Caux Forum 2023: A vos agendas
18 - 26 juillet 2023
16/12/2022
Le Caux Forum revient en juillet 2023 avec deux événements en présentiel et veut transmettre au monde un message urgent d'espoir et de défi. Certaines parties du Forum se dérouleront en ligne pour permettre à celles et ceux qui ne pourront pas venir en personne de participer à l’événement.
Cérémonie d'ouverture
18 juillet 2023, 10:00 – 12:00
Une table ronde sur les principaux défis à relever pour instaurer la confiance dans les communautés et sur les sources d'espoir.
Guérir les blessures du passé
17 - 22 juillet 2023
Cet événement offrira un espace à toutes les personnes qui recherchent la guérison, la réconciliation et les moyens de rebâtir la confiance.
Les relations brisées résultent de blessures non guéries, souvent transmises de génération en génération. Mais la guérison est possible. Une énergie, une vision et une vocation nouvelles peuvent émerger de chaque étape franchie pour réparer une relation. La confiance peut renaître, et avec elle la coopération nécessaire pour répondre aux immenses défis auxquels nous sommes confronté·e·s au niveau mondial. Y compris celui de créer une nouvelle relation avec notre environnement naturel.
Confiance et intégrité dans la démocratie
24 – 26 juillet 2023
Comment pouvons-nous assister à une résurgence de la confiance dans nos systèmes politiques ? Et que peuvent faire les citoyen·ne·s ordinaires pour inverser la tendance actuelle et renforcer la démocratie dans leurs pays respectifs ?
Cet événement s'adresse à celles et ceux qui veulent découvrir comment aider leur pays à répondre efficacement aux défis internes et mondiaux.
Réservez dès maintenant ces dates pour nous rejoindre au Caux Forum en 2023.
Jacqueline Coté (Présidente I&C Suisse) & Gerald Pillay (Président I&C International)
Lost in Translation : Être bénévole au Caux Refuge
Un blog du Caux Refuge par Eliane Stallybrass
28/11/2022
Lorsque les premiers et les premières Ukrainien-ne-s sont arrivé-e-s au Caux Refuge, mis en place au centre de conférence d'I&C à Caux, Eliane et Andrew Stallybrass ont été parmi les premiers et premières volontaires à les accueillir à la Villa Maria et à leur proposer leur soutien. Eliane savait que l'apprentissage du français serait essentiel afin de rendre l’installation de ces hommes et ces femmes plus facile. C’est pour cette raison qu’Eliane a rapidement mis en place des cours de français. Elle témoigne :
Ils et elles sont une quinzaine, assis-e-s devant moi, concentré-e-s, essayant de saisir ce que je leur explique sur la langue française. Ce sont des Ukrainien-ne-s qui ont dû quitter précipitamment leur foyer et se retrouvent maintenant dans un pays où ils et elles doivent repartir de zéro.
Ils et elles apprennent une langue qu'ils et elles n'avaient pas l’intention d'apprendre il y a encore peu, et doivent trouver un emploi, alors que dans la plupart des cas ils et elles en avaient déjà un en Ukraine. Ils et elles avaient des ami-e-s, des loisirs, une maison, peut-être détruite entre-temps... Je les regarde avec en moi un mélange de colère face à ce qu’ils et elles traversent et de tendresse face à tous les efforts qu’ils et elles déploient.
Juste après le début de la guerre en février 2022, I&C Suisse a mis la Villa Maria à la disposition des Ukrainien-ne- alors en quête d'un espace sûr. Actuellement, ce sont 24 personnes qui sont accueillies au Caux Refuge. Parmi elles, des enfants, dont plusieurs sont désormais scolarisés, mais aussi des grands-mères. Et puis il y a celles et ceux qui sont dans la fleur de l'âge et qui doivent comprendre les lois suisses en matière d’emploi avec comme objectif d’en décrocher un prochainement.
