. Il a également travaillé pour DNDi, la Drugs for Neglected Diseases initiative, où il était responsable des ressources humaines et de l’administration.

Olivier Anselmo est titulaire d’un diplôme en économie de l’Université de Genève, ainsi que de deux masters, l’un en gestion des ressources humaines et l’autre en communication et médias.

« Rejoindre la Fondation de Caux en tant que futur directeur exécutif représente pour moi à la fois un grand honneur et une importante responsabilité », déclare Olivier Anselmo. « Je me réjouis de mettre mon énergie et mon engagement au service de la Fondation et de sa mission. Avec une équipe solide et engagée, ainsi qu’avec le soutien continu du Conseil, je suis convaincu que nous pourrons nous appuyer sur les réalisations et les valeurs fortes de la Fondation de Cau pour ouvrir un nouveau chapitre et renforcer encore l’impact de la Fondation. »

« Nous sommes ravi·e·s d’accueillir Olivier Anselmo au sein de la Fondation de Caux », déclare Jacqueline Coté, présidente de la Fondation de Caux. « Ce qui nous a particulièrement impressionnés, c’est la combinaison de son solide leadership, de son expérience en matière de collecte de fonds et de gestion, ainsi que sa profonde conviction quant au pouvoir du dialogue et de la confiance. C’est un dirigeant pragmatique et dynamique, déterminé à concrétiser les idées. Je me réjouis vivement de travailler avec Olivier Anselmo pour accompagner la Fondation de Cau dans cette nouvelle étape.

« Nous sommes également profondément reconnaissants à Ignacio Packer pour son leadership et son engagement au service de la Fondation depuis près de quatre ans. Il a apporté une contribution importante à ce qu’est la Fondation de Caux aujourd’hui, en faisant avancer la Fondation, en renforçant ses partenariats et en posant des bases solides pour l’avenir. »

Ignacio Packer restera directeur exécutif jusqu’au 15 octobre et travaillera étroitement avec Olivier Anselmo tout au long de cette période de transition.

 

À propos de la Fondation de Caux

La Fondation de Caux est une fondation suisse autonome établie au Caux Palace, sur les hauteurs de Montreux. Fondée en 1946, elle développe et accueille des programmes, conférences et événements consacrés à la démocratie et à la sécurité humaine, à la paix et à la réconciliation, au développement intérieur, aux arts et à la culture, au patrimoine et à l’engagement communautaire.

Ses activités réunissent des participantes et participants ainsi que des partenaires issus de la société civile, des institutions publiques, des organisations internationales, du monde académique, des entreprises, de la culture et des communautés locales. La Fondation agit en Suisse et à l’international et favorise le dialogue, les échanges et la collaboration entre différents secteurs et perspectives.

Le Caux Palace occupe une place centrale dans ses activités et accueille des rencontres internationales, des événements culturels, des expositions, des activités liées au patrimoine et des initiatives ouvertes au public. La Fondation de Caux est un membre d’Initiatives et Changement International.

 

Photo: Mark Henley

 

Job Offer
Off

Que voyez-vous dans votre assiette ?

Un blog post d'Ignacio Packer, Directeur exécutif, Fondation de Caux

09/09/2026
Featured Story
Off
Un blog post d'Ignacio Packer, Directeur exécutif, Fondation de Caux

 

Global Conscious Food Summit Bhutan 2026 Ignacio Packer

Du 31 août au 4 septembre, Ignacio Packer, directeur exécutif de la Fondation de Caux, a rejoint des participant.e.s de près de 70 pays au Sommet mondial sur les systèmes alimentaires conscients au Bhoutan. Ce qui a débuté comme une rencontre axée sur les systèmes alimentaires est devenu, pour lui, une invitation bien plus large à réfléchir aux relations qui relient la nourriture au sol, à la nature, aux moyens de subsistance, à la dignité, à la démocratie et à la paix. Au Bhoutan, l'agriculture, la spiritualité, la communauté et le bien-être humain sont profondément imbriqués, et le Sommet lui a laissé une question simple mais puissante : que voyons-nous vraiment lorsque nous regardons notre assiette ?

 

 

Tout ce qui est dans notre assiette a une histoire

Je suis venu au Bhoutan pour le Global Conscious Food Systems Summit sans que les systèmes alimentaires soient vraiment mon domaine d'expertise. J'en repars convaincu qu'ils me concernent au plus haut point, et qu'ils concernent tout le monde.

J'aurais peut-être dû m'en douter dès le petit-déjeuner.

Au cours du Sommet, le Premier ministre du Bhoutan, Dasho Tshering Tobgay, nous a invité.e.s à regarder au-delà de ce qui se trouve dans nos assiettes et à voir les personnes, les ressources et les efforts qui se cachent derrière chaque repas.

 

Global Conscious Food Summit Bhutan 2026
Sommet mondial sur les systèmes alimentaires conscients à Dungkar Dzong, Paro, Bhoutan, avec S.E. Dasho Tshering Tobgay, Premier ministre du Bhoutan

 

Cette question m'a accompagné tout au long du séjour, d'autant plus que j'ai eu le privilège de loger chez une famille bhoutanaise, Norbu et Chencho, et leurs enfants, dans leur petite maison d'hôtes à la campagne. J'y suis arrivé comme leur unique visiteur et, avec la chaleur extraordinaire de l'hospitalité bhoutanaise, je suis très vite devenu un ami.

Chaque matin, Chencho apportait le petit-déjeuner à table avec un soin remarquable. Mes hôtes m'expliquaient d'où venaient les aliments, ce qui avait été cultivé localement, et me parlaient de l'agriculture qui se cachait derrière. Et soudain, le petit-déjeuner n'était plus simplement un petit-déjeuner.

Avant la nourriture, il y avait la terre. Une graine avec son histoire. L'eau, le soleil et un climat qui devait se montrer favorable. Un savoir accumulé au fil des générations. Un.e agriculteur.rice qui avait planté, attendu, s'était inquiété.e, puis avait récolté. Le transport. Un marché, peut-être. Quelqu'un qui avait préparé et cuisiné les aliments. Et enfin, les mains qui les avaient déposés devant moi.

Tout cela était dans mon assiette. Mais combien de tout cela est-ce que je vois en temps normal ?

« Dans le doute, privilégiez le local », a déclaré le Premier ministre du Bhoutan, Dasho Tshering Tobgay. C'était une invitation à voir les personnes derrière chaque petit-déjeuner, dont Norbu et Chencho, et la chaleur de l'hospitalité bhoutanaise.

Nous devons regarder au-delà de ce qui se trouve dans nos assiettes et voir les personnes, les ressources et les efforts qui se cachent derrière chaque repas.

Global Conscious Food Summit Bhutan 2026
« Dans le doute, privilégiez le local », a déclaré le Premier ministre du Bhoutan, Dasho Tshering Tobgay. C'était une invitation à voir les personnes derrière chaque petit-déjeuner.
L'hôte d'Ignacio, Norbu.

 

Tout est lié 

Il est difficile d'imaginer un cadre plus porteur de sens pour le Sommet sur les systèmes alimentaires conscients que le Bhoutan, et j'exprime ma profonde gratitude au Gouvernement royal du Bhoutan, au PNUD et à l'Alliance des Systèmes Alimentaires Conscients (CoFSA) pour avoir créé cette rencontre remarquable. Le Bhoutan lui-même faisait partie de la conversation : les montagnes, les forêts, l'eau, l'agriculture, la spiritualité, la communauté et le bien-être humain ne s'inscrivent pas dans des cases séparées ici. La nature n'est pas ailleurs. Et nous en faisons partie.

Et puis, il y avait les personnes.

