Angela Starovoytova
Angela Starovoytova est facilitatrice de dialogues et formatrice pour une communication effective.
Angela Starovoytova est facilitatrice de dialogues et formatrice pour une communication effective.
Gabriele Segre est le directeur de la Vittorio Dan Segre Foundation (Suisse).
Morenike Onajobi a connu I&C Suisse en 2012 grâce au théâtre Intermission Youth. A partir de 2016, elle a fait partie de l'équipe de direction du Programme de Caux pour la paix et de leadership. En tant que formatrice, Morenike est spécialisée dans l'introspection personnelle et le développement du leadership.
Vivek Asrani travaille pour l’entreprise familiale depuis 35 ans et est actuellement le directeur de Kaymo Fastener Company en Inde. Après avoir obtenu son diplôme en science, il a poursuivi des études de droit. Il était membre du comité exécutif de l’AIESEC de 1986 à 1989 et le président fondateur de l’Association of Youth for Better India (AYBI) de 1990 à 1993. Il a découvert I&C en 1992 et en est un membre actif depuis 1995. Il fait actuellement partie du conseil d’administration d’I&C Inde.
Nazrene Mannie est la Directrice exécutive de GAN Global.
Cliquez ici pour lire l'entretien avec Nazrene dans notre série "Mon expérience d'apprentissage".
Alors que le confinement et les restrictions de voyage liés à la pandémie commencent lentement à s'atténuer et qu'un retour à la vie normale semble se rapprocher, nous nous trouvons à un moment critique. Notre façon d’agir sera déterminante pour l’environnement La propagation du nouveau coronavirus a mis en lumière certains des effets à long terme des pressions exercées par l'homme sur la nature et il nous appartient de faire le bon choix pour préserver notre planète dans la réalité post-pandémique.
Il n’existe aujourd’hui aucun doute quant à la contribution du confinement mondial à l’assainissement de l'air et à l’accélération des innovations dans les chaînes d'approvisionnement alimentaire et dans le secteur des soins de santé. Le virus a également suscité des critiques croissantes à l'égard du commerce mondial des espèces sauvages (qui, selon le Fonds mondial pour la nature, WWF, représente environ 20 milliards de dollars par an). Ce commerce nous met en effet en contact avec des animaux et des habitats auxquels nous n'étions pas exposés auparavant. Selon le Dr Ben Embarek, du département de la nutrition et de la sécurité alimentaire de l'Organisation mondiale de la santé, le nombre de maladies jusqu'alors inconnues liées à de nouveaux contacts entre les humains et les animaux est en augmentation. Il conseille de réglementer davantage le commerce des animaux sauvages afin d'éviter que des crises sanitaires similaires ne se reproduisent à l'avenir. Une telle réglementation serait également une étape essentielle pour préserver la biodiversité et protéger les animaux menacés par le commerce illégal. Au moment où nous écrivons ces lignes, des interdictions temporaires ont été décrétées en Chine : une grande victoire pour les personnes qui défendent les droits des animaux.
Ces effets positifs, en particulier la diminution des émissions de carbone et de gaz à effet de serre, peuvent servir de tremplin à de futures politiques durables, mais ce ne sera pas facile. Selon Kimberly Nicholas, chercheuse en sciences de la durabilité à l'université de Lund en Suède, les recherches en sciences sociales montrent que les interventions sont plus efficaces en période de changement. Cela suggère que le moment est venu - à un moment critique de l'histoire - d'intervenir en faveur de l'environnement. Mais la fermeture du monde, à l'exception du secteur de la santé et des entreprises essentielles, qui s’accompagne de l’immobilisation de l'économie, entraîne une grande incertitude et un profond malaise. Lorsque les nuages se dissiperont enfin, les gouvernements s'attacheront immédiatement à relancer l'économie et à remettre les industries sur les rails pour éviter de prolonger la plus grande récession mondiale depuis la crise financière de 2008. Cette situation met en péril la politique à long terme en matière de changement climatique, qui risque d'être reléguée au bas de la liste des priorités politiques.