Le Caux Refuge accueille des infirmières, un pharmacien, un professeur d'université, un homme politique, un ingénieur en électronique, des mères de famille... Les enseignant-e-s continuent à donner des cours en ligne à leurs élèves vivant dans différents pays. La plupart de ces Ukrainien-ne-s connaissaient Initiatives et Changement avant leur arrivée à Caux. Certain-e-s étaient déjà venu-e-s pour participer à des conférences ou à des Semaines de la Communauté Internationale (WIC). D’autres connaissaient le programme Foundations for Freedom, initié et développé par I&C dans les années 1990 et au début des années 2000, et très présent en Ukraine.
La Fondation I&C Suisse a engagé deux agentes de liaison, Ekaterina et Maria, pour aider les Ukrainien-ne-s de Caux à s’y retrouver dans la bureaucratie suisse. Le livret S leur permettant de rester en Suisse est assuré pour toutes et tous. Et grâce à Ekaterina et Maria qui parlent leur langue, aller chez le médecin ou se rendre à l'office du travail n’est plus un problème.
Ils et elles suivent des cours de français deux ou trois fois par semaine. Et ils et elles ont découvert, comme je l'ai fait à mes dépens, que la syntaxe du français et du russe n'est pas du tout identique. Par exemple, il m'a fallu du temps pour comprendre qu'en russe, le verbe « être » n'existe pas au présent. En russe, il suffit de dire « moi fatiguée ». Pas besoin de verbe !
La technologie moderne aide beaucoup à surmonter les obstacles. Chacun-e possède un téléphone portable qui lui permet de rester en contact avec les ami-e-s et la famille, souvent dispersé-e-s elles et eux aussi. Sans compter que les Smartphones permettent de découvrir les cours et les activités de la région.
Ils et elles ont aussi initié aux applications de traduction les bénévoles qui le ne les connaissaient pas encore. Vous parlez dans le Smartphone et la traduction en russe ou en ukrainien apparaît immédiatement. Et vice versa. Mais attention, le résultat n'est pas toujours d’une grande précision ce qui peut donner lieu à des malentendus amusants.
Lorsque le village de Caux a appris l'arrivée des Ukrainien-ne-s, la mobilisation de ses habitant-e-s a été très forte. Les dons de vêtements, de jouets et d'objets du quotidien ont afflué.
Nous sommes même devenu-e-s ami-e-s avec le maire de Caux, Olivier Gfeller. Il s'est joint à nous pour célébrer la Pâques orthodoxe et pour une promenade en bateau au Bouveret, où tout le groupe a profité de l'Aquaparc, avec ses petits trains qui permettent de découvrir la Suisse en miniature. A cette occasion, le groupe lui a offert un drapeau ukrainien signé par chacun-e, accompagné du nom de leur ville d'origine.
Neuf mois après le début de la guerre, on ne parle plus maintenant de situation provisoire. Les hôpitaux suisses manquent d'infirmiers et d’infirmières et les restaurateurs et restauratrices s'arrachent les cheveux face à la pénurie de personnel. Espérons que les employeurs pourront ouvrir leurs portes à ces ami-e-s qui cherchent à s'intégrer le plus rapidement possible dans notre société.
J’ai bien peur qu’ils et elles ne doivent rester longtemps loin de chez elles et de chez eux.
VOUS POUVEZ AIDER !
Depuis le début de la guerre en Ukraine, des millions de personnes déplacées ont quitté leurs maisons à la recherche d'un espace sûr. Dans une réponse d'urgence, Initiatives et Changement Suisse a ouvert les portes du Centre de conférences et de séminaires de Caux pour offrir un refuge et un abri aux personnes touchées par la guerre.
Le Caux Refuge est situé à la Villa Maria, juste à côté du Caux Palace. Il peut actuellement accueillir jusqu'à 30 personnes et Initiatives et Changement Suisse travaille en étroite collaboration avec les autorités locales.
Nos propres sources de financement s'épuisant, nous avons besoin de votre aide pour soutenir financièrement le projet du Caux Refuge. Nous avons besoin de 20'000 CHF pour assurer l'accueil du groupe jusqu'à fin 2022.
Nous utiliserons ces fonds pour financer l'aide alimentaire et les autres coûts liés au séjour du groupe à la Villa Maria à Caux.