Il y a eu tant de belles rencontres avec des habitant.e.s du Bhoutan et des participant.e.s venu.e.s d'environ 70 pays : agriculteur.rice.s, décideur.euse.s politiques, praticien.ne.s, entrepreneur.e.s, chercheur.euse.s, investisseur.euse.s et bien d'autres encore. Des cultures et des expériences différentes, mais tou.te.s relié.e.s par une conviction profonde que nous nous attaquions à quelque chose qui nous concerne tou.te.s.

Cela m'a fortement rappelé le cœur du travail de la Fondation de Caux depuis 80 ans : créer des espaces où des personnes qui ne se seraient peut-être jamais rencontrées autrement peuvent se croiser et établir des liens entre des enjeux trop souvent traités séparément.

La nourriture est liée au climat. Le climat à la justice. La justice à la dignité. La dignité à la démocratie. La démocratie à la paix. Et tous ces éléments à notre relation avec la nature et les un.e.s avec les autres. Et nous devons d'urgence apprendre à voir les choses dans leur globalité.

 

Image
Ignacio avec les jeunes participant.e.s Binchy, Khenrab, Yeewong, Pema, Tenzin, Lungten et PLT au Sommet

 

Qu'est-ce que cela signifie d'être « conscient »?

Le nom du Sommet lui-même a été pour moi une source de réflexion. Qu'est-ce que cela signifie d'être « conscient » ? Pour moi, la conscience, c'est voir ce que nous avons appris à ne plus voir. C'est la disposition à regarder à nouveau ce qui est devenu invisible par l'habitude, les présupposés, le conditionnement ou la familiarité. C'est remarquer les choses que nous avons cessé de questionner, les perspectives que nous avons cessé de considérer, et peut-être même les parts de nous-mêmes que nous avons appris à ignorer.

Être « conscient », je l'imagine comme une boussole intérieure : les valeurs et les convictions qui nous aident à trouver une direction lorsqu'il n'existe pas de carte évidente. Je porte habituellement une petite boussole dans ma poche et je me retrouve souvent à jouer avec machinalement, un simple rappel de faire une pause, de me questionner et de me demander : suis-je encore en train d'avancer dans une direction cohérente avec ce en quoi je crois ?

 

Global Conscious Food Summit Bhutan 2026
« L'eau ne connaît pas de frontières. Prendre soin de l'eau, de la nourriture et les un.e.s des autres, c'est en définitive œuvrer pour la paix. » - Ignacio apportant de l'eau des sources de Caux au Sommet

 

La conscience, c'est reconnaître les relations et les conséquences : entre mes choix et les moyens de subsistance de quelqu'un d'autre ; entre ce que je consomme et la terre ; entre les décisions économiques et la dignité ; entre la manière dont le pouvoir s'exerce et la capacité des personnes à agir sur leur propre vie.

La conscience exige de l'attention : ralentir suffisamment pour remarquer. Elle exige l'introspection, se demander quel rôle je joue. Elle exige la responsabilité, car une fois que j'ai vu quelque chose, je ne peux plus tout à fait faire comme si je ne l'avais pas vu.

Cela résonne profondément avec la longue expérience d'Initiatives et Changement et nos activités à Caux et à Genève : le changement commence par soi-même.

De façon très concrète, j'ai parfois eu du mal à saisir pleinement cette formule. Nos défis sont profondément systémiques. Cela signifie que le changement climatique, les inégalités et les systèmes alimentaires dysfonctionnels ne seront pas résolus par la seule réflexion personnelle. Mais le fait que le changement commence par soi-même ne signifie pas qu'il s'y arrête. Cela signifie relier le développement intérieur au changement extérieur.

Je crois que la conscience sans action demeure réflexion. L'action sans conscience risque de reproduire les schémas que nous cherchons à transformer. Nous avons besoin des deux.

Pour moi, la conscience est comme une boussole intérieure : les valeurs et les convictions qui nous aident à trouver une direction lorsqu'il n'existe pas de carte évidente.

Global Conscious Food Summit Bhutan 2026
Cérémonie d'ouverture du Sommet mondial sur les systèmes alimentaires conscients, le 1er septembre

 

A quoi sert un système alimentaire ?

Bien sûr, nous avons besoin de marchés, de financements, de technologies et de politiques plus efficaces, plus équitables et plus inclusifs. Mais je revenais sans cesse à une question plus fondamentale : quelle est la raison d'être d'un système alimentaire ? Elle ne peut sûrement pas se réduire à produire davantage de nourriture. Elle doit être de nourrir les personnes, les communautés, la terre, la nature, la dignité humaine et les générations futures.

C'est pourquoi un moment important au Bhoutan a été le lancement du Cadre des systèmes alimentaires conscients, qui rassemble plus de cinq ans de co-création, d'investigation et de construction de mouvement de la CoFSA.

Le Cadre relie vision et valeurs, manières de travailler conscientes, changement intérieur et transformation systémique, aux côtés de l'expérience pratique de plus de 50 initiatives.

Sa valeur, pour moi, résidera dans ce qui se passera ensuite : non pas un cadre de plus à poser sur une étagère, mais quelque chose avec lequel travailler, questionner, tester et mettre en pratique pour un avenir plus juste et plus durable.

 

Global Conscious Food Summit Bhutan 2026
Une belle équipe pour animer la session « Cercle de confiance : cultiver le bien-être des agriculteurs, de la terre à l'âme » (« Circle of Trust : Cultivating Farmers' wellbeing from soil to soul ») au Sommet : Marie-Antoinette Micheli, Jessica Bockler, Aoife Franklyn, Sonam Zam, Passang Om, Elise Buckle et Ignacio Packer (de droite à gauche)

 

Quel rapport entre la démocratie et le petit-déjeuner ?

Mon propre parcours professionnel m'a amené de plus en plus à me confronter aux questions de démocratie, de confiance et de paix. En regardant mon assiette au petit-déjeuner, je me suis retrouvé à me demander : qu'est-ce que la démocratie a à voir avec ce qui se trouve dans mon assiette ? Beaucoup de choses, je crois.

Qui possède la terre ? Qui contrôle les semences ? Qui décide de ce qui est cultivé ? Qui a accès aux financements et aux technologies ? Qui reçoit la valeur créée ? Qui supporte les risques quand le climat change ? Quel savoir est reconnu ? Et fondamentalement : qui a une voix ?

Ce sont des questions alimentaires, mais ce sont aussi des questions de pouvoir, de participation, de justice et de dignité. Ce sont des questions démocratiques.

C'est la raison pour laquelle notre travail sur la démocratie à la Fondation de Caux ne se concentre pas uniquement sur les institutions et les élections, aussi importantes soient-elles. Il se concentre également sur la confiance, les relations et notre capacité à vivre avec la différence. La démocratie dépend du fait que les personnes croient qu'elles ont prise sur leur vie, que leur voix compte et qu'elles ont leur place. Il en va de même pour les systèmes alimentaires.

Lorsque les agriculteur.rice.s peinent à gagner leur vie, lorsque les sols s'épuisent au profit de rendements à court terme, ou lorsque des décisions sont prises loin de ceux et celles qui en vivent les conséquences, la dignité, la capacité d'agir et la confiance en pâtissent.

C'est là que les systèmes alimentaires, la démocratie et la paix se rejoignent. La paix n'est pas simplement l'absence de guerre, comme on l'entend souvent répéter. La paix grandit aussi de la dignité, de l'équité, de l'appartenance, de la confiance et de la possibilité d'imaginer un avenir.

La démocratie dépend du fait que les personnes croient qu'elles ont prise sur leur vie, que leur voix compte et qu'elles ont leur place. Il en va de même pour les systèmes alimentaires.

Global Conscious Food Summit Bhutan 2026
Le marché aux légumes de Thimphu & le petit-déjeuner au Bhoutan : là où la terre, les moyens de subsistance et la communauté se rejoignent sur le chemin de nos assiettes.

 

Douleur, espoir et petits îlots de leadership

Une pensée en particulier m'a accompagné tout au long du Sommet : la douleur et l'espoir peuvent coexister.