De nombreux expert-e-s affirment que l'impact à long terme de la pandémie sur le climat dépendra de la manière dont les pays et les entreprises réagiront à la crise économique une fois les restrictions levées, car les politiques visant à éviter le changement climatique nécessitent des changements majeurs au niveau des infrastructures et de la société. L'Agence internationale de l'énergie a déclaré que les conséquences du virus affaibliront les investissements dans les énergies propres et les efforts de réduction des émissions. Elle a également ajouté que les gouvernements ne tiendront très probablement pas compte du réchauffement climatique dans leurs plans de relance pour l'économie. Jacqueline Klopp, codirectrice du Centre pour le développement urbain durable de l'Université de Columbia à New York, souligne cependant que la pandémie pourrait être un signal d'alarme pour les politicien-ne-s et les gouvernements, qui devraient prendre conscience que d'autres menaces pour l'humanité, dont le changement climatique, pourraient être tout aussi dévastatrices et qu'il est essentiel de mettre en place des mesures de protection dès maintenant.
Il ne fait aucun doute que le développement économique qui intègre la durabilité à long terme nécessite un certain nombre de changements infrastructurels, que nous soyons ou non en récession. Mais en cette période où nous pouvons constater les effets – et les avantages - des pratiques plus durables (bien que dans des circonstances que personne n'a demandées ou attendues), la pression pour agir est critique. Le professeur Paul Monks, spécialiste de la pollution atmosphérique, affirme que les améliorations que nous avons déjà constatées - surtout en ce qui concerne la qualité de l'air au niveau mondial - nous obligent à réaliser que nous avons un énorme potentiel pour ce qui est des changements que nous pouvons apporter à nos modes de vie et à nos habitudes de travail. Les réponses communautaires et la pression exercée sur les gouvernements locaux et nationaux peuvent s'avérer cruciales. Voulons-nous revenir au statu quo et continuer à augmenter les risques à long terme pour l'humanité, ou voulons-nous nous lancer dans la difficile mais temporaire tâche de modifier les infrastructures afin de mettre notre planète et les générations futures sur une voie meilleure et plus verte ?
Comment pouvons-nous créer un meilleur système qui soit juste pour les personnes et respectueux de la nature ? Quel rôle l'innovation y jouera-t-elle et comment la société civile et les décideurs et décideuses politiques peuvent-ils et elles influer sur ce changement ? Nous pensons que nous devons profiter de cette crise pour opérer un changement systématique pour les personnes et pour la planète.
Nous traiterons de ces questions et d'autres sujets lors de notre Dialogue de Caux sur l'environnement et la sécurité, qui se déroulera en ligne du 1er au 4 juillet 2020. Rejoignez notre communauté si vous voulez participer à ce changement !
Karina Cheah est stagiaire en communication à I&C Suisse, où elle participe également au Dialogue de Caux sur l'environnement et la sécurité et à l'Académie d'été sur les terres, la sécurité et le climat.
Irina Fedorenko est la Directrice opérationnelle du Dialogue de Caux pour l'environnement et la sécurité.
Danièle Castle est Directrice générale de l'éducation et des talents chez digitalswitzerland.
Cliquez ici pour lire notre entretien avec Danièle dans la série "Mon expérience d'apprentissage".
La crise COVID-19 est un défi mondial pour les personnes du monde entier et de tous horizons. Découvrez l’entretien que nous a consacré Andrew Stallybrass (Royaume-Uni/Suisse). Il nous parle de la façon dont il vit la situation actuelle et les leçons qu'il a tirées de son confinement. Andrew travaille pour Initiatives et Changement depuis de nombreuses années et vit actuellement à Caux, en Suisse, avec sa femme Eliane.
Quel impact la pandémie de COVID-19 a-t-elle sur votre vie ?
Cela peut paraître surprenant, mais la pandémie n’a que peu d’impact. Ma femme, Eliane, et moi avons plus de 70 ans et faisons donc partie des personnes dites « à risque ». Mais Caux est un bien bel endroit pour être confiné.
Décrivez en trois mots comment vous vous sentez en ce moment ?
Je suis préoccupé, inquiet, mais aussi optimiste.
Quel est votre plus grand défi actuellement ?
Poser des priorités. Que devrais-je faire maintenant ? Je suis censé être à la retraite, mais j'ai tellement de choses à faire, de livres à lire, de travail. Ma femme et moi sommes tous deux très impliqués dans la mise en place d’une nouvelle plateforme consacrée à l'histoire du Réarmement moral et d’I&C, une sorte de Wikipédia. Et ça, c’est un sacré défi !
Qu’est-ce que cette période vous a appris ?
Nous avons été pendant longtemps épargnés et sommes aujourd’hui encore privilégiés. Depuis deux ou trois générations, dans notre petit coin de paradis, nous avons vécu sans menace majeure qui ne puisse être contrôlée. Actuellement, nous sommes revenus à une situation plus classique : la plus grande partie de l'humanité a longtemps dû vivre avec la peur de la peste, de la guerre, des catastrophes naturelles… Notre richesse et nos connaissances scientifiques, aussi grandes soient-elles, ne peuvent pas toujours nous protéger de tous les dangers.