Nous vous remercions pour votre soutien. Merci de faire un don ici et de préciser « Caux Refuge » lors de votre contribution. Si vous avez des propositions et des questions, n'hésitez pas à nous contacter.
Veuillez noter que les opinions exprimées dans ces articles sont celles des personnes interrogées et ne reflètent pas nécessairement l'opinion de l'interviewer et d'Initiatives et Changement Suisse.
Photo en haut: Maria Raffin
Une formation pour formatrices et formateurs, facilitatrices et facilitateurs à Caux: « Ce n'est que le début »
15/11/2022
Que se passe-t-il lorsque 26 formateurs, formatrices, animateurs et animatrices d'I&C venu-e-s de 12 pays différents s'embarquent pour un voyage d'apprentissage de trois jours proposé à Caux sur la conception et l'animation d'expériences d'apprentissage participatif ? Lors de la séance d'ouverture de la formation (5 - 9 octobre 2022), l’émotion était palpable : il était enfin possible de se réunir en chair et en os à Caux ! Les sourires sur les visages des participant-e-s tout au long de la formation en disaient long.
« Il n’en va pas que de nous »
Le cours de formation intensive était organisé par la responsable des formations d'I&C Suisse, Diana Damsa (Roumanie). Son objectif était d'élargir son pool de formateurs et formatrices, facilitateurs et facilitatrices à même de mettre les principes fondamentaux et les pratiques d'I&C au cœur de toute expérience.
Les participant-e-s venaient du monde entier et d'horizons très différents : Kenya, Inde, Ukraine, Égypte et Mexique notamment. Toutes et tous étaient déterminé-e-s à tirer le meilleur parti de leur séjour à Caux. Une participante égyptienne confiait : « Je suis en quête d'une vie qui ait un sens ».
La plupart des participant-e-s avait une première expérience en facilitation, en coaching ou en enseignement, mais certain-e-s débutaient. Leur but commun : étendre leurs compétences et leurs connaissances. Comme le témoignait l’un des participant-e-s : « Il n’en va pas que de nous. Il s'agit de la communauté au sens large. Il s'agit de se rassembler, d'élargir nos horizons ».
Quels sont les éléments d’une formation réussie ?
Bhav Patel (Royaume-Uni/Modavie) et Kate Monkhouse (Royaume-Uni) ont assuré la formation et guidé les stagiaires à travers une série de sessions couvrant le rôle des formateurs, formatrices, facilitateurs et facilitatrices, la manière d'impliquer les participant-e-s et de concevoir des programmes de formation.
Bhav Patel a invité les stagiaires à retrouver un « esprit de débutant-e » et à explorer le type d'expérience qu'ils et elles aimeraient faire vivre aux participant-e-s à leur formation. Il les a mis au défi de procéder à une véritable analyse des besoins afin de garantir la réussite d’un programme et donné le conseil suivant : « Faites attention à ne pas partir du principe que vous connaissez toutes les attentes d’un-e client-e potentiel-le ».
Il a présenté différents modèles permettant d'offrir la meilleure expérience d'apprentissage possible. « Plus vous serez préparé-e, plus vous pourrez improviser », a-t-il déclaré, invitant les formateurs et formatrices à explorer leurs
Pourquoi l’offre d’I&C est-elle unique ?
Les sessions de Kate Monkhouse se sont concentrées sur les valeurs qui distinguent Initiatives et Changement des autres organisations offrant des services similaires. Dans un secteur en pleine croissance, il est important de savoir ce qui rend notre offre spéciale et de trouver des moyens innovants d'utiliser ces atouts.
Un participant allemand a résumé la principale différence comme suit : « Les gens arrivent ici sans se connaître et repartent ami-e-s ». D'autres ont parlé de la création d'un sentiment de connexion entre les participant-e-s, de l'accent mis sur le silence et la réflexion, de la volonté d'écouter les autres et de comprendre leur point de vue, de la mise à disposition d'un espace où chacun-e peut apprendre et désapprendre, créer des ponts entre les niveaux personnel, local et international.
Ce n'est que le début !