Les sols se dégradent. Le changement climatique bouleverse les moyens de subsistance. Les agriculteur.rice.s peinent ou abandonnent la terre. Les inégalités persistent. Les démocraties sont sous pression et la confiance recule. Nous ne devrions pas minimiser cette douleur. Mais reconnaître la douleur n'implique pas de se rendre au désespoir.

Le Bhoutan m'a donné beaucoup d'énergie pour continuer à choisir l'espoir plutôt que le cynisme et le désespoir. Parmi les personnes rassemblées venues d'environ 70 pays, tant d'entre elles font déjà les choses différemment : restaurer les sols, retrouver des savoirs, expérimenter de nouveaux modèles, repenser la finance et reconnecter l'alimentation avec la santé, la communauté et la nature.

Un.e agriculteur.rice qui restaure des sols épuisés. Un.e investisseur.euse qui accepte une compréhension différente du rendement. Un.e décideur.euse politique qui écoute véritablement ceux et celles qui cultivent la terre. Un.e chef.fe qui choisit ses ingrédients avec soin, honore leur provenance et les transforme en nourriture. Une communauté qui reprend prise sur la façon dont elle se nourrit. Je les vois comme de petits mais précieux îlots de leadership positif. 

 

Global Conscious Food Summit Bhutan 2026
Les systèmes alimentaires, la démocratie et la paix commencent tous par la dignité, l'appartenance et la possibilité d'un avenir partagé. Chencho, l'hôte d'Ignacio (à gauche) et Sonam Zam (à droite) dans sa ferme à Paro, Bhoutan.

 

Cela fait également écho à la longue expérience du Dialogue des agriculteur.rice.s d'Initiatives et Changement, qui rassemble des agriculteur.rice.s de différents pays autour de notre relation à la terre, à la nourriture et les un.e.s aux autres. Il reconnaît les agriculteur.rice.s non pas simplement comme des producteur.rice.s, mais comme des gardien.ne.s des sols, du savoir et de notre avenir commun.

Aucune de ces actions ne transforme à elles seules un système mondial. Mais chacune montre qu'une autre voie est possible. Peut-être que le changement systémique commence lorsque suffisamment de personnes, dans suffisamment d'endroits, se comportent différemment et finissent par se trouver.

Notre tâche est de relier ces îlots de leadership.

 

Et après le Sommet ?

CoFSA s'est associée à la Fondation de Caux pour le Caux IDG Forum 2024, notamment autour du groupe de travail sur l'ODD 2, et dès le début, ce lien a semblé naturel : créer des espaces où les personnes peuvent ralentir, construire la confiance, voir les choses différemment et retourner dans le monde mieux armées pour agir. Je suis également fier de siéger, depuis le début de cette année, au Comité consultatif international de la CoFSA. Après le Bhoutan, j'espère approfondir ma contribution.

Ce qu'Andrew Bovarnick, Charlotte Dufour, Thomas Legrand et la formidable équipe de CoFSA ont contribué à guider me semble tout à fait unique : une démarche profondément collective, mobilisant de nombreuses personnes et perspectives, et reliant savoir, conscience et action par-delà des frontières qui nous maintiennent trop souvent séparés.

 

Global Conscious Food Summit Bhutan 2026
Lancement du Cadre des systèmes alimentaires conscients par Charlotte Dufour, conseillère de pratique, Alliance pour les systèmes alimentaires conscients (CoFSA), PNUD

 

Mais un Sommet ne devrait pas se terminer quand le Sommet prend fin. Alors, que ferai-je différemment après le Sommet au Bhoutan ?

Premièrement, je ne regarderai plus jamais mon petit-déjeuner tout à fait de la même façon. D'où vient-il ? Qui l'a produit ? Quels sols, quelle eau et quel labeur humain l'ont rendu possible ? Qu'est-ce qui reste caché à mes yeux ?

Deuxièmement, j'utiliserai et promouvrai le nouveau Cadre des systèmes alimentaires conscients, y compris dans des conversations qui dépassent les systèmes alimentaires, autour de la démocratie, de la consolidation de la paix, de l'action humanitaire et du leadership.

Troisièmement, je continuerai à tisser des liens. L'alimentation, le climat, la démocratie et la paix ne sont pas des agendas séparés. Les questions de terre, de ressources, de capacité d'agir, de participation et de dignité concernent le type de sociétés que nous construisons.

Et j'essaierai de relier ces petits îlots de leadership. L'un des privilèges de ma vie professionnelle a été de circuler entre des communautés qui ne se rencontrent pas toujours. J'espère continuer à le faire.

 

Global Conscious Food Summit Bhutan 2026
Le leadership en pratique : des chef.fe.s du Bhoutan, du Népal, de l'Inde et du Sri Lanka montrant qu'une autre voie est possible au Sommet CoFSA.

 

Tout est urgent : le climat, la dégradation des sols, les moyens de subsistance des agriculteur.rice.s, le recul de la démocratie, la guerre et la polarisation. Et pourtant, Caux et le Bhoutan me rappellent tous deux l'importance de nous accorder la permission, non pas d'agir avec moins d'urgence, mais de voir plus en profondeur.

Alors demain matin, peut-être pourrions-nous marquer une pause avant de prendre cette première bouchée. Regarder l'assiette. Et voir au-delà. La terre. La graine. L'agriculteur.rice. La pluie. Le marché. Le.la cuisinier.ière. Les choix. Les relations. Cette extraordinaire toile de coopération entre les êtres humains et la nature qui nous permet de manger.

Puis se demander : que vois-je vraiment dans mon assiette ?

Peut-être que la conscience commence là : voir davantage de ce qui est présent, reconnaître que nous en faisons partie, et accepter que ce que nous voyons nous demande quelque chose.

Car la raison d'être d'un système alimentaire ne devrait pas simplement être de nourrir le monde. Elle devrait nous aider à sustenter le monde : les personnes, la nature, la dignité, la démocratie et la paix.

La conscience commence là : voir davantage de ce qui est présent, reconnaître que nous en faisons partie, et accepter que ce que nous voyons nous demande quelque chose.

Global Conscious Food Summit Bhutan 2026
Les facilitateur.rice.s du « Cercle de partage » (inspiré des groupes communautaires d'Initiatives et Changement) ont été invité.e.s à apporter les lumières du Sommet pour sa clôture.

 

Ignacio Packer est directeur exécutif de la Fondation de Caux, une fondation caritative suisse engagée dans la promotion de la confiance, du leadership éthique, d'un mode de vie durable et de la sécurité humaine. Fort de plus de 30 ans d'expérience dans le domaine humanitaire et du développement, il a travaillé à la Banque de développement de l'Amérique latine et chez KPMG avant de devenir un dirigeant reconnu d'ONG et d'alliances internationales pendant plus de 25 ans. Expert en droits humains et en questions sociales, il s'est particulièrement engagé dans la défense de la protection des migrant.e.s et des réfugié.e.s, notamment des enfants et des jeunes.