Pratiquez-vous la réflexion en silence ? Le cas échéant, comment faites-vous, et comme cette pratique vous aide-t-elle ?
Oui, je m’adonne à la réflexion en silence presque tous les matins, et ce depuis plus de 50 ans. Une lecture quotidienne d'un livre ou d'un texte qui m'inspire, m'encourage, m’interpelle. Des moments d'inspiration très rares : le sentiment que quelque chose de plus grand que moi, qui me dépasse, essaie de me donner de nouvelles pensées, idées, inspiration. Beaucoup plus souvent, un simple sens des priorités de la journée. Un ami que je souhaite contacter. Une lettre ou un e-mail à écrire.
Quels sont vos meilleurs conseils pour lutter contre l'anxiété, la solitude, l'incertitude (selon ce qui vous préoccupe le plus) ?
Penser aux autres et se remettre au travail.
Comment se rapprocher des autres et les soutenir alors que nous devons vivre reclus ?
Il suffit de se connecter. Quels outils étonnants nous avons de nos jours à notre disposition, avec Skype et Zoom, le courrier électronique et les téléphones portables !
Qu'est-ce qui vous a fait rire aujourd'hui ?
Je n'ai pas encore ri aujourd'hui. Mais il y a eu beaucoup de rires et de moments amusants. Nous avons appris que l'un de nos deux chats aime se promener avec nous (une promenade de 35 minutes dans la forêt près de chez nous). Hier, nous avons croisé une famille qui a été absolument étonnée de rencontrer un chat suivant ses maîtres...
Comment aimeriez-vous sortir de cette crise ?
Plus en paix avec moi-même et avec le monde. Plus optimiste pour l'avenir de cette précieuse et fragile planète.
De quoi êtes-vous reconnaissant ?
Je suis reconnaissant du message d’I&C : « Bâtir la confiance au-delà des divisions du monde. » Je n'étais pas un grand fan de ce slogan lorsqu’il a été lancé. Pour moi, il ne saisissait pas l'essence de ce que nous sommes censés être. Maintenant, je suis beaucoup plus convaincu ! La confiance est tellement indispensable à la démocratie et au bon fonctionnement de la société humaine. Et la confiance est menacée, partout dans le monde. Les fausses nouvelles, les rumeurs, les mensonges... On entend souvent dire : « Ils ne nous disent pas la vérité... Ils nous cachent des choses... Nous ne savons pas vraiment... » J'ai de la chance de vivre dans une démocratie, avec une presse libre, alors oui, j'ai confiance en notre gouvernement. J'ai confiance en Alain Berset, notre ministre de la Santé. J'ai confiance dans le gouvernement fédéral. J'ai confiance en ce qu'ils me disent ou nous disent. Je leur fais d'autant plus confiance quand ils disent ne pas tout savoir, que nous sommes tous confrontés à une maladie et à une situation nouvelles, inattendues. J'ai confiance que collectivement, nous apprendrons comment nous aurions pu mieux faire, et comment nous ferons mieux la prochaine fois - parce qu'il y aura probablement une prochaine fois. J'ai confiance de pouvoir, en tant qu’individu, au même titre que notre pays, notre continent, notre monde, compter sur une sagesse et un amour plus grands et rassembleurs, capables de nous amener dans une communauté plus large, où chaque personne compte, est chérie et respectée, et peut avoir un rôle dans la construction d'un avenir meilleur pour nous toutes et tous.
Entretien par Karina Cheah
Daniel Clements, le coordinateur de l’édition 2020 de Leadership créatif, n'aurait jamais rejoint Initiatives et Changement si son père ne lui avait pas conseillé, l’année dernière, de participer au Programme de Caux pour la paix et le leadership (CPLP). « Il était persuadé que le CPLP était fait pour moi, » confie Daniel Clements, actuellement assistant pédagogique au Pays de Galle, sa région d’origine.
Cette énergie si particulière qui caractérise Caux a eu un grand impact sur Daniel et sur la perception qu’il avait de lui-même. Il était étonné de voir à quel point les personnes présentes pouvaient être ouvertes et il était décidé à suivre cet exemple. Un an plus tard, Daniel Clements continue à réfléchir aux changements qu'il souhaite apporter à sa vie, mais pour lui, cette expérience l'a déjà aidé à communiquer davantage, à faire confiance aux autres et à être plus ouvert. « C'est un voyage qui est loin d’être terminé, mais qui me permet d’avancer comme jamais auparavant, » confie-t-il.