Les sessions étaient axées à la fois sur de la théorie, des études de cas et des exercices pratiques, permettant à tou-te-s les participant-e-s de trouver leur place dans le processus. Une professeur d'université tunisienne a déclaré : « J'ai été tellement exposée à la théorie dans mon travail, mais cette formation a clairement mis en avant mon rôle de facilitatrice. Et ce n'est que le début ! »
Ces trois jours ont constitué un premier pas dans une nouvelle aventure, préparant le terrain pour des offres de formation professionnelle et de facilitation à Caux, à Genève, en ligne ou directement chez les client-e-s.
Un réseau de formateurs, formatrices, d'animateurs et d’animatrices motivé-e-s a vu le jour et nous sommes impatient-e-s de connaître la suite.
Ce qu'ils et elles en disent
Je vais intégrer beaucoup de choses apprises ici dans le format des programmes avec lesquels je travaille déjà. Ann, Kenya
Je suis profondément reconnaissante pour tant d'informations, tant de modèles, de structures, qui nous aident à devenir plus professionnel-le-s dans la conception d'événements. Elly, Pays-Bas
Cette formation a éveillé quelque chose de profond en moi. Monica, Royaume-Uni
La formation a constitué une base solide sur laquelle m'appuyer. Je sens que c'est un tournant pour moi, une prochaine étape avec I&C Suisse. Margret, Suisse
Cela m'a beaucoup aidée à me reconnecter avec moi-même. C'est l'une des premières formations que j'ai suivies où j'ai vraiment envie d'étudier le contenu en profondeur, de l'appliquer dans la pratique et de découvrir les prochaines étapes. - Alevtina, Allemagne
Je suis reconnaissante parce que je sens que je ne suis pas seule, parce que je sais qu'il y a des étapes à suivre et que ce n'est pas seulement lié à cette formation. Il y a quelque chose de global ici. Je suis très reconnaissante pour cet espace. - Dasha, Ukraine
Ce cours a été un rappel doux, humain et professionnel de ma vocation. Nous avons tous des doutes sur ce que nous faisons. Pourtant, nous avons parfois besoin - et nous pouvons être - des miroirs les un-e-s des autres pour mettre en lumière ce qui est bon et réfléchir à ce qui peut être amélioré. Et cela pourrait nous ramener sur la route d'un impact profond. - Asmaa, Égypte
Nos offres de formation
Êtes-vous un-e artisan-e- du changement ou travaillez-vous avec des personnes qui ont besoin de plus de compétences, d'une motivation et d'une concentration renouvelées, de clarté pour les prochaines étapes ou de moyens d'avoir plus d'impact ?
Vous souhaitez inspirer, équiper ou connecter votre personnel, votre équipe ou les personnes que vous touchez par votre travail ?
Découvrez toutes nos offres de formation ici et contactez-nous !
TOUS NOS OFFRES DE FORMATION
Par Ulrike Ott Chanu / Photos: Diana Topan et U. Ott Chanu
Valentin Brunet
De nationalité suisse et française, Valentin Brunet a travaillé en tant que directeur et directeur-adjoint pour des établissements hôteliers dans le canton du Valais en Suisse. Issu d’une formation hôtelière et titulaire d’une formation financière appliquée aux établissements hôteliers, il a eu l’opportunité de travailler dans de multiples établissements afin d’assurer la gestion de divers projets et événements en lien avec l’hôtellerie et la restauration.
Claude Dubey
Originaire du canton de Neuchâtel, Claude Dubey y a vécu jusqu’en 2008, avant un grand voyage aux Etats-Unis pour apprendre l’anglais. A son retour, elle s'est installée à Fribourg en Suisse, puis en campagne lausannoise avant de poser définitivement ses valises en Valais en 2015, où elle élève sa fille. Amoureuse de la nature et du terroir, elle aime sillonner les montagnes à ski ou à pied, à nager dans l’eau transparente des lacs, sans oublier de déguster les merveilles culinaires que nous offre la Suisse.
Comprendre le problème en amont !