 

____________________________________________________________________________________________________________

 

Pour aller plus loin & liens utiles 

  • Sommet mondial sur les systèmes alimentaires conscients - Bhoutan 2026. Visiter le site du Sommet
  • Fiona Harvey, « Le Bhoutan accueille le premier "Sommet sur l'alimentation consciente" face aux menaces pesant sur les approvisionnements mondiaux », The Guardian, 31 août 2026. Lire l'article
  • Explorer le Cadre des systèmes alimentaires conscients, le cadre de la CoFSA pour intégrer la conscience et les capacités intérieures dans la transformation des systèmes alimentaires. Explorer le Cadre
  • « De Caux au Bhoutan : l'eau ne connaît pas de frontières ». Lire l'article sur LinkedIn
  • « Comment les Objectifs de Développement Intérieur peuvent contribuer à façonner des systèmes alimentaires conscients : réflexions depuis le Caux IDG Forum », 2024, Charlotte Dufour, Nadene Canning et Ignacio Packer. Lire l'article

 

 

Crédits photo : Fondation de Caux, CoFSA, Elise Buckle, Norbu

Job Offer
Off

Une brique pour Kiev

« Nous sommes comme des oiseaux. L’art, ce sont nos ailes. » – Un blog post de Sveinung Nygaard

14/07/2026
Featured Story
Off
« Nous sommes comme des oiseaux. L’art, ce sont nos ailes. » – Un blog post de Sveinung Nygaard

 

Sveinung Nygaard 2023

Compositeur, musicien et facilitateur artistique, Sveinung Nygaard a contribué à façonner la vision créative du Caux Forum pour la démocratie 2026 au sein de l'équipe artistique. Souhaitant intégrer les arts comme un élément inclusif et démocratique tout au long du Forum, il a participé à la conception d'un parcours artistique qui a accompagné les participant.e.s tout au long de la conférence, créant ainsi un espace de réflexion, de dialogue et d'expérience partagée.

Pour Sveinung, les arts ne sont pas un luxe, mais un élément essentiel de la consolidation de la paix, ainsi que du renforcement et de la réinvention de la démocratie. Il estime que l’expression artistique doit être intégrée à l’esprit démocratique, permettant à chacun.e de participer, de contribuer et d’aider à façonner les communautés auxquelles il.elle appartient. En trouvant un équilibre entre la participation artistique et les moments d’expérience partagée, le Forum a cherché à démontrer comment les arts peuvent favoriser l’empathie, inspirer un engagement fondé sur des valeurs sans tomber dans la propagande, et créer les liens émotionnels et humains qui soutiennent la vie démocratique.

Lors de la cérémonie d’ouverture du 22 juin, il a évoqué cette vision et s’est produit aux côtés de la députée ukrainienne Lisa Yasko. Tout au long du Forum, ses contributions musicales ont tissé un fil conducteur à la fois émotionnel et propice à la réflexion à travers le programme, invitant les participant.e.s à un voyage commun qui a encouragé le dialogue, l’imagination et un engagement renouvelé en faveur de la démocratie.

 

Sveinung Nygaard blog brick Ukraine CDF 2026
photo: Sveinung Nygaard

 

Il écrit :

« J’ai apporté une brique à Kiev en train cet hiver. Je ne savais pas vraiment pourquoi, mais je savais que c’était la bonne chose à faire. C’était une sorte de déclaration, une question ouverte, j’ai senti intuitivement que je devais le faire.

Il y a des choses qui ne peuvent être prouvées, qui ne peuvent être consignées dans des tableaux ou des rapports. Elles ne sont pas quantifiables, mais elles ont tout de même de l’importance. L’art, sous toutes ses formes, est l’une de ces choses. Au Caux Forum pour la démocratie, nous avons tenté d’intégrer l’esprit artistique dans une conférence consacrée à la démocratie. Pourquoi ?

Nous pensons que l’art représente et guide les récits que nous nous racontons les un.e.s aux autres et que nous nous racontons à nous-mêmes sur qui nous sommes, d’où nous venons, où nous allons et où nous voulons aller. Cela s’applique aussi bien aux individus qu’à la société dans son ensemble. Derrière chaque constitution se cache un réservoir collectif d’histoires et de valeurs. L’art en témoigne et en est le reflet.

Derrière chaque constitution se cache un réservoir collectif d’histoires et de valeurs. L’art en témoigne et en est le reflet.

Sveinung Nygaard blog brick Ukraine CDF 2026
Sveinung s’exprimant lors de la cérémonie d’ouverture du Caux Forum pour la démocratie, le 22 juin 2026.

 

Lorsque vous regardez une pièce ou un billet, vous y voyez un chiffre, une valeur. Mais vous y voyez également des éléments du récit national : des bâtiments, des personnalités célèbres, des symboles d’identité, voire certaines couleurs et des représentations d’œuvres d’art. Ce sont autant de rappels de l’histoire sous-jacente qui dépasse la simple valeur faciale de la pièce ou du billet. L’art est une forme de narration et de mémoire collectives.

Lors de cette conférence, nous avons souhaité ouvrir une porte, lancer une invitation à comprendre et à faire appel à l’esprit artistique qui réside en chacun.e de nous. L’art ne se résume pas à un produit fini ; c’est tout autant un état d’esprit, un processus, un parcours, un mode de vie et une façon de voir le monde. Nous avons voulu mettre en avant et raviver cet état d’esprit artistique tout autant que l’expression artistique finale, afin d’inspirer de nouvelles perspectives et de nouvelles voies pour nous tou.te.s.

Le véritable art nous aide à voir plus loin, à aller plus en profondeur, à être plus courageux.ses, à devenir plus résilient.e.s, plus constructif.ve.s, à faire preuve de plus d’empathie et à nous mettre au défi, ainsi que notre société, de devenir meilleur.e.s. À l’instar des oiseaux (le thème artistique du Caux Forum pour la démocratie), nous devons trouver nos ailes et prendre notre envol pour atteindre des altitudes plus élevées, voir plus loin et voyager plus loin. Les ailes de l’art interagissent avec les courants d’air, avec l’environnement dans lequel nous nous trouvons. L’intuition et l’inspiration ont une réelle importance.

Le véritable art nous aide à voir plus loin, à aller plus en profondeur, à être plus courageux.ses, à devenir plus résilient.e.s, plus constructif.ve.s, à faire preuve de plus d’empathie et à nous mettre au défi, ainsi que notre société, de devenir meilleur.e.s.

Sveinung Nygaard blog brick Ukraine CDF 2026
photos : Sveinung Nygaard

 

Je me souviens de toutes ces fois où j’ai vu ces tableaux, où j’ai entendu ces chansons, où j’ai ressenti ces liens et ces intuitions si tangibles et pourtant si difficiles à cerner. Je me souviens du sentiment d’importance d’une action que je devais absolument accomplir, d’un accord, d’une couleur et d’un chemin que j’étais poussé à suivre par curiosité et par devoir. Je me souviens du regard des gens lorsqu’ils percevaient l’intention qui se cachait derrière ma musique. Je me souviens d’avoir été un jour à court de mots face à une personne désespérée ; à la place, j’ai pris ma guitare pour l’exprimer en musique.

L’esprit artistique est ouvert à de nouveaux avenirs possibles ; il cherche à trouver et à créer du sens et de la cohérence. Il explore de nouvelles voies tout en redécouvrant les anciennes. C’est souvent le travail d’un individu, mais il ne peut en aucun cas être dissocié de son contexte social. Il n’a pas toujours la certitude. L’art est guidé par l’intuition et les valeurs, tout en façonnant ces mêmes valeurs. L’art explique la réalité ; l’art est à la fois découverte et pédagogie.

L’art est guidé par l’intuition et les valeurs, tout en façonnant ces mêmes valeurs. L’art explique la réalité.

 

Sveinung Nygaard blog brick Ukraine CDF 2026
L’installation artistique de Sveinung au Forum de la démocratie de Caux 2026

 

L’art offre une tribune à différentes perspectives et n’a pas peur de la subjectivité. L’art nous donne à tou.te.s une voix pour exprimer ce que nous voyons et ce que nous portons dans nos cœurs. L’art est une fenêtre sur un paysage qui nous dépasse et qui est en nous.

L’esprit artistique ne craint pas le chaos, car il sait qu’une période de chaos est l’occasion de recomposer les choses de manière nouvelle. L’esprit artistique ne craint pas les émotions, car il sait qu’elles sont des repères vers de nouvelles perspectives.

L’art recherche une compréhension commune de ce que signifie être humain. C’est une discipline spirituelle. Il nous rappelle le passé et le relie au présent ainsi qu’à l’avenir. L’art, c’est tisser avec un but, l’art pose des questions ouvertes. L’art, c’est écouter profondément, l’art, c’est communiquer intentionnellement. Il montre un lien entre «moi» et «nous». L’art élargit le périmètre et renforce le cœur. Et il s’adresse à chacun d’entre nous, pas seulement à quelques privilégiés.