Avant de venir à Caux, Daniel avait passé sept ans comme bénévole auprès des Cadets de l’Air, mais depuis peu, la magie n’opérait plus. « Ce n'était plus l'endroit où je voulais être ou où qui me donnait un but, »explique-t-il. Encore marqué par ce constat, il se rend à Caux et découvre toutes ces choses auxquelles il peut se consacrer. Fort de cette expérience, il reconnaît qu'il est temps de changer et décidé d'explorer l'expression de soi en s'impliquant davantage dans une troupe de théâtre. « C'est l'une des meilleures décisions que j'aie jamais prises, » ajoute-t-il.
De tels changements peuvent sembler d’ordre purement personnel, mais, comme le dit Daniel, « la seule chose que vous pouvez vraiment changer, c'est vous-même. » « Plutôt que de vous orienter vers la « bonne » façon de faire quelque chose, » ajoute-t-il, « l'approche de la CPLP en matière de dialogue ouvert et d'autoréflexion vous permet d'être plus honnête avec vous-même et avec les autres. Vous changez votre façon de voir les choses et l'approche que vous en avez, ce qui a un impact plus fondamental. » En se changeant soi-même, on voit les choses sous un jour nouveau, ce qui insuffle de nouveaux changements. » Cet état d'esprit a non seulement incité Daniel à apporter ces changements dans sa vie personnelle, mais aussi à s'engager davantage auprès d'I&C Suisse en prenant cette année la tête de la conférence sur le Leadership créatif
Les participant-e-s au CPLP de l'année dernière ont lancé le Leadership créatif (CL), une conférence destinée aux ancien-ne-s de la CPLP, et dont l’objectif est de découvrir un modèle, un outil utile pour le développement de projets qui cherchent dans leurs communautés à apporter une solution à un problème avec une approche locale, nationale ou encore internationale. En raison de la pandémie de COVID-19, le CL a réfléchi au format numérique qu’il peut adopter et propose une conférence plus accessible et plus flexible incluant des groupes de dialogue, des temps de silence, des webinaires et des bibliothèques humaines. Guidés par les valeurs d'I&C ces événements s'appuieront sur le partage d’expériences qui sont autant de méthodes d'apprentissage pour maintenir autant d'interaction que possible. Daniel s’est montré enthousiaste à l'idée de travailler avec d'autres ancien-ne-s de la CPLP pour donner naissance à un cadre dans lequel ils et elles pourront plus facilement se soutenir mutuellement et créer le changement. En tant que directeur du programme, Daniel endosse un rôle clef et confie « Pour moi, cela a beaucoup de sens de travailler avec toutes ces personnes incroyables venues du monde entier. »
De Karina Cheah
Le quatrième objectif de développement durable des Nations unies concerne l'accès à une éducation de qualité et à l'apprentissage tout au long de la vie - deux éléments essentiels pour apporter des changements positifs dans le monde.
Nous vivons à une époque de changements constants, rapides et profonds, déclenchés par le changement climatique et la transformation numérique. Pour trouver les bonnes réponses à ces nouvelles questions, nous devons apprendre davantage, et peut-être différemment. La curiosité, la créativité et l'esprit critique sont aussi importants que les compétences en mathématiques, en informatique, en langues, etc. Nous devons faire preuve d'innovation et d'ingéniosité pour construire un monde juste, pacifique et durable pour nous et nos enfants.
L'apprentissage a besoin de systèmes d'éducation bien gérés, mais il vient de chacun-e d’entre nous, de notre propre intérieur. Apprendre peut être amusant, mais parfois aussi douloureux. En préparation du prochain événement « Leadership éthique dans le business » en juin 2020, nous avons invité diverses personnes du monde entier à partager des récits de leurs parcours d'apprentissage. Ces récits offrent des aperçus inspirants et nous invitent à réfléchir sur notre éducation et notre apprentissage tout au long de la vie.
"Mon expérience d'apprentissage" (My Learning Story) espère devenir une expérience d'apprentissage globale, reliant des personnes du monde entier qui partagent leurs histoires sur ce que nous faisons toutes et tous chaque jour : apprendre à construire un avenir meilleur.
Nazrene, vous êtes la directrice exécutive du Global Apprenticeship Network (GAN), une alliance axée sur les entreprises et dont l'objectif principal est d’encourager l'apprentissage en milieu professionnel. Merci de nous faire part de vos réflexions sur l'éducation et l'apprentissage... Quel est l'impact de la pandémie de COVID-19 sur le système d'apprentissage ?