Rencontre des ancien-ne-s de l'Académie d'été sur le climat, la terre et la sécurité
06/09/2022
L'un des objectifs principaux de l'Académie d'été sur le climat, la terre et la sécurité est la création d’une communauté interdisciplinaire de professionnel-le-s désireuses et désireux d’apporter des solutions aux problèmes de la dégradation de l'environnement et du changement climatique, ainsi qu'aux défis sociaux qui les accompagnent. Cette année, une version intégrale de l'université d'été n'a malheureusement pas pu avoir lieu, mais les participant-e-s des éditions précédentes ont tenu à se retrouver le 12 juillet dernier pour un événement en ligne.
Des fenêtres Zoom s’ouvraient simultanément au Kenya, au Nigeria, au Portugal, en Suisse, en Ouganda, au Royaume-Uni et aux États-Unis. L'événement a débuté par un échange où chacun-e a pu exprimer ce qu’il et elle trouvait passionnant dans sa fonction actuelle et ce qui manque encore pour permettre de mieux relever les défis les plus pressants.
Plusieurs thèmes se sont révélés récurrents à travers le monde, notamment la difficulté à faire entendre aux personnes au pouvoir des messages pouvant aboutir à un véritable changement, pour réduire par exemple le risque de catastrophes environnementales, mais aussi la nécessité d'un effort collectif sans relâche afin de combattre les problèmes environnementaux, la difficulté de reconnaître la véritable valeur des écosystèmes naturels, tels que les forêts indigènes et les océans, et enfin la marginalisation des modes traditionnels de gestion de l'environnement.
La deuxième partie de cette réunion a pris la forme d’un « Design Sprint », un atelier animé Lauren Fletcher de Beta Earth Venture Studio. Lauren Fletcher a été longtemps ingénieur et scientifique pour la NASA, entre autres, et est l'inventeur de la technologie des drones planteurs d'arbres. Cela étant, ce n'est pas parce que vous proposez une solution que vous répondez à un problème, et encore moins à un besoin.
Ce n'est pas parce que vous avez une solution que vous vous attaquez à un problème, et encore moins que vous répondez à un besoin.
« La plupart d'entre nous ont déjà eu des idées innovantes répondant aux problèmes qui nous tiennent à cœur », a affirmé M. Fletcher. « Cependant, ce n'est pas parce que vous avez une solution que vous vous attaquez à un problème, et encore moins que vous répondez à un besoin. Il est donc très utile de commencer par un problème bien défini. En tant qu'acteurs du changement, vous avez une perspective unique sur les problèmes locaux et régionaux qui sont directement ou indirectement liés à votre travail », a-t-il poursuivi. ' « En travaillant main dans la main, vous créerez un index des problèmes et les interrelations entre les différents problèmes deviendront limpides. Vous pourrez alors vous inspirer mutuellement pour appliquer votre expertise de manière ciblée et construire des solutions au service de vos communautés. »
Certain-e-s d’entre nous participaient pour la première fois à un atelier animé par un expert en fusées et en Design Sprint, qui comme son nom l'indique, se déroule dans un temps donné.
Les problèmes identifiés par les participant-e-s ont pu être rapidement regroupés en cinq domaines thématiques : gestion des ressources et des déchets ; environnement, déforestation et marchés du carbone ; sécurité alimentaire ; migration et sécurité foncière ; gouvernance et politique.
En travaillant main dans la main, [...] vous pourrez alors vous inspirer mutuellement pour appliquer votre expertise de manière ciblée et construire des solutions au service de vos communautés.
Les ancien-ne-s du programme ont choisi de s’attarder sur les différents problèmes de gouvernance et de politique, en cherchant à discerner et à comprendre leurs caractéristiques communes. Au fur et à mesure que la discussion progressait, un problème sous-jacent est apparu : les processus de gouvernance et de prise de décision dirigés de l'extérieur, qui marginalisent les communautés clés, créent non seulement une dépendance et une asymétrie, mais perpétuent également un cycle d'approches non participatives, ce qui entrave les solutions locales.