La démocratie n’est pas une simple formalité (...). Elle repose plutôt sur un engagement collectif, une compréhension et une histoire qui doivent être abordés et exprimés en termes artistiques.

Sveinung Nygaard blog brick Ukraine CDF 2026 Lisa Yasko
Sveinung et Lisa Yasko, députée ukrainienne, se produisant à Genève le 22 juin 2026.

 

La démocratie n’est pas une simple formalité ; elle n’est ni prééminente ni évidente en soi, mais repose plutôt sur un engagement collectif, une compréhension et une histoire qui doivent être abordés et exprimés en termes artistiques. L’art est un fleuve qui coule sans cesse pour que ces vérités restent vivantes et pertinentes. À une époque où l’art de raconter des histoires est essentiel, nous devons embrasser et comprendre l’état d’esprit artistique. Si nous ne le faisons pas, nous ne saurons pas toucher les cœurs, et nous risquons d’être emporté.e.s par une tempête d’agressivité et de léthargie. L’art est une nécessité, pas un luxe. L’art est prophétie, l’art est envol, l’art est vision.

Cet hiver, j’ai apporté une brique à Kiev en train. Je l’ai donnée à une amie et elle m’en a donné une à ramener chez moi. Je me demande souvent si je suis un touriste lorsque je voyage en Ukraine en tant que Norvégien, en tant qu’étranger. L’amie à qui j’ai donné la brique m’a dit : « Si tu étais un touriste, tu n’apporterais pas de brique ici. » Embrassons le rôle de l’art sous toutes ses formes ainsi que l’état d’esprit artistique.

Nous sommes comme des oiseaux. L’art, ce sont nos ailes. »

Embrassons le rôle de l’art sous toutes ses formes ainsi que l’état d’esprit artistique.

Des moments créatifs au Caux Forum pour la démocratie 2026

 

En savoir plus sur le rôle de l'art dans la promotion de la paix à travers de nos activités

 

Event Categories
Caux Forum Caux Democracy Forum
Job Offer
Off

sur le même thème

Lewis Cardinal square FR

Lewis Cardinal: la montagne qui écoute

Parfois, les moments qui façonnent nos vies surviennent lorsque nous ne les attendons pas. Pour Lewis Cardinal (Canada), l’un de ces moments a commencé par une ascension nocturne en voiture dans la mo...

Caux IDG 2026 call for workshops FR.png

Caux IDG Forum 2026: Appel à contributions - ateliers et conversations aux chandelles

Appel à candidatures pour les organisateur.ice.s et facilitateur.ice.s d'ateliers et de conversations aux chandelles ! Souhaitez-vous partager votre inspiration, vos idées et vos compétences avec les ...

Le long chemin vers une confiance retrouvée - Ignacio Packer

Le long chemin vers une confiance retrouvée - Leçons de Davos

Après avoir participé à la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos le 22 janvier 2026, Ignacio Packer, directeur exécutif de la Fondation Caux Initiatives of Change, revient sur la questi...

CDF 2025 Caux Democracy Forum report square FR

Caux Forum pour la démocratie 2025 : le rapport complet est désormais disponible

Découvrez le rapport complet du Caux Forum pour la démocratie 2025, qui a réuni plus de 350 participant.e.s de plus de 45 pays au Caux Palace pour réfléchir et agir sur le thème « Revitaliser la démoc...

Call for workshops FR

Forum de Caux sur les objectifs du développement intérieur 2025 : Appel aux ateliers

Appel aux ateliers ! Vous souhaitez partager votre inspiration, vos idées et vos compétences avec d'autres participants au Caux IDG Forum cet été ? Nous attendons avec impatience votre candidature ! L...

Bonn-Copenhagen square FR.png

Caux et les déclarations de Bonn-Copenhague : Pionniers en matière de droits des minorités et de l'unité dans la diversité

Le 29 mars 2025, les Déclarations de Bonn-Copenhague de 1955 fêteront leur 70e anniversaire, une étape importante dont les enseignements s'étendent bien au-delà du Danemark et de l'Allemagne. L'histoi...

Democracy Dialogue Germany squareFR

Dialogue sur la démocratie en Allemagne : « Il est temps de s'exprimer et de défendre la démocratie ! »

En présence d'une chaîne de télévision locale, 65 personnes ont participé à un dialogue sur la démocratie le 21 février 2025 à Augsbourg, en Allemagne, pour écouter des panélistes issus du monde polit...

Geneva Democracy Dialogue October 2024 square FR

La démocratie : une question de choix et de voix

« Dans une démocratie, chacun.e d'entre nous a la responsabilité de s'engager, d'écouter et de contribuer. C'est plus qu'un système politique. Il s'agit d'un choix et d'une voix. Comment cela résonne-...

World Democracy Day square FR.png

Journée mondiale de la démocratie 2024 : Les voix du Caux Forum pour la démocratie 2024

À l'occasion de la Journée mondiale de la démocratie 2024, nous vous présentons les conversations des participants au Caux Forum pour la démocratie de cet été concernant l'état de la démocratie et l'i...

Viki square FR

L'Europe : Un esprit de diversité

La journaliste espagnole Victoria Martín de la Torre passionnée par l'Europe, la diversité et les relations interconfessionnelles. Elle réfléchit divers aspects de l'Europe, s'appuyant sur la base de ...

Polina & Katya square FR website.png

Que signifie «être chez moi»?

Face à l'escalade des conflits dans le monde, les arts apparaissent comme une force puissante pour remettre en question les idées fausses et favoriser des perspectives positives. Le rôle central des a...

Ignacio India blog FR

Agir en accord avec ses paroles dans le monde des affaires

Du 25 au 28 janvier, environ 60 PDG et autres membres de la haute direction se sont réunis sous le couvert des règles de Chatham House pour partager leurs expériences personnelles sur la manière de co...

Save the date Caux Forum 2024 FR

Caux Forum 2024: A vos agendas !

A vos agendas pour le Caux Forum 2024! This summer Caux Initiatives of Change, in partnership with Initiatives of Change International and supported by other civil society networks, UN agencies, phila...

Caux Forum 2023 Opening Ceremony square FR

Combler les lacunes dans les efforts mondiaux pour la paix et la démocratie

La cérémonie d'ouverture du Caux Forum 2023 a donné le ton de la conférence avec le thème "Renforcer la démocratie : Du traumatisme à la confiance". Découvrez le rapport et revivez les temps forts !...


Corinne Momal-Vanian

Corinne Momal-Vanian a occupé le poste de directrice exécutive de la Fondation Kofi Annan de 2020 à mai 2026. Auparavant, elle a occupé divers postes à responsabilité au sein des Nations Unies dans plusieurs pays, notamment celui de directrice de la gestion des conférences (2015-2020) et de directrice du service d’information (2010-2015) à l’Office des Nations Unies à Genève.

De la résistance à la réconciliation : le siècle remarquable de Jens Jonathan Wilhelmsen

10/06/2026
Featured Story
Off

 

Le 10 juin 2026, Jens Jonathan Wilhelmsen, membre d’Initiatives et Changement Norden, fêtera ses 100 ans, un cap remarquable pour un homme dont la vie a été marquée par certains des conflits et des réconciliations les plus marquants de l’ère moderne. Au cours de plusieurs décennies d’engagement sur trois continents, il reste guidé par une conviction simple mais exigeante : tout changement durable dans la société commence par le changement personnel.

Né en Norvège en 1926, entre les deux guerres mondiales qui ont marqué le XXe siècle, Jens Wilhelmsen grandit sous l’occupation allemande de la Norvège. Jeune homme, il participe au mouvement de résistance clandestin pendant les derniers mois de la Seconde Guerre mondiale. Comme pour beaucoup de sa génération, la guerre a laissé en lui des traces profondes. Dans les années qui ont suivi, il traverse une période de dépression et d’incertitude quant à l’avenir.