Il est clair que l’actuelle pandémie de COVID-19 a un impact important sur l’apprentissage, aussi bien en termes d’organisation que de formation. Toutefois, au sein du GAN Global, nous sommes heureux de voir émerger un grand nombre de solutions et d’innovations qui soutiennent les apprentis et leur permettent de continuer à apprendre grâce à de nouveaux formats. Nous avons constaté une augmentation de l'apprentissage numérique, des pratiques d'apprentissage à distance, de l'apprentissage en groupe et en rotation, ainsi que la mise en place de systèmes permettant de protéger les contrats et les indemnités d’apprentissage. Ces initiatives en faveur de la formation et du développement continus sont un signe de la valeur et de l'importance que l’on accorde aujourd’hui à l’apprentissage.
Traditionnellement, l'apprentissage assure la transition entre l'école et le monde du travail. S'agit-il encore d'un modèle valide au XXIème siècle ?
L'apprentissage a encore toute sa place dans les sociétés et les communautés qui y voient une manière d'acquérir des compétences et de développer une carrière. Même si la nature du travail va certainement se transformer dans les prochaines années, je crois sincèrement qu'il y aura encore une place pour l'apprentissage, que ce soit en matière d’éducation ou d'enseignement. Au GAN-Global, nous nous concentrons toute particulièrement sur les questions d'apprentissage en entreprise, car nous sommes convaincus qu’il s’agit d’une solution performante qui permet de créer une main-d'œuvre flexible, durable et capable de répondre aux défis du monde du travail du XXIème siècle.
Comment encourager les salarié-e-s plus âgé-e-s à s'engager sur la voie de l'apprentissage en entreprise ?
Il est essentiel que l'ensemble des salarié-e-s, y compris les plus âgé-e-s, puissent renforcer leurs talents, que ce soit en perfectionnant leurs compétences actuelles, en les recyclant ou en en acquérant de nouvelles. Un environnement propice, c’est un environnement centré sur l'apprentissage en milieu professionnel. C’est grâce à cela que les employé-e-s auront la possibilité de montrer les compétences, connaissances et expériences dont ils disposent actuellement et de les développer. La clé d'une telle approche, c’est de créer un environnement sûr et de confiance, dans lequel l'apprentissage est valorisé et où les personnes sont reconnues sur le plan professionnel parce qu’elles ont fait un apprentissage.
À votre avis, quel est l’intérêt de renforcer l'apprentissage tout au long de la vie et quels sont les risques posés par l'éducation et la formation en ligne ?
L'apprentissage tout au long de la vie nous permet principalement d’élargir notre base de connaissances, de nous initier et nous exposer à de nouvelles méthodes de travail et à de nouveaux modes de pensée, de développer des approches professionnelles nouvelles et innovantes et d’avoir des opportunités pour faire évoluer notre carrière, que ce soit en restant dans le même domaine ou en s'engageant dans quelque chose de nouveau. Reconnaître ces opportunités nous permet de construire et d’améliorer l'accès au matériel pédagogique et d’offrir l'accès à des cours (par exemple les nombreux MOOC sur Internet). Cela nous permet également de nous assurer que l'apprentissage, une fois terminé, soit reconnu, que les personnes envisageant de faire un apprentissage puissent recevoir des conseils appropriés, y compris en termes d'orientation professionnelle, et, enfin, que les organisations créent des environnements propices, dans lesquels elles pourront offrir des opportunités d’apprentissage et où les individus également seront motivés pour mener une expérience personnelle d'apprentissage.
Si les opportunités existent, il y a aussi des risques, notamment en termes d'accès aux infrastructures et aux technologies, d'accès à un espace d'apprentissage sécurisé et de motivation personnelle pour apprendre (il ne faut pas imposer l’apprentissage aux individus). Il est également important de veiller à ce que les compétences acquises grâce à cet apprentissage soient reconnues lors du processus de recrutement et d’intégration dans l’organisation et que l'apprentissage ait une vraie valeur sur le plan pratique.
En Suisse, environ 30 % des entreprises, en particulier les PME, ne trouvent pas les bons profils. Quel rôle les PME peuvent-elles jouer dans le développement des talents dont elles ont besoin ?