Irene Ojuok, doctorante en restauration de l'environnement au Kenya, a déclaré qu'il était « encourageant de voir que des problèmes qui semblaient d'abord déconnectés et compliqués pouvaient être perçus plus clairement et compris dans toute leur complexité »'.
« J'ai trouvé extrêmement encourageant le fait que nous puissions nous appuyer sur les forces de chacun-e et collaborer comme nous l’avons fait », a conclu Alan Channer, codirecteur de l'université d'été. « En continuant à donner l'exemple d'une collaboration profonde entre les différentes disciplines et secteurs d’activité, les origines et les nations, nous pouvons ensemble changer le monde ».
Caux et l'Académie d'été comptent parmi les meilleures initiatives auxquelles j'ai pu participer. J'apprécie vraiment le dévouement et le soin apportés pour nous inviter à collaborer et apprendre de nouvelles choses dès que nous nous retrouvons.
Claudia Santos, doctorante en politiques du changement climatique et de développement durable, Portugal
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L'Académie d'été sur le climat, la terre et la sécurité est une initiative conjointe du Geneva Centre for Security Policy, d'Initiatives et Changement Suisse, d'Initiatives for Land, Lives and Peace et de Triple Capital.
Rapport: Alan Channer et Karina Cheah
Edna Da Costa Sanches
Edna Da Costa Sanches travaille à la fondation en tant que gouvernante. Originaire du Cap-Vert, elle vit désormais en Suisse et est responsable du nettoyage des chambres et des salles de réunion du centre de conférences et de séminaires à Caux.
« Des choses apparemment anodines peuvent apporter beaucoup de bien dans la vie de quelqu'un. »
Une interview d’Anastasia Slyvinska au Caux Refuge
29/07/2022
Cet article est le sixième d'une série d'entretiens menés avec des hommes et des femmes touché-e-s par la guerre en Ukraine et qui ont trouvé un refuge temporaire au Caux Refuge.
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Depuis le début de la guerre en Ukraine, des millions de personnes déplacées ont quitté leurs maisons à la recherche d'un espace sûr. Dans une réponse d'urgence, Initiatives et Changement Suisse a ouvert les portes du Centre de conférences et de séminaires de Caux pour offrir un refuge et un abri aux personnes touchées par la guerre.
Le Caux Refuge est situé à la Villa Maria, juste à côté du Caux Palace. Il peut actuellement accueillir jusqu'à 30 personnes et Initiatives et Changement Suisse travaille en étroite collaboration avec les autorités locales.
Ekaterina Gross travaille comme agente de liaison au projet du Refuge de Caux depuis avril 2022, partageant le poste avec une collègue. Elle réfléchit ici à sa mission d'accompagnement des résident-e-s du Caux Refuge dans leur nouvelle vie en Suisse et à ce que ce temps représente pour elle.
Ekaterina, cela fait maintenant trois mois que vous travaillez pour I&C, qu'est-ce qui vous a poussée à rejoindre l'équipe d'I&C qui vient en aide aux personnes ayant dû fuir l'Ukraine ?
Ekaterina: Je suis d’origine ukrainienne et russe à la fois, la guerre en Ukraine a donc pour moi une signification toute particulière. Quand elle a commencé, je me suis portée volontaire pour aider les personnes originaires d'Ukraine à Genève, où je vis. J'ai rencontré des hommes et des femmes que j’ai aidé-e-s à trouver un hébergement auprès de familles des environs. À un moment donné, j'ai vu qu'I&C cherchait un-e responsable de liaison et j'ai décidé de rejoindre l'équipe. J'avais lu l'interview d'Alina et de sa mère Lyudmyla et j'ai été particulièrement touchée par leur histoire. J’ai donc décidé de poser ma candidature. Et comme je me sentais en accord avec les valeurs et l'approche d'I&C, rejoindre cette équipe avait beaucoup de sens pour moi.
Qu'est-ce qui vous a amenée à travailler dans le secteur social ? Avez-vous toujours su que vous vouliez aider les autres ?