Un tournant se produit lorsqu’il découvre Initiatives et Changement, alors connu sous le nom de Réarmement Moral (MRA). Un défi en particulier le frappe avec une force inhabituelle : « Si vous voulez un monde meilleur, le meilleur endroit pour commencer, c’est vous-même. »

Ce qui aurait pu sembler simpliste s’est avéré transformateur dans la pratique. Il se souviendra plus tard comment des tentatives de réparer des relations tendues au sein de sa propre famille ont produit des résultats étonnamment positifs. Cette expérience le convainc ainsi que la réconciliation n'est pas un idéal abstrait, mais une force concrète.

À l’époque, il étudie la philologie à l’université d’Oslo. En 1948, un gouvernement provincial de l’Allemagne d’après-guerre fait appel au MRA pour « redonner espoir à notre peuple ». Pour un jeune Norvégien qui a vécu l’occupation, cette invitation à travailler en Allemagne est à la fois moralement exigeante et historiquement significative. Il accepte.

Si vous voulez un monde meilleur, le meilleur endroit pour commencer, c'est vous-même.

Jens Wilhelmsen 1974 European Action Force
Sur la tour avec le groupe European Action Force, 1974 / Avec le compositeur français Paul Misraki (au piano), 1948
(Jens Wilhelmsen debout au centre sur les deux photos), photos : IofC 

 

Les cinq années suivantes le conduisent dans la Ruhr, le cœur industriel de l'Allemagne, où les tensions politiques et morales de l'Europe d'après-guerre sont particulièrement vives. Il y est témoin d'une société qui s'efforce de se reconstruire matériellement et spirituellement après le nazisme et la guerre. Des dirigeants industriels issus du milieu nazi, des ouvriers socialistes et des syndicalistes attachés au marxisme cherchent tous une voie à suivre dans un pays divisé.

Une rencontre en 1949 allait se révéler particulièrement déterminante. Jens Wilhelmsen séjourne chez le militant ouvrier communiste Max Bladeck et son épouse Grethe dans leur modeste logement de trois pièces. Ils offrent au jeune Norvégien un canapé dans leur salon, et nuit après nuit, les deux hommes débattent jusque tard dans la soirée de politique, d'idéologie et de l'avenir de l'Europe.

Au début, les discussions ne mènent nulle part. Wilhelmsen se souvient plus tard qu’il avait consacré la majeure partie de son énergie à tenter de convaincre Max Bladeck de tout ce qu’il estimait être les défauts du communisme. Puis, au cours d’un moment de réflexion matinal, il change de perspective : au lieu de s’attaquer aux convictions auxquelles son hôte a consacré sa vie, il devrait parler en toute honnêteté des moments où lui-même n'a pas été à la hauteur de ses propres idéaux.

Ce soir-là, Jens Wilhelmsen abandonne l'argumentation et parle à la place de ses propres manquements et contradictions. À sa grande surprise, son interlocuteur répond dans le même esprit. Comme Jens Wilhelmsen l'écrit plus tard : « Nos points de vue idéologiques et politiques étaient encore très éloignés, mais une certaine confiance s’installait entre nous ».

Nos points de vue idéologiques et politiques étaient encore très éloignés, mais une certaine confiance s’installait entre nous.

Jens Wilhemsen
With Adolf Scheu, Kullervo Rainio & Japie Basson, 1972  / Avec Max Bladeck au Japon (deuxième à partir de la droite) dans les années 1950, photos : IofC

 

Cet épisode devient emblématique de l’approche qui allait définir l’œuvre de toute une vie. Il découvre que la confiance naît rarement d’une victoire idéologique ; elle naît lorsque les gens osent faire preuve d’honnêteté envers eux- et elles-mêmes. Dans le climat profondément polarisé de l’Europe d’après-guerre, où l’amertume et la méfiance façonnent la vie politique, de telles rencontres représentent une voie différente, ancrée non pas dans l'abandon des convictions, mais dans l’humanité et l’introspection.

Jens Wilhelmsen estime que ces efforts de réconciliation ont contribué, à leur humble manière, à la remarquable reconstruction de l’Allemagne. Il a vu d’anciens ennemis, employeurs et travailleurs, conservateurs et socialistes, commencer progressivement à coopérer pour reconstruire une société démocratique. Les leçons apprises dans la Ruhr l’accompagneront pour le reste de sa vie.

En 1953, il est invité au Japon, où il travaille en étroite collaboration avec des dirigeants politiques, des chefs d’entreprise et de jeunes leaders. Il noue des liens particulièrement forts au sein du Seinendan, l’organisation de jeunesse du pays qui compte quatre millions de membres. Lorsque l’organisation décide en 1957 d’envoyer cent jeunes leaders à une conférence de la MRA aux États-Unis, Jens Wilhelmsen est invité à les accompagner.

Ce voyage ouvre un nouveau chapitre. Restant en Amérique pendant deux ans, il assume une grande variété de missions : des contacts avec des hommes politiques à Washington jusqu'au soutien de dirigeants syndicaux appliquant les principes de dialogue et de construction de la confiance dans les ports de New York et les villes sidérurgiques de Pennsylvanie. A travers toutes ces expériences, il développe une compréhension particulière du leadership : la transformation sociale ne dépend pas seulement des institutions et des politiques, mais aussi des choix moraux des individus.

 

Jens Wilhemsen Intergenerational Forum 2024 (photo: Ulrike Pick)
Jens Wilhelmsen en conversation à Caux, 2024 (photo : Ulrike Pick)

 

Au cours des décennies suivantes, le travail de Jens Wilhelmsen s'étend à travers l’Afrique, l’Inde, l’Europe de l’Est et l’Europe occidentale. Dans les nations africaines fraîchement indépendantes, il se confronte aux héritages complexes du colonialisme, des inégalités et des divisions ethniques. Ses expériences au Burundi et au Congo appronfondissent profondément sa réflexion sur les responsabilités historiques de l’Europe et sur la fragilité de la paix là où la confiance s’est effondrée.

Depuis 1967, son épouse Klär Wilhelmsen et lui font leur vie à Oslo. Ensemble, ils élèvent leurs enfants tout en menant une vie internationale dédiée à la réconciliation et à l’engagement civique. Son épouse décède en 2015, laissant derrière elle leurs deux filles, leurs gendres, huit petits-enfants et un arrière-petit-fils.

Parallèlement à son travail sur le terrain, Jens Wilhelmsen devient auteur. Son ouvrage publié en 2016, Eyewitness to the Impossible (Témoin de l'Impossible), propose des réflexions sur ce qu’il appelle « construire la confiance sur trois continents ». L'ouvrage mêle mémoires, observations politiques et réflexions morales, présentant aux lecteur.rice.s des gens ordinaires dont les actions ont influencé le cours de l’histoire : mineur.euse.s de charbon et dirigeant.e.s industriel.le.s allemand.e.s, jeunes leaders japonais.e.s, défenseur.euse.s de l’indépendance africaine et bien d’autres encore. « Ecrire l’histoire n’est pas l’apanage des riches et des puissant.e.s », affirme-t-il.

Ecrire l'histoire n'est pas l'apanage des riches et des puissant.e.s.

Jens Wilhemsen Intergenerational Forum 2024
Caux Forum Intergénérationnel 2024 : Jens Wilhelmsen sur scène avec sa fille Camilla (à gauche) / Le plus jeune et le plus âgé des participants au Forum

 

Le message central de l’ouvrage fait écho au principe qui l’a inspiré pour la première fois dans sa jeunesse : « Lorsque les individus ou les nations se penchent sur leurs propres manquements plutôt que sur ceux des autres, des forces puissantes se libèrent. » Plutôt que de proposer des formules idéologiques, Jens Wilhelmsen nous invite à expérimenter l’honnêteté, la responsabilité et la réconciliation dans notre propre vie.