Un élément important de l’action du GAN Global, c’est de travailler avec les PME afin de s'assurer que ces organisations aient les connaissances, l'expérience et la capacité d'offrir elles-mêmes des opportunités de formation et de développement. Nous sommes tout à fait conscients que la formation et le développement nécessitent beaucoup de ressources et peuvent souvent être bureaucratiques. C'est la raison pour laquelle les grandes entreprises sont généralement plus aptes à offrir une offre structurée de formation et développement des compétences. Au GAN, nous travaillons avec nos partenaires pour créer une méthodologie de formation sur la base des bonnes pratiques glanées auprès des grandes entreprises et que les PME pourraient appliquer au sein de leur organisation. Par cette approche, nous les aidons à mieux combler le fossé entre leurs besoins de recrutement et les compétences des candidats, fossé qui existe dans de nombreux secteurs.
Le GAN est un réseau mondial. L'apprentissage par le travail est-il un concept applicable dans toutes les sociétés ?
Le GAN Global s’appuie sur 15 réseaux nationaux et compte parmi ses partenaires de nombreuses entreprises multinationales et organisations de développement de politique internationale. Cela nous montre que l'apprentissage sur le lieu de travail est considéré comme une méthodologie et une approche pertinentes pour remédier au déficit de compétences, quels que soient les pays, les économies et les secteurs industriels. C'est une approche qui peut s’appliquer partout dans le monde et être adaptée à différents contextes et besoins.
Que faites-vous pour maintenir votre attractivité professionnelle ?
Je lis en permanence et j’échange sans cesse avec les dirigeant-e-s d’entreprise, les universitaires et les partenaires sociaux sur la problématique de l’apprentissage. L'apprentissage tout au long de la vie est une approche à laquelle je crois fermement et la connaissance et la compréhension qu’il m’apporte m'ont permis de continuer à me maintenir à niveau dans un secteur qui est en constante évolution.
Que recommanderiez-vous aux personnes qui ont du mal à se remettre à apprendre ?
Je leur suggérerais de commencer petit. Elles peuvent lire au moins un article ou deux par jour, se mettre en contact avec des personnes de leur secteur d’activité et échanger avec des collègues via des plateformes comme LinkedIn et Twitter afin de voir quels sont les derniers développements et mises à jour dans leurs domaines d'intérêt.
Que voulez-vous apprendre, mais que vous n'avez pas encore osé ?
J'aimerais développer de nouvelles compétences dans le domaine des nouvelles technologies. En particulier, j’ai envie de mieux comprendre ce que sont les blockchains. Pour le moment, cela me semble difficile d’accès, mais je dois suivre mes propres conseils et aborder l'apprentissage par petits morceaux pour construire progressivement ma base de connaissances.
D'où vous vient votre désir d’apprendre ?
Cela me vient de l’enfance : depuis toujours, j’ai un besoin fondamental de lire et d'apprendre. Je suis fascinée par le développement et, comme j’ai travaillé dans de nombreux secteurs d’activité – de la banque à l'ingénierie industrielle –, ça a toujours été important pour moi de suivre le rythme des innovations et des bonnes pratiques. Un autre élément qui me motive, c’est de vouloir être un bon exemple pour celles et ceux qui m'entourent. Au GAN Global, nous encourageons constamment nos partenaires à s'engager et à promouvoir l'apprentissage en milieu professionnel et il est donc essentiel que, nous aussi, nous soyons capables d’évoluer.
Qu'est-ce qui a changé pour vous grâce à ce que vous avez appris ?
J'ai pu devenir une interlocutrice de confiance pour les réseaux, les entreprises et les partenaires aussi bien en tant que directrice exécutive du GAN Global que dans mes fonctions précédentes. Cela n’aurait pas été possible si je n'avais pas pu prouver que j’avais une vraie connaissance et une vraie compréhension du sujet que nous promouvons.
Qui est votre meilleur professeur ?
Mon meilleur professeur, c’est une approche de l’existence qui m’a fait accepter le mentorat, la supervision et les conseils de celles et ceux qui m'entourent. À ça se sont ajoutées des connaissances académiques, mais certaines des leçons les plus importantes m’ont été enseignées par mes pairs, que ce soit des collègues ou des personnes qui faisaient la même chose que moi.
Qu'est-ce que la vie vous a appris ?
J'ai appris que rien n'est permanent, que la vie et le monde sont en constante évolution et que la clé pour faire face aux difficultés et réussir, c’est de pouvoir apprendre et s'améliorer en permanence. Cela me permet de m'assurer que je suis suffisamment adaptable et flexible pour répondre de manière signifiante à toutes les expériences de la vie.