Ekaterina: J'avais déjà travaillé dans ce domaine pour une organisation à but non lucratif qui coopérait avec un centre venant en aide aux adolescent-e-s réfugié-e-s d'Érythrée et d'Afghanistan ici en Suisse. J'étais en charge du projet qui visait à les intégrer dans la société locale. Mon rôle consistait à organiser des rencontres entre la population locale et ces adolescent-e-s. J'ai aussi organisé des rencontres interculturelles avec ces jeunes.
Cette expérience m'a appris combien l'intégration est importante pour les personnes qui n'ont pas choisi de s'installer dans un pays mais qui ont été forcées de quitter leur foyer. C'est surtout au début que l'intégration est cruciale, afin qu'ils et elles puissent comprendre la culture, les coutumes et les lois du pays d’accueil. En même temps, ces événements sont importants pour la population locale, afin qu'elle n'ait pas peur de rencontrer des réfugié-e-s fraîchement arrivé-e-s. Oui, ces personnes ont traversé des moments difficiles, mais elles sont ici maintenant et prêtes à s’intégrer.
Est-ce l'expérience qui vous a fait comprendre que c'était là votre vocation ?
Ekaterina: C'était mon premier travail, et il m'a montré comment des choses apparemment anodines peuvent apporter beaucoup de bien dans la vie de quelqu'un. J'ai réalisé que j'avais une passion pour ce travail. Motiver les autres à améliorer leur vie, en partageant ma propre expérience de mon arrivée en Suisse et de l'organisation de ma vie ici, donne un sens à mon travail. Je travaillais dans le secteur commercial depuis 10 ans, mais l'année dernière, j'ai commencé à envisager de revenir aux organisations à but non lucratif où j'ai commencé ma carrière.
(photo: Olga Fairshina)
Quel a été l’élément déclencheur ?
Ekaterina: C'était en fait une situation difficile au sein de ma propre famille, avant même le début de la guerre en Ukraine. Les travailleurs sociaux et les travailleuses sociales m'ont beaucoup aidée à cette époque. Il s'agissait parfois d'une simple conversation, d’une oreille attentive. Dans d’autres moments, j’ai eu besoin d’aide pour remplir certaines formalités administratives et de conseils. Lorsque vous êtes dans une telle situation, vous n'avez pas vraiment l'énergie pour vous en occuper. J'ai alors pensé que j'aimerais être comme ces personnes et aider à mon tour. C’est pour cela que je souhaitais revenir à un travail plus social.
Qu'est-ce qui rend l'expérience d'I&C unique à vos yeux ?
Ekaterina: Je suis venue seule en Suisse pour étudier quand j'avais 20 ans. J'ai eu beaucoup de chance durant ces 12 années d'être entourée de personnes aimables et empathiques. Parfois, je ne comprenais pas pourquoi on se souciait de moi et me prêtait attention, et pourtant ces personnes n’étaient ni de ma famille ni des ami-e-s. Ce n'était pas toujours facile, mais j'ai beaucoup appris et je peux transmettre certaines de mes connaissances à celles et ceux qui ont quitté l'Ukraine à cause de la guerre.
Bien sûr, j’ai déménagé en Suisse de mon plein gré. Je suis consciente que la situation est vraiment plus difficile pour les Ukrainien-ne-s que pour moi. Ces femmes et ces hommes n’ont pas choisi de quitter leur patrie. Ils ne sont pas arrivé-e-s dans des conditions confortables. C’était l’inconnu qui les attendait, sans possibilité de retour. C'est primordial pour moi de leur montrer qu’en faisant preuve de volonté et de patience, ils et elles trouveront leur place dans la société suisse et pourront se construire une vie confortable.
Vous souvenez-vous de votre première rencontre avec les Ukrainien-ne-s à Caux ?
Ekaterina: Bien entendu ! C'était en bas, à la Villa Maria. Pour être honnête, j'ai ressenti un peu de peur et d'anxiété. Lorsque j'ai commencé à faire du bénévolat à Genève, la plupart des personnes avec lesquelles je travaillais étaient des mères avec leurs enfants en bas âge. Elles étaient complètement perdues, sans la moindre idée de ce qu'elles allaient faire ensuite ou de la façon dont tout fonctionne ici en Suisse. J'ai ressenti leur douleur, leur sentiment de vide. Alors quand je suis arrivée à Caux, je me suis sentie anxieuse car je ne savais pas si j'allais faire face émotionnellement.