Les critiques norvégien.ne.s ont reconnu à la fois la portée historique et le sérieux moral de son ouvrage : « Les gens ordinaires peuvent-il.elle.s faire l’histoire ? » et ont conclu que les récits de Jens Wilhelmsen montrent que ceux et celles qui souhaitent changer le monde « doivent commencer par eux.elles-mêmes, mais ne pas s’arrêter là. » (Vårt Land, Oslo)

Aujourd’hui, alors qu’il atteint sa centième année, Jens Jonathan Wilhelmsen se dresse comme le témoin d’un siècle marqué par la guerre, les conflits idéologiques, la décolonisation et la mondialisation, mais aussi par des exemples extraordinaires de renouveau humain. Il n’a pas consacré sa vie à la notoriété ou au pouvoir, mais au travail patient et souvent invisible de construction de la confiance entre des personnes autrefois divisées par la haine, la peur ou l’injustice.

À une époque encore troublée par la polarisation et les conflits, où la démocratie est menacée, son exemple demeure frappant de pertinence. Le parcours centenaire de Jens Wilhelmsen nous rappelle que la réconciliation n’est jamais naïve lorsqu’elle s'ancre dans le courage, l’honnêteté et la responsabilité personnelle. L’histoire, il l’a démontré tout au long de sa vie, n’est pas seulement l’œuvre des gouvernements et des généraux. Elle est également façonnée par des gens ordinaires prêts à se transformer eux-mêmes, et ce faisant, à contribuer à changer le monde.

Joyeux anniversaire, Jens !

 

Jens Wilhemsen Intergenerational Forum 2024
Caux Forum Intergénérationnel 2024 : Jens Wilhelmsen s'exprimant lors d'une séance plénière / Retrouvailles entre ami.e.s de longue date : avec Usha and Rajmohan Gandhi (photo : Ulrike Pick) / Sur scène, dans l'attente de prendre la parole.

 

________________________________________________________________________________

 

 

À l'heure où le monde est confronté à la division, à la méfiance et à l’incertitude, les convictions qui guident Jens Jonathan Wilhelmsen depuis près de huit décennies sont plus pertinentes que jamais. La nécessité d’un dialogue honnête, de courage moral et de la reconstruction de la confiance au-delà des clivages politiques, culturels et idéologiques reste plus urgent que jamais.

Telles sont également les questions au cœur du Caux Forum pour la démocratie (22 - 26 juin 2026) qui se tiendra cet été à Caux : il réunira des citoyen.ne.s, des dirigeant.e.s et des acteur.rice.s du changement du monde entier pour explorer comment la démocratie peut être renouvelée grâce à la responsabilité, au dialogue et aux liens humains.

Rejoignez la conversation.

 

Job Offer
Off

Lewis Cardinal: la montagne qui écoute

09/06/2026
Featured Story
Off

 

Parfois, les moments qui façonnent nos vies surviennent lorsque nous ne les attendons pas. Pour Lewis Cardinal (Canada), l’un de ces moments a commencé par une ascension nocturne en voiture dans la montagne et s’est transformé en un parcours de toute une vie : un voyage fait d’écoute, d’appartenance et de liens humains, et d'une compréhension plus profonde de la sagesse que nous portons en nous et de ces façons discrètes dont le changement commence.

 

Quand Lewis Cardinal est arrivé au Caux Palace pour la première fois en 2004, la montagne ne l’a pas accueilli en douceur.

Il était plus d’une heure du matin lorsque sa voiture a commencé sa lente ascension au-dessus de Montreux. La pluie martelait le pare-brise avec une telle violence que les essuie-glaces peinaient à suivre le rythme. Des éclairs déchiraient le ciel, faisant surgir les sapins sombres dans un relief blanc et net l’espace d’un instant avant qu’ils ne disparaissent à nouveau. À ses côtés, sa femme s'efforçait de rire malgré sa peur face aux pentes abruptes qui bordaient la route. Sur la banquette arrière, sa fille avait collé son visage contre la vitre. Lorsqu’ils se sont enfin devant le Caux Palace, Lewis se souvient avoir pensé : « On dirait le château de Frankenstein. »

Puis la porte d’entrée s'est ouverte, et il a été accueilli dans la chaleur.

 

Lewis Cardinal
Lewis (gauche) avec des leaders autochtones du Canada et de la Sibérie, Caux 2004

 

Des années plus tard, Lewis se souviendrait encore de ce moment; non pas de la tempête, ni de cette impression surréaliste d’avoir découvert un palais à flanc de montagne au milieu de la nuit. Ce qui est resté gravé en lui était plus simple : la gentillesse. Après une vie entière passée à savoir ce que c'était de se tenir à l'écart du cercle, la gentillesse avait encore le pouvoir de le prendre au dépourvu.

Lewis est issu du peuple des Cree des forêts du nord de l’Alberta, au Canada. Son grand-père lui a appris que le succès ne valait pas grand-chose si l’on ne se retournait pas pour aider quelqu’un d’autre à s’élever avec soi. Sa grand-mère lui a appris que même un jardin était destiné à nourrir plus que celui.celle qui l’avait planté.e. Ces enseignements l’ont accompagné lorsqu’il s’est assis aux côtés de chef.fe.s d’État, lorsqu’il a partagé des repas avec des membres de familles royales, lorsqu’il a passé du temps avec le Dalaï-Lama et s’est rendu compte que même un géant spirituel pouvait rester merveilleusement humain.

Et ils l’ont accompagné lors de son premier séjour à Caux.

 

Lewis Cardinal
Lewis prenant la parole au Caux Forum 2023 avec Allan-Charles Chipman (IofC USA) et Marienne Makoudem 

 

Whenever Lewis came to Caux after his first visit, he sat with elders and leaders from every corner of the world. Their songs were different, their ceremonies were different, their histories had taken different paths. Yet beneath those differences, the foundations were the same: respect for the earth as something living, the belief that human beings exist in relationship rather than isolation, and the knowledge that healing begins when people are willing to listen - not only to each other, but to the stillness within themselves.

That was what changed him. He began to understand that his role was not simply to speak on behalf of Indigenous people, but to help create spaces where people could truly meet one another.

En entrant, Lewis a senti quelque chose d'étrangement familier sous les parquets cirés et l’histoire européenne. Les lieux sacrés, il le savait, ne sont pas faits de pierre. Ils sont faits de l’esprit que les gens y apportent.

Caux, il le pressentait, était un endroit où les gens venaient pour écouter, non pas cette écoute polie qui attend son tour pour prendre la parole, mais quelque chose de plus profond. Le genre d’écoute que les peuples autochtones pratiquent depuis des générations : tendre l'oreille à la voix silencieuse qui se cache sous le bruit.

Chaque fois que Lewis est revenu à Caux depuis son premier séjour, il s'est retrouvé assis aux côtés d'aîné.e.s et de dirigeant.e.s venu.e.s des quatre coins du monde. Leurs chants étaient différents, leurs cérémonies étaient différentes, leurs histoires avaient empruntés des chemins différents. Pourtant, sous ces différences, les fondements étaient les mêmes : le respect de la terre comme d'une entité vivante, la conviction que les êtres humains existent en relation les un.e.s avec les autres plutôt que dans l’isolement, et la certitude que la guérison commence lorsque les gens sont prêts à écouter, non seulement les un.e.s les autres, mais aussi le silence en eux.elles-mêmes.

C’est ce qui l’a transformé. Il a commencé à comprendre que son rôle n’était pas simplement de parler au nom des peuples autochtones, mais d’aider à créer des espaces où les gens pourraient véritablement se rencontrer.

Lewis Cardinal
Cérémonie Saluer le jour pendant les Rencontres Arts et Paix de Caux 2025 (Photo: Orjan Ellingvar)

 

Lors du Caux Forum 2023, Lewis a introduit des cérémonies matinales ancrées dans les savoirs et la sagesse autochtones. Ces moments de recueillement, qui avaient toujours fait partie de la tradition de Caux, allaient désormais s'accompagner de chants sacrés et de rassemblements silencieux autour d’un feu.

Depuis lors, ces cérémonies font partie intégrante des conférences estivales, rappelant que nous formons tou.te.s une seule et même humanité. À l’été 2025, Lewis a apporté à Caux un tipi cree authentique, qui est rapidement devenu l’un des moments forts de l’été dans les jardins du Caux Palace*.

 

Lewis Cardinal
Montage du tipi à Caux avec Hinauri Nehua Jackson du Global Indigenous Dialogue (photo centre: R. Rolim)

 

Pour Lewis, il est essentiel que les gens comprennent l’importance de l’équilibre, d’être en relation avec ce qui nous entoure et avec ce à quoi nous sommes lié.e.s. Et de prendre conscience que chacun.e d’entre nous a un rôle à jouer.

« Parfois, c’est la voix la plus discrète qui détient la pièce du puzzle qui résoudra votre problème », dit-il. « Nous ne le saurons jamais si seules les voix les plus fortes sont entendues. »

Car c’est dans le silence et l’écoute que commence le véritable changement.

 

(* Le tipi fera également partie de l’été 2026 à Caux. Vous pouvez vous joindre à nous le 21 juin pour les célébrations du solstice au Caux Palace et participer à son montage pour l’été.)

 

Image
Impressions du Caux Forum sur les Objectifs du Développement Intérieur 2025 (Lewis se trouve à droite)

 

 

__________________________________________________________________________

 

Lewis Cardinal

Lewis Cardinal 

Lewis Cardinal est un communicateur et éducateur issu de la Première Nation de Sucker Creek Cree, relevant du Traité n°8 dans le nord de l’Alberta, au Canada. Depuis plus de trois décennies, son engagement de leader s’est exercé à travers des rôles de défense des droits aux niveaux local, national et mondial, notamment en faveur des droits des peuples autochtones, de la revitalisation culturelle, de la défense des intérêts des Autochtones en milieu urbain et le renforcement des capacités, ainsi que dans l’établissement du dialogue interreligieux. Ses contributions ont été saluées par de nombreuses distinctions, dont deux médailles de la reine Elisabeth II (Jubilé de diamant et Jubilé de platine), le Prix Indspire pour le service public (une reconnaissance décernée par les peuples autochtones du Canada), la médaille du centenaire de la province d’Alberta pour les droits de la personne et la diversité, ainsi qu’un doctorat honorifique en lettres sacrées du St. Stephen’s College de l’Université d’Alberta pour son travail visant à combler les fossés culturels et confessionnels. En octobre dernier, Lewis Cardinal a été intronisé en tant que 11ème chancelier du St. Stephen’s College de l’Université de l’Alberta à Edmonton, au Canada.  

Ces expériences nourrissent chaque aspect de son travail de conseil et de production audiovisuelle, où il se spécialise dans l’éducation autochtone, la gouvernance autochtone, la communication stratégique et le développement de projets. Par-dessus tout, il reste animé par un engagement de longue date à cultiver des relations sacrées entre des communautés et des visions du monde diverses.

Lewis est le responsable du Global Indigenous Dialogue et coprésident du conseil d’administration d’Initiatives et Changement Canada.

 

Lewis Cardinal
Foyer utilisé lors des cérémonies matinales Saluer le jour organisées par Lewis à Caux

 

Basé sur un entretien avec Olivia Chollet

Job Offer
Off

sur le même thème

Sveinung blog square FR.png

Une brique pour Kiev

Compositeur, musicien et facilitateur artistique, Sveinung Nygaard a contribué à façonner la vision créative du Caux Forum pour la démocratie 2026 au sein de l'équipe artistique. Souhaitant intégrer l...

Caux IDG 2026 call for workshops FR.png

Caux IDG Forum 2026: Appel à contributions - ateliers et conversations aux chandelles

Appel à candidatures pour les organisateur.ice.s et facilitateur.ice.s d'ateliers et de conversations aux chandelles ! Souhaitez-vous partager votre inspiration, vos idées et vos compétences avec les ...

Le long chemin vers une confiance retrouvée - Ignacio Packer

Le long chemin vers une confiance retrouvée - Leçons de Davos

Après avoir participé à la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos le 22 janvier 2026, Ignacio Packer, directeur exécutif de la Fondation Caux Initiatives of Change, revient sur la questi...

CDF 2025 Caux Democracy Forum report square FR

Caux Forum pour la démocratie 2025 : le rapport complet est désormais disponible

Découvrez le rapport complet du Caux Forum pour la démocratie 2025, qui a réuni plus de 350 participant.e.s de plus de 45 pays au Caux Palace pour réfléchir et agir sur le thème « Revitaliser la démoc...

Call for workshops FR

Forum de Caux sur les objectifs du développement intérieur 2025 : Appel aux ateliers

Appel aux ateliers ! Vous souhaitez partager votre inspiration, vos idées et vos compétences avec d'autres participants au Caux IDG Forum cet été ? Nous attendons avec impatience votre candidature ! L...

Geneva Democracy Dialogue October 2024 square FR

La démocratie : une question de choix et de voix

« Dans une démocratie, chacun.e d'entre nous a la responsabilité de s'engager, d'écouter et de contribuer. C'est plus qu'un système politique. Il s'agit d'un choix et d'une voix. Comment cela résonne-...

Viki square FR

L'Europe : Un esprit de diversité

La journaliste espagnole Victoria Martín de la Torre passionnée par l'Europe, la diversité et les relations interconfessionnelles. Elle réfléchit divers aspects de l'Europe, s'appuyant sur la base de ...

Polina & Katya square FR website.png

Que signifie «être chez moi»?

Face à l'escalade des conflits dans le monde, les arts apparaissent comme une force puissante pour remettre en question les idées fausses et favoriser des perspectives positives. Le rôle central des a...

Ignacio India blog FR

Agir en accord avec ses paroles dans le monde des affaires

Du 25 au 28 janvier, environ 60 PDG et autres membres de la haute direction se sont réunis sous le couvert des règles de Chatham House pour partager leurs expériences personnelles sur la manière de co...

Save the date Caux Forum 2024 FR

Caux Forum 2024: A vos agendas !

A vos agendas pour le Caux Forum 2024! This summer Caux Initiatives of Change, in partnership with Initiatives of Change International and supported by other civil society networks, UN agencies, phila...

Caux Forum 2023 Opening Ceremony square FR

Combler les lacunes dans les efforts mondiaux pour la paix et la démocratie

La cérémonie d'ouverture du Caux Forum 2023 a donné le ton de la conférence avec le thème "Renforcer la démocratie : Du traumatisme à la confiance". Découvrez le rapport et revivez les temps forts !...

Tsvetana 13 sept 2023 FR

Trouver un but et une harmonie grâce à la musique et au Caux Palace

« Il est si étrange que l'on apprenne aux gens à croire en Dieu, mais pas à croire en eux-mêmes. » Le parcours de la musicienne Tsvetana Petrushina est un récit inspirant sur la façon dont elle a déco...

Save the date 2023 square no date

Caux Forum 2023: A vos agendas

Nous sommes heureux et heureuses d'annoncer que le Caux Forum sera de retour à Caux l'été prochain ! Découvrez plus de détails et réservez la date ! ...

Arpan Yagnik

Arpan Yagnik: Gravir des montagnes

Arpan Yagnik, participant à la conférence sur le Leadership créatif de l'année dernière et membre de l'équipe du IofC Hub 2021, parle à Mary Lean de créativité, de peur et de vocation. ...


Subscribe to