C'était donc bien une expérience émotionnelle pour vous ?
Ekaterina: Oui, même si mon expérience précédente m'a appris à séparer les responsabilités professionnelles des émotions. Mais quand les personnes sont si proches de vous culturellement et mentalement parlant, c'est beaucoup plus difficile. J'avais donc peur de ne pas être capable de faire face. Faire preuve d'empathie pour la douleur des autres et être efficace pour les aider constitue un véritable défi. A l’instant même où j’ai rencontré ces personnes pour la première fois, la peur avait disparu pour être remplacée par le sentiment d'être à la maison, entourée de membres de ma famille.
Ce séjour à Caux vous a-t-il transformée d'une quelconque manière ?
Ekaterina: Oui, avec I&C et les Ukrainien-ne-s, j'ai l'impression de faire partie d’une grande famille. Je viens d'une très grande famille, et l'atmosphère de Caux me la rappelle. Il y a de l'amour et de l'attention, mais nous ne pouvons pas éviter certains malentendus et petits conflits. Je suis aussi devenue plus responsable parce que j'ai vu comment de petits actes de gentillesse ou un conseil ferme de ne pas dépasser les limites des coutumes suisses pouvait vraiment avoir un impact sur la vie d’une personne. Le sentiment d'être valorisé-e et de faire quelque chose de significatif est une expérience profondément transformatrice.
Quelle est la chose la plus difficile dans votre travail en ce moment ?
Ekaterina: Vous savez, je me sens véritablement au bon endroit, une sensation que je n’avais plus ressentie depuis longtemps. Mais trouver assez de temps pour tout le travail administratif n’est vraiment pas facile ! (rires)
Et qu'est-ce qui est le plus gratifiant à vos yeux ?
Ekaterina: Quand je vois que tout le monde met son énergie dans quelque chose de productif. Quand quelqu'un trouve un emploi, un petit projet, une activité éducative comme des cours de français ou même un nouveau hobby ici en Suisse, tout cela est très inspirant. Et c'est incroyable de voir ces personnes commencer à sourire, à communiquer et à se faire des ami-e-s parmi les habitant-e-s de Caux. C'est une énorme transformation en si peu de temps. Que demander de plus !
A propos de l'auteure
Anastasia Slyvinska est une journaliste de Kiev, en Ukraine. Elle a travaillé en tant qu'animatrice de télévision, reporter à l'étranger et directrice d'organes de presse en Ukraine et à l'étranger. Ayant travaillé au sein des parlements ukrainien et canadien, elle combine son expertise dans le domaine des médias avec sa formation en sciences politiques, puisqu'elle est titulaire d'une maîtrise en sciences politiques. Anastasia fait partie de la communauté I&C depuis 2014, année où elle a participé pour la première fois à la conférence La gouvernance équitable pour la sécurité humaine. Elle séjourne actuellement à Lausanne, Suisse.
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VOUS POUVEZ AIDER !
Nos propres sources de financement s'épuisant, nous avons besoin de votre aide pour soutenir financièrement le projet du Caux Refuge. Nous avons besoin de 20'000 CHF pour assurer l'accueil du groupe jusqu'à fin 2022.
Nous utiliserons ces fonds pour financer l'aide alimentaire et les autres coûts liés au séjour du groupe à la Villa Maria à Caux.
Nous vous remercions pour votre soutien. Merci de faire un don ici et de préciser « Caux Refuge » lors de votre contribution. Si vous avez des propositions et des questions, n'hésitez pas à nous contacter.
Veuillez noter que les opinions exprimées dans ces articles sont celles des personnes interrogées et ne reflètent pas nécessairement l'opinion de l'interviewer et d'Initiatives et Changement Suisse.




























































